dimanche 27 septembre 2015

La taverne des chasseurs



La bise claque sur chaque face. Les femmes des chasseurs s’étaient donné rendez-vous ce soir-là pour une veillée bien arrosée en attendant leurs maris partis chasser. Il faisait chaud dans le chalet et la buée sur les fenêtres nous lassait à peine voir la nuit noire et la lune qui se reflétait sur la campagne enneigée. Les femmes riaient et buvaient beaucoup. Soudain la porte s’ouvrit et un homme apparut. Il était vêtu d’une peau de bête noire et son visage était couvert de sang rouge vif. Ils n’étaient que trois à rentrer. On pouvait suivre les trainées de sang dans la neige. Ils ramenaient un bison sur un traineau. « Mais où sont les deux autres ? » lança une femme en pleurs. « C’est le bison, on ne sait pas où ils sont ! On a perdu leurs traces, ils se sont fait chargés par un autre bison ». Le bison plaque sans faire de traces.

lundi 21 septembre 2015

Réponse à Alix



#Pourquoi une telle envolée lyrique, perchée au-dessus de ton nid d’aigle. L’atmosphère t’enivre très chère, tu planes sous la lune et tes pieds à mille lieux du sol ne me laissent à voir que tes semelles qui n’ont plus foulé la terre depuis des décennies. Que nenni, redescends de ton nuage flottant et rejoins mes paluches chaudes et la pulpe de mes paumes ultra-sensible, prête à recueillir ta fervente intensité de vivre. Je ne t’offre certes que mes douces caresses et mes baisers pénétrants, mais ici le temps ne se compte pas en minutes actives et productives mais en millième de seconde de délice et de plaisirs charnels. Reviens à moi, délaisse ton perchoir, je t’assure te faire rejoindre les cieux, depuis mon nid douillet tu attendras le septième ciel, depuis mes pénates spartiates et terrestres, tu seras reine.#

Sir Sanchez


La bise claque sur chaque face à chaque fois que Dom José m'embrasse. Je redoute les vêpres mais c'est pourtant mon devoir, moi Sir Sanchez, de recevoir la bénédiction divine, surtout en période héroïque, où je m'enhardis au combat. A la trêve nocturne, je peux expier de mes actes barbares, mais cet abbé m'a dans l’œil, et trouve bon de s'afficher à mes côtés à la fin de la messe. Il est même parfois insistant dans ses embrassades. L'autre soir, j'ai dû m'échapper de ses approches pour un prétexte, non pas des moindres, une de mes artilleries allait exploser, j'ai cru d'abord au vent, j'ai hurlé: "la bise éclate sur le char d'en face!" mais ce n'était que le choc d'une mouette qui chassait le chat sans face. La nuit suivante, l'abbé m'a accosté en douce. J'ai sursauté, j'eus la frousse. Il m'agrippa l'entrejambe, je me suis fait prendre comme un bleu, je repoussai ses avances d’un mouvement « mijaurée», le coquin impudent m’attaqua cruellement et de toute ses forces l’abbé clame ‘’Sir chaste est flasque !’’.

