Cotonneux, l’esprit hésite, il est tiraillé entre cette torpeur qui le pousse dans le sommeil profond et la lumière du jour qui le tire vers l’éveil.
Boire du chocolat brûlant, anéantir cette douleur dans la gorge ; Une grosseur rouge qui enfle et empêche de parler. Le breuvage sucré adoucit le mal. Moment de répit pour la douleur, qui revient aussitôt après. C’est retrouver cette trêve même courte, qui me pousse à remettre une casserole de lait sur le feu.
Ouh, le vent sur ma figure, brise tendre qui caresse le
visage et fait larmoyer les yeux. Mes jambes moulinent à qui mieux mieux.
Terminer cette journée plus tôt ? Et pourquoi
pas ! Rentrer à la maison, se mettre au lit bien au chaud et finir mon
roman en cours. Cette pensée me délecte. C’est décidé cet après-midi, je me
porte pâle. Quelle sensation agréable de se savoir bientôt dans son cocon.
Lutter contre la fièvre ; la chaleur monte jusqu’au
crâne, mon regard est flou mais je joue quand même les notes, je me concentre
sur la musique et je me laisse chavirer dans cet univers impalpable de l’autre
côté de la partition. Je ne pense même plus à mes sueurs froides, l’enveloppe
qui m’entoure m’en tient suspendu. Je joue.
Avant de rentrer au chaud travailler mes morceaux et me réfugier dans mon lit, j’ai quand même un rendez-vous à honorer. Et puis, il faut quand même que je retourne une petite heure au bureau, j’ai quelques envois à finaliser et ensuite je serai tranquille.
La journée passe ainsi dans l’espoir de rentrer plus tôt.
Pourtant elles sont douces ces heures qui passent.
Zut ! Mon ordonnance ! Je ne pourrai pas m’acheter mes feuilles de buis chez l’herboriste ! Espoir de guérison perdu. Il fait déjà nuit et je reprends mon vélo.#