dimanche 18 décembre 2016

L'homme au grand manteau blanc

Il portait un grand manteau blanc et pour nous émerveiller, nous a chanté des airs d’opéra qui nous ont transportés loin de la ville.

Rêve insensé

J’entre dans la maison un pas puis deux, je me méfie, je sens des regards, je suis prise dans un traquenard. J’avance doucement, par la fenêtre la blancheur de l’horizon n’a d’égal que la chaleur du soleil. Profondément presque instantanément, je rêvais de mon enfance sous mes yeux. Que me veulent ce satyre et cet émir ? Qu’attendent-ils de moi ? Flûte ! Zut ! Je n’entends plus rien. Caprice de génitrice peut-être. Elle traîne son miroir sur le trottoir, Elle cherche son reflet de jeunesse. Pour se consoler elle éteint la lumière en buvant une bonne bière.        

Paralysie du Sommeil

Je dors profondément, je ne sais pas, mais j’entends une voix roque, une présence, un homme me murmure quelque chose que je ne saisis pas. Il s’allonge sur moi, je sens le poids de son corps sur moi, il  m’écrase, je suis paralysée, je ne peux plus bouger, je me réveille.

Désir d'un inconnu

Laura, je viens de vous croiser et j’ai très envie de vous connaitre, Laura interloquée se demande si ce n’est pas une mauvaise blague et dit « mais qui êtes vous ? » Excusez moi mais j’ai croisé votre regard y a 5 minutes et j’ai senti un frisson en moi, je n’ai pas pu résister à l’envie dans savoir plus sur vous. Laura habitait un joli appartement en front de mer. Ce soir la mer était calme, une température douce et un coucher de soleil pétillant sur l’eau attisait la curiosité de Laura. Elle descendit et trouva le jeune homme, ce n’était pas dans ses habitudes, mais elle ne pu résister, il était beau, avait de grand yeux bleus persans, un sourire d’ange et un T-shirt,  qui faisait ressortir ses abdos saillants. Ils se baladèrent au bord de l’eau, leurs corps se touchaient, ils s’enlacèrent tendrement, s’allongèrent sur le sable, les vagues caressaient leurs corps brûlants de désir. Elle sentait sa main puissante descendre doucement sur ses hanches et dans son dos. Elle frissonnait. Ils se quittèrent au petit matin sans qu’ils ne se soient révélé leur prénom. Avoir passé la nuit avec un inconnu rendait ce moment encore plus excitant. Elle rentrait chez elle, ils se jetèrent un dernier regard en se disant qu’ils avaient vécu une évasion gourmande. 

La call girl

Elle faisait ça sans trop se laisser le choix, elle ne rêvait pas de ça évidemment. Mais c’était la seule chose qu’elle savait faire, utiliser son corps pour son plaisir et le plaisir de l’autre. Son amant du moment le savait bien. Il introduisait parfois dans leurs jeux une casserole pour se taper dessus. Mais elle n’aimait pas le chemin que prenait ces entrevues, elle préférait la douceur au brutale. Parfois dans des moments de lucidité elle était abattue, mais se reprenait. Elle allait au rendez-vous du client suivant. Voilà, telle est la vie de Brigitte la call girl. Nom de code « fraise des bois », qu’on pouvait savourer sans jamais se rassasier.    

Histoire sans queue ni tête

C’est ainsi que tout commença, il était là tel un singe en ébullition, il s’agitait dans tous les sens. Ses phrases ne voulaient rien dire, il oubliait la fin des mots. Tout le monde le regardait faire son numéro. D’un coup il s’arrête. De quoi s’agit-il ? Il avait derrière lui un carton rempli de tomates farcies qu’il commença à lancer sur nous ! On aurait dit qu’une drogue martèle tout le centre commercial. Qu’elle fumerie cette histoire ! Certains criaient « gare à tes pieds ! ». Mais en rentrant dans une errance programmée, l’air n’était-il pas aphrodisiaque ? Peut-être qui sait ?

Psychanalyse de Laurence

Tu aimerais être ce personnage d’un autre monde. Seulement, ce monde étrange t’a emprisonné, tu as été poursuivie par un inconnu. Ta vie te donne des difficultés et tu sais te défendre et te battre pour trouver ta place. Tu n’hésites pas à aller vers l’autre. Pour le réconfort, tu as ton univers fait d’étoiles, c’est lui qui te porte pour briller dans ce monde de blancheur.

