mardi 2 avril 2013
Kaki
#Le kaki est indéfini, il oscille entre un battement
de gris et de verdâtre dégueulasse. C’est un poisson énorme rempli d’air qui
grimace de se retrouver le ventre en l’air et de sentir le vent vibrer sur son
abdomen. Pourtant le mouvement est léger, le clapotement de l’eau contre la
masse pourrie fait résonner une mélodie inattendue dans tout l’étang. Ce chant
anonyme attire l’oiseau, qui pique droit devant comme un char d’assaut et perce
cette poche. Beurk. Il se dé-enfle et tourbillonne sur lui-même, entrainant
avec lui un air nauséabond et âpre. Une espèce de crochet est éjectée de la
substance juteuse. C’est l’hameçon qui n’a pas su s’accrocher au bon moment. Un
condamné qui retrouve un semblant de liberté, comme un cadenas ouvert, dont on
aurait perdu la clé, déchu de sa raison d’être.#