vendredi 19 avril 2013

Itinéraire d’un texte


Itinéraire d’un texte

-1
« S’élever, croire en soi, rêver sa vie, se développer, se transformer » disait le maître à son élève, lui, l’élève ne comprenait pas le sens de ces paroles. Il pleurait, c’était sa réponse.

Journal de bord d’écriture :
De 1 à 2
Je lis le texte, je rature, je voudrais que ce soit plus énigmatique et plus condenser. Ce que j’ai écrit me parle. Le texte est venu ainsi presque spontanément.
Que changer ? Que bouger pour que le sens reste, je relis le texte. Peut être «  rêver sa vie » le mettre en premier. Je relis, je laisse flotter dans ma tête. J’écris «  rêver sa vie » en début de texte voir ce qui va suivre. Je bloque, je rature, j’écris, je modifie les mots.

-2
«  Rêver sa vie, s’élever, se développer, croire en soi, se transformer », l’élève était à son paroxysme quand le maître professait ses mots, le désarroi et ses pleurs étaient sa réponse.

Journal de bord d’écriture :
De 2 à 3

Je lis le texte, la suite de verbe me plaît. Je garde, le reste me parait trop académique, sans intérêt.
J’écris la suite de verbes, je me laisse porter, les mots vont jaillir. Je relis le premier texte au présent. Je sens moins de distance, c’est plus vif me semble- t’il ? L’idée me vient d’écrire à la première personne, pourquoi pas ? Je relis le premier texte au présent et avec JE, je supprime maître-élève. Je veux garder pleur et réponse.

-3
«  Rêver sa vie, s’élever, se développer, croire en soi, se transformer ». Je lis et relis cette phrase sur la quatrième de couverture du livre que je tiens entre mes mains. Je ne  comprends pas comment ?. la seule réponse ce sont mes pleurs.

Journal de bord d’écriture :
De 3 à 4

Je relis le texte de : Je lis à…mains, cela ne me convient pas, non, je rature . Je relis finalement sans ce passage, le texte me semble acceptable à part : je ne comprends pas, je change pleurs par larmes. Qu’est ce que je pourrais…..
Bon, je supprime : je ne comprends pas comment ?
Il me semble qu’il se dégage maintenant une émotion posant par ailleurs une énigme autour de la « seule réponse », du coup, je réponds à mon désir d’une version plus énigmatique.
Je réécris le texte.

-4
« Rêver sa vie, s’élever, se développer, croire en soi, se transformer », la seule réponse, ce sont mes larmes.

vendredi 12 avril 2013

Mon amour

Mon amour, je t’attends, Mon amour tu es là, je te sens, Mon amour, tu existes, Mon amour, je parcours la ville à la poursuite de ton regard, Mon amour, je t’appelle, Mon amour, je te cherche, Mon amour, je cours après toi, Mon amour, où es tu, Mon amour, mon corps s’impatiente, Mon amour, viens vite, Mon amour, dis tu m’aimeras sans condition ?, Mon amour, Mon amour, arrive là, maintenant, tout de suite, j’ai deux minutes !

samedi 6 avril 2013

Dimanche


Il n’est plus l’heure qu’il doit être. La lumière du jour est faible, l’aube serait
tardive au regard d’hier samedi. Sur les ondes, on ne parle que de ça. Eclats
de paroles entre deux mondes éveil et sommeil. Pas encore, repousser le
moment… jouer avec le temps.

Soleil, enfin ! Un jour différent espoir d’un printemps, l’hiver triste n’est
plus. Un sentiment vague arbitre le moment, confusion.

Passer à l’action, se motiver. Aucun nuage à l’horizon, cela tiendra-t-il? Pas
de projet réel pour l’instant. Ne soyons pas négatif tout n’est pas NOIR.
Penser au poulet rôti, c’est Dimanche.

Vent fort, mer démontée, vagues fracassantes, écume, Personne,
découragement peut être. NON, l’ivresse des rafales n’est pas le choix de
tous les quidams. Ne pas oublier, se laisser porter.

Fin du jour de la résurrection, les cloches ne se sont pas fait voir, pas d’œufs
à chercher, pas de cris joyeux d’enfant, c’était le temps d’avant. Vivre sans
regret, ne pas se pencher sur le passé au risque d’algie noire.

Passage conventionnel à un autre espace temps, est-il réel ou non.
Indécision personnelle mais le monde en a convenu, ne résiste pas.