L'oiseau blanc

L’oiseau était d’une telle blancheur
Les enfants ont eu un regard,
Il nous illumine, majestueuse chaleur
Soudain il s’envole du traquenard
Loin, très haut jusqu’à la lumière
D’autres goélands suivaient cet émir
Nous étions attablés à boire une bière
L’homme est sorti avec des yeux de satyre
Nous avons pensé instantanément
Qu’il viendrait jouer sur le trottoir
Il a posé un magnifique miroir
Ensuite il a respiré profondément
Pour enfin jouer un morceau de flûte
Accompagné du chant de sa génitrice
Elle nous sourit, mais avec caprice
Entraîne nos émotions dans sa chute

vendredi 25 novembre 2016

Oh toi Maman

Je marchais sur le trottoir
Au hasard je cherchais du regard
Celle par qui je naquis j'ai nommé ma génitrice 
Oh toi maman amène-moi la lumière
Dans toute la ville répand la blancheur
Viens m'apporter la chaleur
Je n'ai pas tant de caprices
Je t'invite juste à prendre une bière
Allez calme-toi et respire profondément
Reprends-toi et regarde le miroir
Tu verras mieux et me reconnaîtras instantanément
Je suis ton fils et non un satyre
Moi je suis tombée dans un traquenard
Que m'arrive t-il aujourd'hui et flûte
Je devais encore te faire rencontrer l'émir
Ma mère est partie et je suis toute seule pour la chute

jeudi 24 novembre 2016

Alexandrins oniriques

Je cours, il court après moi, j'accélère. Chute
Mes bras dansent, mes jambes flanchent instantanément
L’apesanteur me transporte sur l'air d'une flûte
Leger, apaisé, je sombre profondément
Dans une myriade de feu-follets en chaleur
Aveuglé et sourd par toute cette blancheur
Je cherche un repère, un ami, un miroir
Mon visage m'apparaît, je suis bien l'Emir
Qui vient de perdre son turban sur le trottoir
Il se cache et ricane, le voleur satyre
Je l'entends rire. Moi, pris dans son traquenard
Où est-il que je l'attrape par le regard ?
Que je lui serre la gorge ? que je gave de bière ?
Excité par l'euphorie d'un si bon caprice
Il est à ma merci, je jubile. Lumière
Réveillé de plein fouet par ma génitrice

A flanc de falaise


Une falaise abrupte sur une mer déchaînée, des vagues immenses qui se cassent sur une statue émergeant des flots, sorte de satyre à la pose du Penseur de Rodin. Je suis au bord de la falaise, je sens l’attraction du vide m'envahir, je résiste légèrement mais je laisse faire. Un pas. Je tombe. A quelques mètres seulement, la falaise n'était finalement pas si haute: 2 mètres. Aurait-elle rétréci ?

mardi 8 novembre 2016

Le Fumoir

#Anne martèle la porte de la fumerie, ça cogite tellement là-dedans que les gonds tremblent et le bois ondule. Le battant de la porte s’ouvre brusquement et envoie Anne à terre. Elle entend crier « gare à tes pieds ! » Par réflexe elle les soulève - femme chandelle. Un singe en ébullition arrive en trombe sur elle. Il est poilu, fumant. Le blanc des yeux qui fait des bulles la regarde hagard. Plac plac. Gaston, le patron, vient de lui agrafer une pancarte dans le dos : « Errance programmée ». Le singe hurle, il fout une beigne à la femme chandelle avant de partir en courant. Pleurs étouffés de la jolie poupée défigurée. Gaston la relève, il l'emmène dans le fumoir. Ça sent la drogue à plein nez. Ils font brûler du compost à base de gingembre et de marijuana. Anne se requinque gentiment et oublie sa blessure. Elle absorbe l'aphrodisiaque puissant et émet un gémissement jouissif à la fin des mots qu'elle prononce. Elle déboutonne son chemisier avec nonchalance et dévoile une à une ses généreuses tomates farcies, qui retournent la tête des consommateurs affamés, qui se jettent sur elles. Bagarre.#

