mercredi 21 novembre 2012

Le festin


#Retire ma camisole, dénoue-moi cette ficelle qui me quadrille la peau. Rends-moi mes plumes.
Courir, échapper à ce hachoir qui claque derrière mon dos à mesure que j’avance.
Ce cylindre n’en finit plus. Vertige, je pers l’équilibre aux abords de ce plongeoir.
Plouf !
Remonté à la surface, des cloques me brûlent la peau, les petits bouillons : des miroirs à l’infini, où je me vois multiple de moi.
Hum… la douce chaleur de cet antre, mouillé et chaud à la fois ; rugueux socle aux parois glacées. Tu me croques ma belle et bien régale-toi !
Ca pisse le sang ; tu me craches, je rebondis en faisant des petits cercles sur le bouillon. Un beau ricochet.
Un petit bout de moi t’est resté sur l’estomac. Vas-y vomis ! Eructe le peu de souvenir que je t’ai laissé.
A tâtons, je ramasse mes morceaux, j’ai presque toutes les pièces du puzzle.
Reconstitué, je me ranime. Je fléchis, tu gémis. Je teste mes appuis, tu fuis. Je me remplis d’air, me regonfle et t’enfonce mon poing dans ta trogne : Cochonne !#