mercredi 21 novembre 2012

Hors cadre


#Regarder à l’intérieur, se cogner contre les murs, étouffé, souffrir,
Filtrer l’air, faire avec les objets à l’intérieur, transformer la nuit
Apprivoiser l’autre, résister aux émotions, la haine, le courroux
Pleurer et inonder la pièce, nager dans son univers en apesanteur
Rythme, échos, chaos, apprendre à danser dans l’espace, virevolter
Tourbillon de triolets et d’arpèges, s’initier, écouter, faire avec toi
Absorber les rayons du soleil, plisser les yeux et sentir la chaleur
Voir éclore une fleur rouge, effluves nouvelles, dépôt charnel
Plaisir des sens cotonneux, douillet, calfeutré, entouré
Mordre la chair, les larmes – abreuvoir adipeux, confortable nid
Habitude solitude qui rassure, repère à lapins, chapeau de magicien
Boite à outil pleine de surprises, toujours les mêmes objets
Jamais la même fonction, découvrir toujours, trouver chaque jour
Satisfaction d’un petit rien qui chauffe l’intérieur comme un four surchargé
Rouge vif l’étincelle, aurore boréale verte et or
Humeur changeante, comète lâchée de nulle part, chamboule tout
Réinventer, Réorganiser, Revivre, Recommencer, Danse fluette
Ronds dans les airs, entrechats soulignés par une mélodie de l’air
Frôlement sonore, chiffons cramoisis enroulés sur le cou
Tête portée, bras tendus frappant l’air à coups saccadés
Genou fléchi, génuflexion, ressort cassé d’un automate fixe
Fusion avec le sol, rebond du plancher souple, mécanique remontée
Bong Bong, sauterelle en dentelle, prise au vol, inattendue
Manège enchanteresque, clin d’œil clignotant, bouche ouverte
Sur toutes les dents, cheveux flottant tourbillonnant
Elastique, saut haut perché, rebond latéral, rebond ventral
Amortis contre les murs, feux d’artifice de tout côté.#

Le filtre de Pierre


#Je m’enfonce dans cette matière moite et pégueuse : j’essaie de suivre ce dédale, je glisse dans un entonnoir et sors du couloir. Une chute en douceur entre les seins chargés d’une femme. Il y fait bon, je m’y love. Je replonge entre ces deux mamelons et me mets à fouiller. Ca chatouille on dirait. Elle retire son soutien-gorge. Je tombe en simple suicidaire et m’aplatis au sol. Je relève la tête mais me voilà perdu dans sa tignace : quelle choucroute !
Elle me cherche Maryline
Elle cherche son petit cochon
Ma woman, mon dragon
Son pigeon…#

Le festin


#Retire ma camisole, dénoue-moi cette ficelle qui me quadrille la peau. Rends-moi mes plumes.
Courir, échapper à ce hachoir qui claque derrière mon dos à mesure que j’avance.
Ce cylindre n’en finit plus. Vertige, je pers l’équilibre aux abords de ce plongeoir.
Plouf !
Remonté à la surface, des cloques me brûlent la peau, les petits bouillons : des miroirs à l’infini, où je me vois multiple de moi.
Hum… la douce chaleur de cet antre, mouillé et chaud à la fois ; rugueux socle aux parois glacées. Tu me croques ma belle et bien régale-toi !
Ca pisse le sang ; tu me craches, je rebondis en faisant des petits cercles sur le bouillon. Un beau ricochet.
Un petit bout de moi t’est resté sur l’estomac. Vas-y vomis ! Eructe le peu de souvenir que je t’ai laissé.
A tâtons, je ramasse mes morceaux, j’ai presque toutes les pièces du puzzle.
Reconstitué, je me ranime. Je fléchis, tu gémis. Je teste mes appuis, tu fuis. Je me remplis d’air, me regonfle et t’enfonce mon poing dans ta trogne : Cochonne !#

mardi 20 novembre 2012

Texte libéré



Marseille est cette sortie, comment ? alors ?, échanger, étudier tous les moyens, rester dans ton coin, d’ailleurs, réflexion, par toi-même.

