mercredi 12 décembre 2012

Promenade urbaine

#Voici un passage souterrain que personne ne voit et qui mène dans les entrailles de la ville. Un petit rat s’y précipite avec sa progéniture, petites peluches rieuses, boules de poils qui passent dans le canon. Un flash.

C’est une voiture qui se téléporte d’une rue à l’autre. Un autre flash. Flash, encore.  Une voiture disparait, d’autres réapparaissent.
Quelle rue ressemble le plus à Stanislas ? Celle qui est bordée d’arbres très serrés, comme si elle portait une longue barbe touffue ou bien la place avec ses plantes en pot de chaque côté comme des rouflaquettes ?  Rue Louis Pasteur, dans quelle ville déjà j’ai vu des lambeaux de chairs se balancer aux fenêtres ? Ou était-ce simplement des draps ?
Je me rappelle ses ponts suicides qui s’y succèdent, ses lampes crépitantes qui allongent les ombres des assassins, ses soupirs d’enfants perdus dans les méandres des rues.
J’ouvre un portail en fer forgé ; une tombe immense remplie de plusieurs soldats surplombe le parc. La nuit dernière, les âmes y dansaient, procession du passé.
Je m’assoie dans ce parc, où se cachent les amoureux. Des buissons en folie se trémoussent. Parfois une main, un pied en échappent, on dirait qu’il va s’animer et s’en aller quelque part.
Un vêtement par terre, un deuxième vêtement par terre, je relève la tête, il y en a à l’infini, des vêtements qui se superposent, chaussures, chapeaux, manteaux, fourrures, crépons, cuirs. Toutes ces vies avachies sur le sol, recueil de souvenirs, vendues au rabais.
J’entends du bruit sortir du container. C’est un enfant tout sale qui en sort, il a enfilé plusieurs vêtements, les uns sur les autres et il a la bouche pleine. Le voilà qui s’installe dans la poussette, où ses parents l’attendent un cintre à la main.
J’ai vu une chambre sous un porche, matelas, tapis et grosse couverture.  J’y ai déposé un livre, une lampe de poche et un petit casse-croûte, au cas où le dormeur inconnu se lèverait au beau milieu de la nuit.
Je retourne enfin dans ma cabine téléphonique répondre aux gens qui m’appellent.#