mercredi 26 décembre 2012

Promenons-nous



Je me promène dans les bois, j’aime ça
Je me promène sans toit, j’aime ça
Sans toi, je me sens vide
A côté de toi,  je me sens vide
A cause de toi, je me sens laide !!!
Accoste-toi là, je me sens laide !
Pourquoi ? Me mettrais-je là auprès de toi si laide 
Pourquoi je me sens comme toi, si faible ?
Ma faiblesse n’a d’égale que ma timidité
C’est touchant comme tout le monde à tendance à la cacher justement
C’est intrigant ton monde caché
Jean-Louis Trintignant et sa ronde sacrée

Le pirate désiré



Le pirate au strabisme convergeant se tient là
Il est sur le bastingage, il scrute la haute mer avec les jumelles
Il est sur le bastingage, il scrute la haute femme avec les jumelles
C’est un vrai barge, il se cure la jolie femme avec sa jumelle
C’est une vraie femme à barbe, qu’il scrute avec sa jumelle
Mais la femme à barbe était un homme fort désirable
Mais la femme à talons était un homme fort désirable
Aimée, la femme-étalon était énormément désirable
L’énorme femme-cheval était désirable et aimée
Ah bon, en rêve alors ?
 Je veux rêver tous les jours de ma vie
Tous les jours de ma vie, je veux oser
Je vous envie tous les jours et je vous veux

samedi 15 décembre 2012

Ella. Elle

Ella. 
Aquel relato que resbalaba de sus labios.
Por vacaciones voy al sur. 
Leyendo “Cien años de soledad” lo vi todo claro.
Elle
Ta décision est pleine de vie
Lucia, tu m’accompagnes acheter un crayon?
Tu es dans mon lit.
Ella. 
Y llegaron las inquietudes…
¿Qué ha dicho ?
Eres más bonita que una primavera.
Elle. 
Cette histoire qui s’écoulait de ses lèvres
Je vais au Sud pour les vacances.
En lisant “Cent ans de solitude” je l’ai vu clair.
Ella. 
Tu decisión está llena de vida
Lucia, ¿me acompañas a comprar un lapiz ?
Estas en mi cama.
Elle. 
Et les inquietudes sont arrivées…
Qu’est-ce qu’il a dit?
Tu es plus belle que le printemps.
Ella, elle.

mercredi 12 décembre 2012

Promenade urbaine

#Voici un passage souterrain que personne ne voit et qui mène dans les entrailles de la ville. Un petit rat s’y précipite avec sa progéniture, petites peluches rieuses, boules de poils qui passent dans le canon. Un flash.

C’est une voiture qui se téléporte d’une rue à l’autre. Un autre flash. Flash, encore.  Une voiture disparait, d’autres réapparaissent.
Quelle rue ressemble le plus à Stanislas ? Celle qui est bordée d’arbres très serrés, comme si elle portait une longue barbe touffue ou bien la place avec ses plantes en pot de chaque côté comme des rouflaquettes ?  Rue Louis Pasteur, dans quelle ville déjà j’ai vu des lambeaux de chairs se balancer aux fenêtres ? Ou était-ce simplement des draps ?
Je me rappelle ses ponts suicides qui s’y succèdent, ses lampes crépitantes qui allongent les ombres des assassins, ses soupirs d’enfants perdus dans les méandres des rues.
J’ouvre un portail en fer forgé ; une tombe immense remplie de plusieurs soldats surplombe le parc. La nuit dernière, les âmes y dansaient, procession du passé.
Je m’assoie dans ce parc, où se cachent les amoureux. Des buissons en folie se trémoussent. Parfois une main, un pied en échappent, on dirait qu’il va s’animer et s’en aller quelque part.
Un vêtement par terre, un deuxième vêtement par terre, je relève la tête, il y en a à l’infini, des vêtements qui se superposent, chaussures, chapeaux, manteaux, fourrures, crépons, cuirs. Toutes ces vies avachies sur le sol, recueil de souvenirs, vendues au rabais.
J’entends du bruit sortir du container. C’est un enfant tout sale qui en sort, il a enfilé plusieurs vêtements, les uns sur les autres et il a la bouche pleine. Le voilà qui s’installe dans la poussette, où ses parents l’attendent un cintre à la main.
J’ai vu une chambre sous un porche, matelas, tapis et grosse couverture.  J’y ai déposé un livre, une lampe de poche et un petit casse-croûte, au cas où le dormeur inconnu se lèverait au beau milieu de la nuit.
Je retourne enfin dans ma cabine téléphonique répondre aux gens qui m’appellent.#

vendredi 7 décembre 2012

Nuit de cabane



Nuit de cabane. Peau intérieure suspendue là-dedans. Un enfant traverse l’ouverture, yeux brillants. Des hiboux rien chantent. Deux bras étirent une figure : un torse, des jambes, le dos. Sa fontaine, invention dite nature, une cascade d’eau. Il boit. Il le fait plusieurs fois. La fantaisie a ses effets, le moyen d’y prendre : allumer la terre, attacher la flamme, demander un incendie. La cascade reste vivante, un endroit d'appui. Deux pattes, un nid, un trou. Le monde découvre ces bords, un torrent propice. Et la rivière, cours rapide, débouche.

