jeudi 14 février 2013

Voyage à l'inconscient



La recherche de réponses, les voies qui se dessinent, s’ouvrent, apparaissent dans mon noyau, avec toutes les doutes possibles, avec toutes les explorations, tout un je à découvrir. De toute façon, il y a tout qui se passe devant. Je n’arrête pas de le dire, de le penser. On est créateurs de notre réalité. Réalité tactile des objets, dans notre tête transformée en signes, en formes, en symboles. Je n’ai pas le choix. Ce n’est pas mon destin, c’est mon sang, ou quelque chose de plus profonde.
Mais il y a les autres. Ils sont à côté. Ils vivent, ils respirent, ils te donnent un bonjour ou un sourire. Il ne faut pas faire la solitaire, l’intellectuelle, la fascinée d’un monde virtuel. Le monde est ici aujourd’hui. Le monde et ses personnes. Ces signes, ses empreintes ici et là-bas, qu’on récupère, on reproduit, on refait. Mais aussi le monde des actes, tous petits ou plus significatifs. Je parle des actes, des relations, de ce qui se produit dans un regard. Je parle des énergies, celles du monde vivant à cet instant. Il ne faut pas rater cela. Il ne faut pas les laisser passer. Il faut aussi se permettre des petites concessions, certains caprices, des lâches-prises, des actes sans réflexion, sans signification, sans sens, peut être. Mais des actes humains, qui nous appartiennent. Des actes répétitifs, comme les yeux qui clignotent. Des actes à nous. Nos actes à nous.
Alors, pourquoi théoriser autant ? Pourquoi donner autant d’importance aux mots, pourquoi les contourner, jouer avec ? Pourquoi ? Ils ont été inventés avec un sens pratique. « J’ai faim », c’est si simple que ça. Mais toi, personnage étrange, ton rêve est de produire de la beauté avec les mots. Tu te répètes une et autre fois, de manière perpétuelle, que peut importe ne pas tomber amoureuse de quelqu’un, car tu es amoureuse des mots.  

vendredi 1 février 2013

Les passages



C’est comme dans ce livre : l’œil magique. Il faut s’approcher de l’image, diriger le regarde vers le bout du nez et éloigner petit à petit la feuille des yeux. Et là, on voit une image en relief apparaitre. Des fois, on devine qu’est-ce que c’est. D’autres fois, on voit l’image sans la reconnaitre.
Un jour, à la plage de la Vieille Chapelle, à Marseille, je m’amusais à faire ce jeu avec une carte de la ville. A ma surprise, après plusieurs essaies, j’ai commencé à voir une figure. Elle avait l’air d’un bout de terre avec des vagues de mer au Nord. J’ai agité la tête et je l’ai perdu. Mais en essayant encore une fois, l’image a été retenue pendant plus longtemps. Et cette fois-ci, j’ai fermé les yeux et en les rouvrant la carte dans mes mains avait changé. Ce n’était plus celle de Marseille, mais celle de Lugo, une province galicienne.
J’ai levé le regard au dessus de la carte et j’ai vu la mer vaste face à moi. Mais ce n’était plus la mer méditerranée ni j’étais plus à la Plage de la Vieille Chapelle. Je me trouvais à un endroit déjà connu : la Plage des Cathédrales, qui s’appelle comme ça car l’érosion de l’eau a formé des passages à travers les grandes roches. Quand la marée est basse, ces arcs naturels  sont accessibles aux baladeurs.
Mon découvert des passages secrets fût une révolution dans ma vie. Pouvoir aller d’un endroit à l’autre avec le simple geste de converger le regard, c’était un rêve. Revisiter les endroits déjà connus, transposer mon corps d’un environnement à l’autre, m’imprégner d’un million d’odeurs, bruits et paysages caractéristiques. Je me suis perdue dans une aventure où je voyais difficilement une fin.   
Un jour, je suis de nouveau arrivée à la Plage des Cathédrales. Mais cette fois-ci, la brise marine galicienne m’a donné envie de rester. D’oublier le temps et les possibilités d’être ailleurs. De vivre l’instant et lui laisser me traverser. 

Arriver et pour une fois, rester. Expérimenter un autre type de passage. Ne plus faire un changement d’endroit, mais une incursion dans les âmes du paysage, comme les hommes qui se baladent, les oiseaux qui volent ou les poissons qui nagent.