samedi 11 octobre 2014

Dans la chambre d'Alix


#Allongée sur le ventre, les jambes relevées en arrière que je croise et décroise, je suis en train de lire un livre. Je jette quelques coups d’œil sur ma pendule à paillettes rose fushia. Il est en retard comme d’habitude. J’ai mis ma plus belle lingerie. Un bustier rose et noir à dentelles, qui serre ma poitrine et forme ce petit chemin rectiligne qu’il aime tant respirer. J’ai mis mon tanga noir et mes porte-jarretelles assortis, sans collant cette fois-ci. Il avait râlé la dernière fois car il n’avait pas accès à la douceur de ma peau. J’aime bien ses compliments, ça me donne une confiance en moi fulgurante. Je replonge dans mon livre, quand j’entends le verrou s’actionner. C’est lui ? Je me retourne, m’assied dans une position de pin-up. J’ai le cœur qui s’accélère. J’attends avec impatience qu’il franchisse la porte. Qu’est-ce qu’’il fait ? Je l’entends s’affairer dans la cuisine, prendre un verre et se servir à boire. Il exagère quand même. Je l’appelle timidement : »Bertrand ?». Il ne m’entend pas bien sûr. Le voilà qu’il mange maintenant, je l’entends qu’il coupe quelque chose sur la planche en bois. Je le rappelle un peu plus fort. Sans réponse. Je prends mon livre et le jette de fureur contre la porte. Ça fait un boucan. La porte s’ouvre alors brusquement, il est là avec son couteau à la main ; l’orange en céramique. Je lui ai fait peur et il m’a prise pour un voleur. Ses yeux sont menaçants, ses sourcils froncés, sa bouche tordue. Oups, j’ai réveillé l’homme violent qu’il incube en lui depuis des années. Il saute sur le lit pour me maîtriser complètement. A califourchon sur moi, son visage contre le mien. Sa main levée est prête à asséner le coup de grâce. Il plante son couteau en même temps qu’il m’embrasse à me mordre les lèvres, à m’arracher la langue. Je succombe et me laisse faire.#