La naissance



Ça a débuté comme ça : une nuit lunaire, le milieu d’une forêt calme, des petits bruits invisibles entre les feuilles sèches. Une femme qui apparait de derrière un arbre et se retrouve, pas par première fois, face à ce loup poilu et sauvage. Deux regards qui se traversent, qui vont jusqu’à l’intérieur de l’estomac et remuent une passion déjà sentie avant. Et cette femme, qui encore une fois, se transforme en louve, prête à l’acte de l’amour. Le monde extérieur n’existe plus pendant quelques instants ; le vent froid qui les entoure, les arbres qui les couvrent, les animaux qui les observent, les étoiles qui les protègent. Tout devient flou jusqu’à la disparition. Pendant ces instants de folie, leur monde se concentre en un seul acte, magique et impulsif. Et cette nuit là, le destin fait de l’acte courant un événement majeur, une création unique, le tout petit début de la formation d’une fille que à sa naissance portera le prénom de Wutfilde. Wutfilde, moi-même, femme à caractère humain, louve à caractère animal, être née du réel et du mythe à la fois, essence double qui la définira toute sa vie.

lundi 3 décembre 2012

Signes de vie

#Ca a débuté comme ça, dans une poche chaude et translucide, lovée dans une anémone de mer. Cette espèce de sphère élastique se déforme à la mesure du courant, qui passe à travers les mandibules de mon anémone.

Un va et vient serein fait danser l’œuf aux reflets d’argent. Il y a une multitude d’anémones aux couleurs tendres du mauve rose pâle au bleu gris diffus. De loin, ces nids colorés scintillent des éclats de leurs précieux trésors, qu’ils renferment secrètement.

A l’intérieur de la bulle des milliers de veines rouges et blanches cartographient les parois, sortes d’itinéraires possibles de la future vie à naître. Mes deux gros yeux, globes exorbitants, essaient de percer le secret de ce parchemin et d’en comprendre le sens. L’effort de perception fait dilater la pupille, elle prend la forme d’un disque noir et recouvre toute la surface. Un petit mont émerge de chaque bille comme l’objectif d’un appareil photo qui zoome. C’est la vie qui s’anime.
 
Le petit morceau gélatineux qui flotte derrière ma tête, telle la queue d'un tétard, se distend et s’étire à tel point que quatre pointes se dessinent, formant un X. Les branches inférieures s’allongent deux fois plus et déchirent de deux grands splash le socle de la sphère. Ohhh, elle est glacée cette eau.
C’est aux membres supérieurs au bout desquels se forment des petites excroissances articulées de sortir à leur tour. La bulle éclate et le parchemin s’éloigne dans une sorte d’apesanteur dodelinante, emporté par le courant.

La fraicheur de l’eau contracte mon petit corps, qui continue à s’allonger au rythme de mes ébats. Sans repère, je bats de tous mes membres, mes mouvements me maintiennent dans un équilibre, j’essaie de me stabiliser. Mes yeux retrouvent leur place dans leur cavité, bien calés, ils observent les alentours.

Une lueur attire leur attention. Les rayons lumineux transpercent d’un trait net l’obscurité des eaux profondes. Je suis cette voie toute tracée, mes battements arrière me propulsent vers la surface. Je plonge dans l’autre monde. Une onde de choc me surprend quand une sensation sèche et d’infini me fait ouvrir mon orifice buccale. J’aspire un air qui remplit tout mon être, je le recrache, il y rentre de nouveau, sans fin.

Je me sens chaviré vers une berge – un arrêt brusque interrompt ma course. A terre, mon corps se braque, je pousse un hurlement, un cri, je vis.#