Amphibie luciférien

#Je suis amphibie luciférien, muqueuse aqueuse, corps gras, corpulence gluante, je résiste au feu, en provenance des enfers d'une benne. Tout a commencé le jour où j'ai vu des oiseaux sillonner dans une prairie. Ils étaient noirs à tâches blanches et leur chant oscillait entre le meuhh et le pffff. Leurs plumes envoyaient des feuilles sur le coussin d'un tourbillon qui montait vers le toit rouge. La pluie battante s'effondrait en nuls lieux. J'ai vu les barres sur les T des pylônes électriques rompre en étincelles ; des chaussures attachées aux câbles tomber sur moi ; ça m'a fait l'effet froid de la placidité d'une armoirie. Ma langue est sortie de son étui oléagineux et s'est empressée de se mettre à l'abri dans la gueule d'une presse à papier. Coupée, pressée, tiraillée, elle s'est enroulée et m'a emportée avec elle dans la presse. Je ne connaissais pas la chair de ma langue, je l'ai vue de près, visqueuse, pisseuse et j'ai compris que demain ne reviendrait plus.#

Errance programmée

La tomate farcie fait office d'un point cardinal d'une mathématique pathétique que nul ne peut déchiffrer sans devenir un singe en ébullition, celui qui cogite, cela a des proportions coyote à partir au désert :
La drogue qu'il prend donne le tournis comme la vibration d'un sèche cheveux qui martèle une sécheresse capillaire dans une orientation scabreuse pour que le cerveau en zone d'évasion connaisse l'état second de conscience  des cloportes en boule.
Plaque, plaque ! dit le bonhomme déboussolé, la fin des mots va lui venir avec le vomi des bons sentiments :
Bagarre à tous les étages et gare à tes pieds !!! disent les gastéropodes qui vont mal dans la casserole.
La fumerie qui en résulte termine la vie de beaucoup : Le compost des mots qu'échange les gourmets a des vertus aphrodisiaques et le partage des régals exalte les frémissements les plus anodins ; C'est une errance programmée qui conduit bien des gens à déjeuner ici et là sur des banquettes de briques et des tables circulaires et le cidre dilue le temps et l'espace de sa piquante existence....

Fatigue d'automate

Fatigué, fatigué de l'été et de l'éther, les deux oui ! Fatigué comme l'automne qui manque d'automatisme...
Je suis mal défini, mal fini, mal débutant...
Très vite, autour, très vite ça va ! 
La folie ça vient comme ça, top départ : La voilà venue la folie, très vite !
La folie fatiguée, la folie définie fatiguée, la fatigue liquide, la folie foncière, la folie d'écriture...
Fatigué d'être fou je vais essayer des espadrilles dans le bal désemparé des à-côté...
Top départ : Les violons du coin sonnent comme des matous esquintés, des violons puissants et désaccordés comme on en voit peu...sauf si tu es fou et fatigué et que tes prunelles trop vite te montrent le visage des coursives...
Et alors là t'es mal et fatigué, les deux encore une fois !
Très vite les choses foncent, telles des fusées et toi immobile dans ta conjoncture brûlé...mal et fatigué tu attend le passage de tout ça...
ça promet d'être long ce tournage de page...
Fatigué, fatigué trop vite dés le top départ des musiques du monde :
C'est éclair de lucidité et foutrerie en tous genres et une absence qui agace bien des choses, des choses fatiguées somme toute aux couleurs passées et aux vigueurs mortes.

 

lundi 22 août 2016

Poisson melon

Elle est bordée d'une auréole magique qui fleurit à chaque effleurement. Couleur changeante selon la luminosité qui la caresse, rose rieuse à la lumière crue, mauve mystérieuse à la lumière tamisée. Explose à l'infini le curieux qui s'approche. Fais preuve de culot et mords à la ligne.

Ecriture Amour

Trouver un alibi à la belle Sophie demain elle pourra séjourner dans mes bras pleureurs le temps d'une chahute elle sur moi - Lit de fleurs aux pétales qui éclaboussent de couleurs pastelles l’édredon de mon cœur. Mots bleus mots mielleux qui en une secousse arrosent d'une touche aqueuse la belle désormais endormie.
Morgan - morale alimentée d’une bave dégoulinante sur mes canines avides. Apportes-moi un seau de toi que je m'abreuve à petites lapées amoureuses.
Métisse allongée dans son hamac, lascive à souhait m'attend à la dérive.
Courtes gambettes enjambées fleuries - souffle doux et velouté accorde un instant d'attention à mon regard troublé.

