#Allongée sur le ventre, les jambes relevées en arrière que
je croise et décroise, je suis en train de lire un livre. Je jette quelques
coups d’œil sur ma pendule à paillettes rose fushia. Il est en retard comme
d’habitude. J’ai mis ma plus belle lingerie. Un bustier rose et noir à
dentelles, qui serre ma poitrine et forme ce petit chemin rectiligne qu’il aime
tant respirer. J’ai mis mon tanga noir et mes porte-jarretelles assortis, sans
collant cette fois-ci. Il avait râlé la dernière fois car il n’avait pas accès
à la douceur de ma peau. J’aime bien ses compliments, ça me donne une confiance
en moi fulgurante. Je replonge dans mon livre, quand j’entends le verrou
s’actionner. C’est lui ? Je me retourne, m’assied dans une position de pin-up.
J’ai le cœur qui s’accélère. J’attends avec impatience qu’il franchisse la
porte. Qu’est-ce qu’’il fait ? Je l’entends s’affairer dans la cuisine,
prendre un verre et se servir à boire. Il exagère quand même. Je l’appelle
timidement : »Bertrand ?». Il ne m’entend pas bien sûr. Le voilà
qu’il mange maintenant, je l’entends qu’il coupe quelque chose sur la planche
en bois. Je le rappelle un peu plus fort. Sans réponse. Je prends mon livre et
le jette de fureur contre la porte. Ça fait un boucan. La porte s’ouvre alors
brusquement, il est là avec son couteau à la main ; l’orange en céramique.
Je lui ai fait peur et il m’a prise pour un voleur. Ses yeux sont menaçants,
ses sourcils froncés, sa bouche tordue. Oups, j’ai réveillé l’homme violent qu’il
incube en lui depuis des années. Il saute sur le lit pour me maîtriser
complètement. A califourchon sur moi, son visage contre le mien. Sa main levée
est prête à asséner le coup de grâce. Il plante son couteau en même temps qu’il
m’embrasse à me mordre les lèvres, à m’arracher la langue. Je succombe et me
laisse faire.#