mercredi 21 novembre 2012

Hors cadre


#Regarder à l’intérieur, se cogner contre les murs, étouffé, souffrir,
Filtrer l’air, faire avec les objets à l’intérieur, transformer la nuit
Apprivoiser l’autre, résister aux émotions, la haine, le courroux
Pleurer et inonder la pièce, nager dans son univers en apesanteur
Rythme, échos, chaos, apprendre à danser dans l’espace, virevolter
Tourbillon de triolets et d’arpèges, s’initier, écouter, faire avec toi
Absorber les rayons du soleil, plisser les yeux et sentir la chaleur
Voir éclore une fleur rouge, effluves nouvelles, dépôt charnel
Plaisir des sens cotonneux, douillet, calfeutré, entouré
Mordre la chair, les larmes – abreuvoir adipeux, confortable nid
Habitude solitude qui rassure, repère à lapins, chapeau de magicien
Boite à outil pleine de surprises, toujours les mêmes objets
Jamais la même fonction, découvrir toujours, trouver chaque jour
Satisfaction d’un petit rien qui chauffe l’intérieur comme un four surchargé
Rouge vif l’étincelle, aurore boréale verte et or
Humeur changeante, comète lâchée de nulle part, chamboule tout
Réinventer, Réorganiser, Revivre, Recommencer, Danse fluette
Ronds dans les airs, entrechats soulignés par une mélodie de l’air
Frôlement sonore, chiffons cramoisis enroulés sur le cou
Tête portée, bras tendus frappant l’air à coups saccadés
Genou fléchi, génuflexion, ressort cassé d’un automate fixe
Fusion avec le sol, rebond du plancher souple, mécanique remontée
Bong Bong, sauterelle en dentelle, prise au vol, inattendue
Manège enchanteresque, clin d’œil clignotant, bouche ouverte
Sur toutes les dents, cheveux flottant tourbillonnant
Elastique, saut haut perché, rebond latéral, rebond ventral
Amortis contre les murs, feux d’artifice de tout côté.#

Le filtre de Pierre


#Je m’enfonce dans cette matière moite et pégueuse : j’essaie de suivre ce dédale, je glisse dans un entonnoir et sors du couloir. Une chute en douceur entre les seins chargés d’une femme. Il y fait bon, je m’y love. Je replonge entre ces deux mamelons et me mets à fouiller. Ca chatouille on dirait. Elle retire son soutien-gorge. Je tombe en simple suicidaire et m’aplatis au sol. Je relève la tête mais me voilà perdu dans sa tignace : quelle choucroute !
Elle me cherche Maryline
Elle cherche son petit cochon
Ma woman, mon dragon
Son pigeon…#

Le festin


#Retire ma camisole, dénoue-moi cette ficelle qui me quadrille la peau. Rends-moi mes plumes.
Courir, échapper à ce hachoir qui claque derrière mon dos à mesure que j’avance.
Ce cylindre n’en finit plus. Vertige, je pers l’équilibre aux abords de ce plongeoir.
Plouf !
Remonté à la surface, des cloques me brûlent la peau, les petits bouillons : des miroirs à l’infini, où je me vois multiple de moi.
Hum… la douce chaleur de cet antre, mouillé et chaud à la fois ; rugueux socle aux parois glacées. Tu me croques ma belle et bien régale-toi !
Ca pisse le sang ; tu me craches, je rebondis en faisant des petits cercles sur le bouillon. Un beau ricochet.
Un petit bout de moi t’est resté sur l’estomac. Vas-y vomis ! Eructe le peu de souvenir que je t’ai laissé.
A tâtons, je ramasse mes morceaux, j’ai presque toutes les pièces du puzzle.
Reconstitué, je me ranime. Je fléchis, tu gémis. Je teste mes appuis, tu fuis. Je me remplis d’air, me regonfle et t’enfonce mon poing dans ta trogne : Cochonne !#

mardi 20 novembre 2012

Texte libéré



Marseille est cette sortie, comment ? alors ?, échanger, étudier tous les moyens, rester dans ton coin, d’ailleurs, réflexion, par toi-même.

Marseille est cette sortie par l’instant, tu le savais pas avant de venir, tu n’avais pas prévu que cette ville serait le lieux symbolique de l’histoire que tu inventes depuis ton adolescence, histoire de libération, pas forcement d’une parole mais d’une chose beaucoup plus puissante et plus forte, une entité intérieur qui se matérialise en fin, qui donne lieu et existence à tout ce flux de pensée humaine qu’un jour finira par s’éteindre, comme toutes les autres/

C’est plus fort que la vie, c’est plus fort que l’amour, une sorte de fanatisme qui nous maintient réveillés, qui garde la flamme allumée, qui dépasse nos jours et nos nuits, notre monde réel et fictif, notre conscience et nos rêves, c’est inexplicable ou on pourrait passer toute une vie à l’expliquer, à faire de la philosophie autour, mais celui qui l’a vécu, celui qui a déjà senti cette passion rouge dans les veines comprend parfaitement de quoi tu parles, c’est quoi qui te traverse et pourquoi tu cries/

Comment alors ça s’est fait, c’est inutile de demander, ça vient tout seul s’il doit venir, ça reste dans un coin s’il ne doit pas bouger dans cet instant, ça change de forme s’il nécessite d’une évolution, d’une transformation, d’ailleurs il étudie tous les moyens, toutes les manières possibles de faire vivre cette réflexion interne que nous tient à cœur, c’est par toi-même que ça viendra, c’est dans toi et il est déjà commencé à sortir.