Éloïse idylle de Moïse. Duo de trémas isolé sur un i. Elle et moi- Elle ose le lit, moi m'hypnose livide et solide. Cœur épris d'une crise déchirante menace de tordre ma vie d’inuit. Aspire l'émoi - tendre chair élastique et rose appliquée à l'amour. Regard ahuri d'ennuis, face grimaçante à l'appel du renouveau. Attente Bordante.
Astigmate mate la black Allure coquine - rencontres sensitives rythmées. Cerises - chrysalides à effleurer dans un champ un soir d'été, l’eau douce épure.

dimanche 10 juillet 2016

Petit bout de papier


Petit bout de papier, que pourrais-je écrire sur toi ? Tu ressembles à une falaise à pic où vas-tu comme ça avec ton nez pointu ? #Alix#

Au centre de ses pensées se situe le cœur #Eric#

Apporte-moi un cube pour que j'y jette du sucre un peu d'hydromel et beaucoup de cannelle. Édite-moi un pli aussi doux et sucré que celui que tu m'avais fait. Je suis sevrée, j'ai envie de recommencer. #Laurence#
 
C'est le croissant de la décroissance, vive le brexit, ils sont fous ces anglais que va dire le pauvre Rocard ? Il meurt tout le monde est mort en 2016 même Prince.  #Pierre#
 

Les Fesses de Carole sans U

Mes fesses satinées et sensibles, ressemblent à deux sphères sorties du pétrin

Mes fesses vis-à-vis de ce qu’elles t'inspirent de confort chatoyant, blottis-toi dessus quand le soleil dort mon chéri
Ma peau frémit, caressée de tes mains. Apprêtes-toi à me reconquérir. Aurais-je dû te retenir avant la récolte?

Les fesses de Carole

Mes fesses douces, coussinantes, sensibles ressemblent à deux boules de pain sorties du four

Mes fesses pour ce qu'elles t'inspirent  de confort chatoyant, te blottirais-tu dessus une nuit entière mon amour?
Pour leurs rondeurs chaudes et appétissantes, serais-tu prêt à me refaire la cour?

Chair de poule sous ta caresse, grain de peau unique, serais-tu prêt à te retenir avant le labour?

Les jambes de Pierre sans O

Deux jambes deux tiges verticales équilibrent la planète

Entre paradis et feux du diable, danse une guinguette

Elles se précipitent entraînant l'Assemblée vers le firmament en tête

Epaisses et crépitantes elles percent le drap tendu qu'est la terre en fait

Rien ne les arrête même pas les îles affublées d'une pipette

Une clameur diffuse s'élève telle une vibration à tue-tête

À présent c'est l'entière planète suivi du ciel qui entame la fête

Et à présent c'est la banquise et ses icebergs qui se liquéfient que tu es bête

Les jambes de Pierre

Des jambes telles des compas équilibrent le monde à mi-chemin de l'enfer dans une infernale ronde

Les jambes cavalent vers  le soleil immonde 

Denses et trépignantes, elles font des trous dans la mappemonde 

Rien ne leurs échappe même pas les îles de la Sonde 

Une clameur sourde se diffuse comme une vaste onde 

Bientôt c'est toute la terre et le ciel qui grondent

Et bientôt c'est la banquise et tous les glaciers qui fondent

 

genou d'Alix

O genou rond et doux, socle rocheux tissé de soie

Tu n'appartiens qu'à moi 

Tu supportes tant bien que mal tout mon poids. 

Je ne pourrais vivre sans toi 

Délicatement tu te plies pour que je m'assoies

Tu fais partie de moi

C'est comme ça

jambes de cerfs sans O

Jambes de cerfs, jambes galbées, muscles saillants, féminines terre-à-terre qui me fait briller de mille feux 

Enlacées de lanières de cuir, de bas de laine de rêve, qui m'emmènent dans une danse endiablée

Elles sautent telle une gazelle elles se rétractent et attirent vers elles les lumières éternelles 

Sans pudeur aux yeux des autres je les préfère libres à l'air du vent

J’ai bien tenté une nuit d'été de les cacher de terre brûlante

Un genre d'argile qui, sublime mélange, grime de blanc sur le visage que bien de les subtiliser à la vue de la lune n’a fait que les exhiber d'une manière décalée 

A des badauds alléchés par la vue blanchie de mes jambes de cerfs.