Tout semblait arrêter, pas de bruit, les songes occupent la vie.

mardi 2 avril 2013

M

#Le M est une lettre d’amour ou d’amor. Non, je n’arrive pas à associer M et Mort. Le M est doux comme Maman mais pas distant ni froid comme Madame ou Monsieur. Il porte un poids, qui le fait plier en son milieu. Il est tellement élastique, qu’il joue à l’équilibriste et prend une pose symétrique. Il n’est jamais tordu. Toujours le même, M.#

Kaki

#Le kaki est indéfini, il oscille entre un battement de gris et de verdâtre dégueulasse. C’est un poisson énorme rempli d’air qui grimace de se retrouver le ventre en l’air et de sentir le vent vibrer sur son abdomen. Pourtant le mouvement est léger, le clapotement de l’eau contre la masse pourrie fait résonner une mélodie inattendue dans tout l’étang. Ce chant anonyme attire l’oiseau, qui pique droit devant comme un char d’assaut et perce cette poche. Beurk. Il se dé-enfle et tourbillonne sur lui-même, entrainant avec lui un air nauséabond et âpre. Une espèce de crochet est éjectée de la substance juteuse. C’est l’hameçon qui n’a pas su s’accrocher au bon moment. Un condamné qui retrouve un semblant de liberté, comme un cadenas ouvert, dont on aurait perdu la clé, déchu de sa raison d’être.#

La Confrontation


#Ce regard d’une profondeur impénétrable tend vers le questionnement. Est-ce que j’arrive à voir à l’intérieur de ces billes noires aux contours incisifs ? Est-ce que j’épouse l’âme blottie au fond, qui cherche un passage ? Suis-je sur la bonne passerelle ou bien est-ce que je me fourvoie complètement ?

Je tente un geste, infime, léger comme le déplacement feutré d’un chat en quête de sa proie. L’œil oscille. J’ai un frisson. Je tiens son regard par le regard, c’est une lutte invisible, qui se passe entre deux êtres qui s’attirent. Le sourcil frémit. Deuxième frisson.

Tout mon corps est en tension, je tente un autre geste, moins discret mais plus précis, et c’est une gueule immense qui s’ouvre sur des crocs acérés, qui m’agrippe à la gorge et m’éventre à coups lacérés. Grognement de plaisir sur cri étouffé.#

lundi 1 avril 2013

Sur son canapé

Depuis, étendue sur son canapé, elle zappe. Elle zappe la grande brune qui se lave les cheveux, la rousse mystérieuse qui conduit sa voiture, la blonde pulpeuse qui mange son yaourt convaincue du pouvoir du bifidus actif sur sa taille de guêpe. Que des femmes ce soir à la télé. Aujourd’hui, le seul homme qu’elle ait croisé, c’était à 20h, PPDA, une chance qu’elle ait regardé les infos.

L'or ange, messager flamboyant

Le néant approche les aurores, l’oubli y est de mise. La joie n’a pas de place dans cet au-delà sans forme ainsi la vacuité est reine des plaisirs. « Fuyons » sera le but ultime après l’évanescence.
Alors ce sera du brouhaha dans tous les sens. Transport d’êtres.

D'une phrase et d'autres 4


Maintenant qu’on l’appelle, elle reste tapie au fond des bois

Le courage est sentiment qui n’est pas donné à tout le monde

La vertu également

Tant qu’elle n’entache pas l’élan du corps

Le temps est un mystère

Goutte à goutte, elle tombe comme un poids de plomb, elle s’écrase à jamais sur ma joue

Comme la douleur d’une gifle lancée dans la colère ?

Pourtant elle m’a juste tournée le dos et elle est partie.

 

D'une phrase et d'autres 3


L’origine des mots qui viennent sur la page est mystère

L’essence de l’âme

Garder son moi intact, cintre qu’on habille à sa manière

Accepter la différence

de l’autre est courage

Dans cet inconnu, j’ai vu passé les yeux de mon grand-père

Un regard mutuel ne trompe pas

Qui ? L’autre regardant ou les autres qui regardent ?

 

D'une phrase et d'autres 2


Il faut faire confiance au destin, rien ne vient jamais au hasard

Courir à bout de souffle et s’arrêter là où le vent s’engouffre

A flanc de falaise, en équilibre sur le vide

Je plonge dans l’infini du bout de la vie

Foncer tête baissée sans se poser de questions

Un crédo à se marteler l’esprit sans cesse pour ne pas laisser la place aux questions

Tintamarre, ça claque, ça pique, pas de répit pour le souci.

 

D'une phrase et d'autres 1


Opaque matière venue d’un monde lunaire, qui flotte dans l’eau bleue

Magie des ombres et des couleurs dans le sel de la vie

Vivre l’instant présent sans penser à demain

S’arrêter devant une fleur qui a creusé sa place dans le bitume, peau d’éléphant percée d’une ivoire

Et fuir face à l’homme, pour quel avenir ?

Sauter à l’élastique en hurlant.