Marseille est cette sortie par l’instant, tu le savais pas avant de venir, tu n’avais pas prévu que cette ville serait le lieux symbolique de l’histoire que tu inventes depuis ton adolescence, histoire de libération, pas forcement d’une parole mais d’une chose beaucoup plus puissante et plus forte, une entité intérieur qui se matérialise en fin, qui donne lieu et existence à tout ce flux de pensée humaine qu’un jour finira par s’éteindre, comme toutes les autres/

C’est plus fort que la vie, c’est plus fort que l’amour, une sorte de fanatisme qui nous maintient réveillés, qui garde la flamme allumée, qui dépasse nos jours et nos nuits, notre monde réel et fictif, notre conscience et nos rêves, c’est inexplicable ou on pourrait passer toute une vie à l’expliquer, à faire de la philosophie autour, mais celui qui l’a vécu, celui qui a déjà senti cette passion rouge dans les veines comprend parfaitement de quoi tu parles, c’est quoi qui te traverse et pourquoi tu cries/

Comment alors ça s’est fait, c’est inutile de demander, ça vient tout seul s’il doit venir, ça reste dans un coin s’il ne doit pas bouger dans cet instant, ça change de forme s’il nécessite d’une évolution, d’une transformation, d’ailleurs il étudie tous les moyens, toutes les manières possibles de faire vivre cette réflexion interne que nous tient à cœur, c’est par toi-même que ça viendra, c’est dans toi et il est déjà commencé à sortir.

TEXTE ENFERME



AUNEPERIODEJAVAISBESOINDESORTIRDUCADREPHYSIQUEDEMATETETELLEETAITLACONDENSATIONDESPENSEESAUCERVEAUQUEJESENTAISLEMONDEMENTALCOMMEUNMONDEPHYSIQUEQUIALLAITEXPLOSERMAINTENANTCESTUNPEUCALMELASENSATIONLESMOTSSORTENTOURENTRENTTOUTESSEULESCOMMESIELLESTRAVERSENTUNEPORTEOUVERTEMAISELLESSONTMOINSCHARGEESDEFORCEDEPASSIONELLESSONTDESMOTSQUISESONTLIBEREDUNPOIDSTRESLOURDELLESSONTPLUSLIBRESCERTAINEMENTETPOURTANTDESFOISCAMEMANQUELAFORCEDESMOTSPASSEESMAISCESTMIEUXCOMMECALESEMOTIONSFORTESNESONTPASPOURTOUSLESJOURSCENESTPASSAINEPOURLESPRITCENESTPASFACILEPOURLAVIE

Autoportrait réalité sur réalité



Regard troublé. Tristesse masquée par une peau en carton. Danseuse avec les yeux au point des larmes et aucune envie de danser aujourd’hui, ni pour un public ni pour elle-même.

Un jour à moi



Un jour je viens à ce monde, un jour je suis là sans savoir pourquoi, un jour je m’interroge sur mes envies, un jour je veux oublier qui je suis, un jour je me lève, un jour je travaille, un jour je reste au lit, un jour je me réveille dans le lit de quelqu’un d’autre, un jour je mange des céréales, un jour je bois du thé, un jour je rappelle chez moi, un jour il n’y a pas de réponse, un jour je reçois un appel inattendu, un jour je rigole à voix haute, un jour je pleure toute seule, un jour je déménage, un jour je rencontre ma nouvelle famille, un jour je regarde par la fenêtre, un jour je retrouve la beauté.

Un jour à lui



Un jour il lit de la science fiction, un jour il joue sur son ordinateur, un jour il crée des images fractales, un jour il se réveille la nuit et je ne suis pas là, un jour il se préoccupe pour moi, un jour il m’attend en lisant le journal, un jour il boit un verre de vin dans un bar, un jour il amène ma mère au théâtre, un jour il gonfle des ballons dans le salon, un jour il s’endort devant la télé, un jour il peint un tableau au style de Picasso.