 

Les mollets de coq

Mollets de coq, mollets galbés, muscles ronds, des rondeurs féminines terre-à-terre qui me transportent

Emmailloté de lanières de cuir, de bas de laine, de renforts qui m'emportent 

Dans une ritournelle accélérée, qui les font sauter, se rétracter et ouvrir des portes

Sans pudeur à tout-vent, je les préfère libre et offert à tous les regards qu'on leur porte 

J'ai bien tenté un soir d'été de les cacher de terre morte 

Un genre d'argile qui saisit et qui subtil mélange me grime de sorte

Que loin de les subtiliser à la vue de la lune, n'a fait que les exhiber à toutes l’escorte

De badauds alléchés par la peau blanchie de mes mollets de coq.

Les yeux d'Eric sans U

Dans le vert du monde indompté, mon œil droit s'y cache et mon œil opposé s'y fond. Hors d'haleine instants éternels dans l'éther céleste 

Mon œil te prend fragile dans la forêt blessante 
Tu rampes dans mon champ de vision ignorant ma présence

Ce sont mes lèvres qui s'écartent de joie stoppant ton évasion je te vois ton regard avide précède nos folles étreintes.

 

Les yeux d'Eric

Dans une nature verdoyante ils ressortent et se confondent mes yeux

L'espace d'un souffle coupé un moment suspendu dans les cieux 

Ils captent ta silhouette diaphane entre les arbres épineux

Tu te rapproches doucement de moi sans me voir tapi dans l'ombre des lieux quand sur le point de repartir je me dévoile 

Quand sur le point de repartir je me dévoile à toi d’un sourire radieux

Ton regard plonge dans le mien et nous nous enlaçons nous sommes heureux.

 

Les yeux d'Elodie sans A

De feu ou de givre lorsqu'ils plongent en les tiens je peux presque voir le reflet de ton être outre ton teint irisé, une silhouette qui te donne le la finesse de l'éther 

Tu es l'idole de tous les minots des cours d'école 

Oh Heidi! De tes yeux je suis soumis

Cesse les bêtises

Tous les jours je quitte mon chez moi 

Et je vois ton joli minois comme une différence en ce monde où l'inesthétique domine

Dès que tu es ici

Vite je sors et je te guinche 

Pour que tu me dises ces quelques mots d'une douce voix 

Je suis debout contre le muret

 

Les yeux d'Elodie


De bronze ou de glace quand ils plongent dans les tiens je peux presque admirer le reflet de ton âme

Parce que malgré ta peau diaphane

Tes traits qui te donnent la finesse d'un ectoplasme 

Tu es l'idole de tous les enfants de mon âge

Ho! Heidi ! De tes yeux je suis esclave

Allons cesses tes enfantillages

Tous les matins en sortant du garage 

Je vois ta beauté comme un décalage

De ce monde où la laideur a l'avantage 

Dès que tu es dans les parages 

Vite je sors et je te dévisage 

Pour que tu parles de ta voix suave

A moi qui suis accoudé à la balustrade

Palais des glaces (scène de crime & science fiction)


