vendredi 25 novembre 2016

Oh toi Maman

Je marchais sur le trottoir
Au hasard je cherchais du regard
Celle par qui je naquis j'ai nommé ma génitrice 
Oh toi maman amène-moi la lumière
Dans toute la ville répand la blancheur
Viens m'apporter la chaleur
Je n'ai pas tant de caprices
Je t'invite juste à prendre une bière
Allez calme-toi et respire profondément
Reprends-toi et regarde le miroir
Tu verras mieux et me reconnaîtras instantanément
Je suis ton fils et non un satyre
Moi je suis tombée dans un traquenard
Que m'arrive t-il aujourd'hui et flûte
Je devais encore te faire rencontrer l'émir
Ma mère est partie et je suis toute seule pour la chute

jeudi 24 novembre 2016

Alexandrins oniriques

Je cours, il court après moi, j'accélère. Chute
Mes bras dansent, mes jambes flanchent instantanément
L’apesanteur me transporte sur l'air d'une flûte
Leger, apaisé, je sombre profondément
Dans une myriade de feu-follets en chaleur
Aveuglé et sourd par toute cette blancheur
Je cherche un repère, un ami, un miroir
Mon visage m'apparaît, je suis bien l'Emir
Qui vient de perdre son turban sur le trottoir
Il se cache et ricane, le voleur satyre
Je l'entends rire. Moi, pris dans son traquenard
Où est-il que je l'attrape par le regard ?
Que je lui serre la gorge ? que je gave de bière ?
Excité par l'euphorie d'un si bon caprice
Il est à ma merci, je jubile. Lumière
Réveillé de plein fouet par ma génitrice

A flanc de falaise


Une falaise abrupte sur une mer déchaînée, des vagues immenses qui se cassent sur une statue émergeant des flots, sorte de satyre à la pose du Penseur de Rodin. Je suis au bord de la falaise, je sens l’attraction du vide m'envahir, je résiste légèrement mais je laisse faire. Un pas. Je tombe. A quelques mètres seulement, la falaise n'était finalement pas si haute: 2 mètres. Aurait-elle rétréci ?

mardi 8 novembre 2016

Le Fumoir

#Anne martèle la porte de la fumerie, ça cogite tellement là-dedans que les gonds tremblent et le bois ondule. Le battant de la porte s’ouvre brusquement et envoie Anne à terre. Elle entend crier « gare à tes pieds ! » Par réflexe elle les soulève - femme chandelle. Un singe en ébullition arrive en trombe sur elle. Il est poilu, fumant. Le blanc des yeux qui fait des bulles la regarde hagard. Plac plac. Gaston, le patron, vient de lui agrafer une pancarte dans le dos : « Errance programmée ». Le singe hurle, il fout une beigne à la femme chandelle avant de partir en courant. Pleurs étouffés de la jolie poupée défigurée. Gaston la relève, il l'emmène dans le fumoir. Ça sent la drogue à plein nez. Ils font brûler du compost à base de gingembre et de marijuana. Anne se requinque gentiment et oublie sa blessure. Elle absorbe l'aphrodisiaque puissant et émet un gémissement jouissif à la fin des mots qu'elle prononce. Elle déboutonne son chemisier avec nonchalance et dévoile une à une ses généreuses tomates farcies, qui retournent la tête des consommateurs affamés, qui se jettent sur elles. Bagarre.#

Amphibie luciférien

#Je suis amphibie luciférien, muqueuse aqueuse, corps gras, corpulence gluante, je résiste au feu, en provenance des enfers d'une benne. Tout a commencé le jour où j'ai vu des oiseaux sillonner dans une prairie. Ils étaient noirs à tâches blanches et leur chant oscillait entre le meuhh et le pffff. Leurs plumes envoyaient des feuilles sur le coussin d'un tourbillon qui montait vers le toit rouge. La pluie battante s'effondrait en nuls lieux. J'ai vu les barres sur les T des pylônes électriques rompre en étincelles ; des chaussures attachées aux câbles tomber sur moi ; ça m'a fait l'effet froid de la placidité d'une armoirie. Ma langue est sortie de son étui oléagineux et s'est empressée de se mettre à l'abri dans la gueule d'une presse à papier. Coupée, pressée, tiraillée, elle s'est enroulée et m'a emportée avec elle dans la presse. Je ne connaissais pas la chair de ma langue, je l'ai vue de près, visqueuse, pisseuse et j'ai compris que demain ne reviendrait plus.#

Errance programmée

La tomate farcie fait office d'un point cardinal d'une mathématique pathétique que nul ne peut déchiffrer sans devenir un singe en ébullition, celui qui cogite, cela a des proportions coyote à partir au désert :
La drogue qu'il prend donne le tournis comme la vibration d'un sèche cheveux qui martèle une sécheresse capillaire dans une orientation scabreuse pour que le cerveau en zone d'évasion connaisse l'état second de conscience  des cloportes en boule.
Plaque, plaque ! dit le bonhomme déboussolé, la fin des mots va lui venir avec le vomi des bons sentiments :
Bagarre à tous les étages et gare à tes pieds !!! disent les gastéropodes qui vont mal dans la casserole.
La fumerie qui en résulte termine la vie de beaucoup : Le compost des mots qu'échange les gourmets a des vertus aphrodisiaques et le partage des régals exalte les frémissements les plus anodins ; C'est une errance programmée qui conduit bien des gens à déjeuner ici et là sur des banquettes de briques et des tables circulaires et le cidre dilue le temps et l'espace de sa piquante existence....

Fatigue d'automate

Fatigué, fatigué de l'été et de l'éther, les deux oui ! Fatigué comme l'automne qui manque d'automatisme...
Je suis mal défini, mal fini, mal débutant...
Très vite, autour, très vite ça va ! 
La folie ça vient comme ça, top départ : La voilà venue la folie, très vite !
La folie fatiguée, la folie définie fatiguée, la fatigue liquide, la folie foncière, la folie d'écriture...
Fatigué d'être fou je vais essayer des espadrilles dans le bal désemparé des à-côté...
Top départ : Les violons du coin sonnent comme des matous esquintés, des violons puissants et désaccordés comme on en voit peu...sauf si tu es fou et fatigué et que tes prunelles trop vite te montrent le visage des coursives...
Et alors là t'es mal et fatigué, les deux encore une fois !
Très vite les choses foncent, telles des fusées et toi immobile dans ta conjoncture brûlé...mal et fatigué tu attend le passage de tout ça...
ça promet d'être long ce tournage de page...
Fatigué, fatigué trop vite dés le top départ des musiques du monde :
C'est éclair de lucidité et foutrerie en tous genres et une absence qui agace bien des choses, des choses fatiguées somme toute aux couleurs passées et aux vigueurs mortes.