La recherche de réponses, les
voies qui se dessinent, s’ouvrent, apparaissent dans mon noyau, avec toutes les
doutes possibles, avec toutes les explorations, tout un je à découvrir. De
toute façon, il y a tout qui se passe devant. Je n’arrête pas de le dire, de le
penser. On est créateurs de notre réalité. Réalité tactile des objets, dans
notre tête transformée en signes, en formes, en symboles. Je n’ai pas le choix.
Ce n’est pas mon destin, c’est mon sang, ou quelque chose de plus profonde.
Mais il y a les autres. Ils sont
à côté. Ils vivent, ils respirent, ils te donnent un bonjour ou un sourire. Il
ne faut pas faire la solitaire, l’intellectuelle, la fascinée d’un monde
virtuel. Le monde est ici aujourd’hui. Le monde et ses personnes. Ces signes,
ses empreintes ici et là-bas, qu’on récupère, on reproduit, on refait. Mais
aussi le monde des actes, tous petits ou plus significatifs. Je parle des
actes, des relations, de ce qui se produit dans un regard. Je parle des énergies,
celles du monde vivant à cet instant. Il ne faut pas rater cela. Il ne faut pas
les laisser passer. Il faut aussi se permettre des petites concessions,
certains caprices, des lâches-prises, des actes sans réflexion, sans
signification, sans sens, peut être. Mais des actes humains, qui nous
appartiennent. Des actes répétitifs, comme les yeux qui clignotent. Des actes à
nous. Nos actes à nous.
Alors, pourquoi théoriser autant ?
Pourquoi donner autant d’importance aux mots, pourquoi les contourner, jouer
avec ? Pourquoi ? Ils ont été inventés avec un sens pratique. « J’ai
faim », c’est si simple que ça. Mais toi, personnage étrange, ton rêve est
de produire de la beauté avec les mots. Tu te répètes une et autre fois, de
manière perpétuelle, que peut importe ne pas tomber amoureuse de quelqu’un, car
tu es amoureuse des mots.