#Je monte l’échelle à tâtons dans le noir. Je connais bien
cette échelle, les barreaux qui grincent, ceux qui sont branlants, ceux qui
sont solides et sur lesquels je peux faire des petits sauts pour tester la
stabilité de mon installation. Une fois en haut, je tire le câble noir, qui
s’est enroulé lorsque l’autre imbécile à envoyer un projectile contre l’ampli.
Je démêle cette affaire noueuse et réaménage son circuit. Je le fais passer
sous la barre, sur la barre, sous la barre, sur la barre, on dirait un serpent
qui se dandine le long d’une branche. J’ajuste ma lampe frontale, car
décidément, on ne voit rien du tout, plafond noir, câble noir, boîtes noires et
tous ces projecteurs encore chauds du spectacle de ce soir.#