Alfonso n’aurait jamais imaginé se retrouver un jour dans le Palais des Glaces de la Foire du Trône. On avait fait appel à lui pour laver les glaces du labyrinthe des éclaboussures de sang et de cervelles qui empêchaient de comprendre le parcours suivi par le criminel et sa victime. C'était une tâche délicate et dans son excès de maniaquerie, Alfonso mettait un point d'honneur à laisser des vitres impeccables au détriment de l'avancée de son travail : "je suis payé au forfait, il ne tient qu'à moi de décider du temps dont j'ai besoin". Le commissaire Coustel soupirait d'exaspération. Il en tenait une couche celui-là, grand homme, sec et musclé, aux cheveux remplis de gomina. Il faisait plus penser à un danseur de tango avec sa toison noire de jais qu'à un laveur de vitre. La tâche achevée, le résultat était encore plus accablant. On pouvait voir dans le miroir se refléter les membres des corps découpés, des centaines de bras, de jambes, de troncs, de têtes superposées en cascade donnaient l'impression d'un carnage de champ de bataille. A mesure que le commissaire progressait dans le labyrinthe pour relever des indices, Alfonso, derrière, redonnait un coup de raclette car Coustel avait la fâcheuse manie de s'appuyer à la vitre pour enjamber les éléments gisants au sol, laissant des traces de doigts sur son passage, ou se cognait la tête croyant le chemin libre laissant la marque grasse de son front couronner le verre. Le commissaire trouvait d'ailleurs étrange que le laveur de vitre ne soit pas plus choqué par la scène de crime. Pourquoi s’obstinait-il à rester alors que son travail était achevé : "Non tant qu'il restera des traces, je passerai derrière vous !". Etait-ce bien prudent de se retrouver avec un psychopathe dans les pattes alors que lui-même essayait de débusquer un criminel ? Un crissement particulièrement aigue stoppa net le défilé de pensées de Coustel. Bruit persistant comme une lame qui passe sur le verre en continu. Alfonso et le commissaire se regardèrent dans l'espoir d'obtenir de l'autre une invective pour sortir de cette menace qui arrivait grandissant tout droit vers eux. C'est Alfonso qui fit le premier pas et se mit à hurler : "la Passionata!" "la Passionata!", le commissaire voulut le bâillonner mais le bruit strident s'arrêtera net. Alfonso fit volte-face d'une souplesse de danseur argentin, mais sa joie se calma aussitôt quand le crissement retentit de nouveau. L’apparition d’une masse humaine entre les miroirs fit d’abord taire notre laveur de vitre. Des pointes en acier au bout des coudes, le monstre était l'origine du bruit. Le visage pourtant humain de la créature se mit à se déformer sur le rythme de la chanson de Guy Marchand qu'Alfonso entonna à tue-tête. L'estomac du monstre se contractait et se gonflait comme le battement d'un cœur, ce qui avait effet d'hypnotiser le commissaire qui s'avança vers cette source de vie, sous les yeux d’Alfonso qui redoublait d’énergie pour prodiguer sa chanson, il se mit à danser jouant de la raclette à vitres comme d’une arme qu'il faisait tournoyer devant lui. De l'estomac du monstre sortit un hachoir à multiples facettes qui dépeça le corps du commissaire, morceaux qui se rajoutèrent à la scène du crime. Alfonso vit rouge devant les traces giclant de partout, il se saisit de sa raclette, se démantibulant pour faire place nette sur les miroirs, il était rapide souple et d'une telle volonté que le monstre ne pouvait pas l'atteindre, coincé par ses couteaux, il s'immobilisa. Alfonso passa par-dessus lui, lui hurla une dernière fois "la Passionnata" pour l’immobiliser complètement et sortit du Palais des Glaces. La bête se débattait empêtrée dans le verre, elle fit de tels efforts pour se déloger que toutes les vitres se brisèrent et le Palais des Glaces s'écroula sur le monstre, lui embrochant l'estomac, les joues, les yeux, lui transperçant le front pour avoir raison au final de son détracteur.

 

 

Salle d'oncologie (chanteur)


-Docteur pourquoi il est avec ces infirmières le patient 23?

-« Viens petite fille dans mon comic strip, viens faire des bulles, viens faire des plic plac..»

- Oh putain il est ....

- Dingue ? oui on pense que c'est un effet collatéral du cancer 

-« je suis une poupée de cire une poupée de son… »

- Mais ça doit être épuisant pour ces gardiens !

- Et nous tout à l'heure, on doit lui enfoncer une sonde là où le soleil ne brille pas, je me demande ce qu'il va nous chanter à ce moment-là.

-« Colchiques dans les près fleurissent fleurissent, colchiques dans les prés c'est la fin de l'été… »

- Il a l'air content là?

- Je sais pas  je parle pas le dingue moi. Oh p***** c'est à lui. Va le dire au gardien s'il te plaît.

- Ok en fait, ils doivent lui raconter des contines. Ca le calme, je leur ai fait signe, c'est bon. 

- Tu parles d’un cirque !

- « Un petit lapin est entré dans le jardin, cherchez-moi ouh ouh ouh je suis caché dans un trou… » 

- C'est bien il est prêt prépare la sonde ! 

- « Ce matin un lapin a tué un chasseur... »

- Vous le tenez bien là?

- Dépêchez-vous docteur!

- Il a compris ce qu'on va faire ?