Réglement de comptes



Aline : Alphone est-ce que tu as bien reçu ma carte ?
Alphone : Laquelle ?
Aline : Tu sais bien.
Alphonse : Je ne sais pas. C'était ton tour de remonter le courrier. Moi, j'ai fait la vaisselle et sorti les poubelles, mais comme tu n'es pas là, pas de courrier.
Aline : C’est moi la coupable maintenant ?
Alphonse : Coupable, je ne sais pas, responsable oui. J'ai bien reçu celle d'hier mais aujourd'hui je ne sais pas. Tu disais quoi dans celle d'aujourd'hui?
Aline : Celle où j’ai décroché le premier rôle.
Alphonse :Comment ça le premier rôle? Tu as commencé les cours de théâtre il y a 3 mois!
Aline : Je sens de l’animosité dans ta voix
Alphonse :  Rien à voir, je me demande comment ton prof a pu avoir l'idée de te confier si vite le premier rôle. Ca ne te fait pas peur?
Aline : Pas du tout, tu devrais être fier de moi et m’encourager
Alphonse : C'est juste que tu vas passer toutes tes soirées à répéter et moi, pendant ce temps je vais me la mettre sur l'oreille.
Aline : Et moi je n’en peux plus de tes sollicitations lubriques intempestives
Alphonse : Je ne suis pas un moine, j'ai mes envies aussi.
Aline : Un dominicien oui, un franciscain même. Môssieur je refourgue toutes mes richesses !
Alphonse : Mes richesses te paient tes voyages et tes cours de théâtre, mais si tu veux prendre un travail...
Aline : Ecoute, c’est pas le moment d’en parler.
Alphonse : A ça, pour mettre des porte jarretelles et faire la folle sur cène, on peut en parler.
Aline : C’est toi qui te défausse de tes guêtres
Alphonse : Je les ai mises une fois, une fois!

La mauvaise foi



Aline : Alphone est-ce que tu as bien reçu ma carte ?
Alphone : Laquelle ?
Aline : Tu sais bien.
Alphonse : Oui, ça ne te fais rien de nous narguer?
Aline : C’est moi la coupable maintenant ?
Alphonse : Je sais que toi et la culpabilité ça fait deux. C'est beau Broadway? C'est quoi cette affiche de pièce de théâtre? 
Aline : Celle où j’ai décroché le premier rôle.
Alphonse : Ha, félicitation! Tu dois être très fière!
Aline : Je sens de l’animosité dans ta voix.
Alphonse : Je vois tes chevilles gonfler à 800 km.
Aline : Pas du tout, tu devrais être fier de moi et m’encourager.
Alphonse : Te féliciter? d'avoir écarté les cuisses pour avoir ce rôle?
Aline : Et moi je n’en peux plus de tes sollicitations lubriques intempestives
Alphonse : Mes quoi? Et ton agent, c'est un moine?
Aline : Un dominicain oui, un franciscain même. Môssieur je refourgue toutes mes richesses !
Alphonse : J'ai toujours géré la cagnotte au centime près!
Aline : Ecoute, c’est pas le moment d’en parler.
Alphonse : J'en reviens pas d'une telle mauvaise foi.
Aline : C’est toi qui te défausse de tes guêtres
Alphonse : J'ai pas des guêtres, j'ai des chaussettes!

Fini l'horizontale



Aline : Alphone est-ce que tu as bien reçu ma carte ?
Alphone : Laquelle ?
Aline : Tu sais bien.
Alphonse : Non, je ne sais pas c'est que tu as du mal avec l'adresse.
Aline : C’est moi la coupable maintenant ?
Alphonse : Non je n'ai pas dit ça. Finalement, tu as choisi laquelle ?
Aline : Celle où j’ai décroché le premier rôle.
Alphonse : Ca ne m'étonne pas, tu voulais tourner avec ce grand crétin de Paul et ses beaux yeux bleus
Aline : Je sens de l’animosité dans ta voix.
Alphonse : Pas le moins du monde, au contraire.
Aline : Pas du tout, tu devrais être fier de moi et m’encourager.
Alphonse : Mais je suis fier, seulement j'aimerais qu'on soit un peu plus à l'horizontale.
Aline : Et moi je n’en peux plus de tes sollicitations lubriques intempestives.
Alphonse : Mais quoi, on est ensemble oui ou merde! Je ne suis pas moine moi!
Aline : Un dominicain oui, un franciscain même. Môssieur je refourgue toutes mes richesses !
Alphonse : Et alors, c'est bien d'être généreux et d'ailleurs toi à ce niveau, on ne peut pas dire que tu te distingue...
Aline : Ecoute, c’est pas le moment d’en parler.
Alphonse : Si si justement, tu ne mets plus de porte-jarretelles, alors que moi je fais des efforts.
Aline : C’est toi qui te défausse de tes guêtres.
Alphonse : Pétasse!