- Mais oui docteur, il est plutôt content il adore les examens

- « Viens voir, viens voir le docteur non n'aie pas peur… »

- Voilà c'est fini.

- « Voilà c'est fini... » 

- Au bout d'un moment c'est fatigant tout ça !

- Ho oui docteur!

 

Palais des Glaces (eau de rose & gore)


Le réveil était compliqué. La nuit fut rude après avoir dansé toute la nuit, Alessandra avait bu plus que de raison. Elle ne savait plus si elle avait passé la nuit seule ou non, mais elle savait qu'au fond d'elle-même elle ne pouvait se donner qu'à lui, Alessandro. Bien que leurs horaires furent décalés elle n'avait de cesse de penser à son volcan d'hidalgo viril et sans pitié. Combien de fois s'était-elle réveillée en nage, ruisselante, exhortant à lui asséner l’estocade. Malheureusement à chaque fois elle se réveillait avant que le glaive ne transperce la bête à cornes. La dernière fois elle s'était réveillée dans un jeu de miroirs, exposée, feignant de se cacher des regards mais sachant au fond d'elle-même qu'elle n'en pouvait plus de ce secret. Le genre de secret qu'on ne peut dire mais qu'on ne peut garder non plus. Elle était expert-comptable elle avait honte de ses orgies de colonnes de chiffres, de ces taxes plus obscènes les unes que les autres, de ces fiches de paye aussi  suaves que Girondes.  Alessandra ne pouvait cacher son émoi face à un bilan équilibré. Depuis qu'elle avait croisé le regard de cet inspecteur du fisc un fantasme l'obsédait : récupérer de la TVA au nez et à la barbe de l'État. Cette double vie l'obsédait, elle n'en pouvait plus de cette dualité, mais elle ne pouvait pas décider. Alessandro ou Alessandra?  Elle se leva finalement, s'habilla de ce costume gris. Alessandra laisse la place à Alessandro. Errant dans la ville, il déambulait de trottoir gauche en trottoir droit comme on passe des dépenses aux revenus. Il était hagard. Soudain le choc : il se vit dans sa robe de flamenco rouge, les râbles cambrés, la poitrine saillante,  tortillant du croupion pour exciter la bête à cornes. Il était partout d'un côté la chevelure folle de l'autre cette queue de cheval. Il était dans un état second pour la première fois Alessandro voyait Alessandra et Alessandra se tenait devant Alessandro comment cela était-il possible, par quel miracle ? Dans ses errances Alessandro avait fini à la Foire du Trône, forcément il était leur comptable ! Il avait atterri ainsi dans le palais de la glace. Le labyrinthe avait des propriétés particulières surtout lorsqu'on s'approchait du mur qui le séparait du train hanté... puis entre les miroirs Alessandro et Alessandra se mêlaient, s'opposaient, s'aimaient, se heurtaient. Le catogan succédait à la crinière folle,  la robe en laine rouge se disputait au costume gris anthracite. Les castagnettes chassaient les calculettes. Ils suffoquaient, la raison les quittait. Partout où ils regardaient ce n'était que catogans et rubans. Alessandro voulut crier, un son aigu sortit de sa gorge. Cela réveilla Alessandra qui se mit à râler de sa voix de ténor. Les visages et les miroirs tournoyaient. La maison se dissolvait dans leur folie. Il fallait arrêter cela. Alessandro calculait frénétiquement ses rattrapages de TVA, Alessandra toréait. Elle fonça sur le taureau, hurlant de sa voix de ténor puis soudain tout se tut. Seuls gisaient au sol des débris de miroirs, des morceaux de robe et un chouchou baignant dans le sang qui jaillissait de leur gorge et éventrée par un éclat de verre.

Dans le stade de foot (rétrospective & érotisme)

Ohhhhhhhhhhhh Lé ! Les mains se lèvent les unes après les autres au rythme d'une vague de corps qui se déplient et se replient. Sylvain est entraîné par l'ambiance du stade, il se redresse avec vigueur malgré un surpoids évident d'un homme sédentaire qui enchaîne les repas d'affaires. Il aime se retrouver dans la foule de supporters, pouvant se déchaîner sans complexe et réagir de façon basique aux événements sur la pelouse ; à crier des « Ta gueule l'arbitre ! », des  « Mais qu'est-ce qu'il fait ! Mais qu'est-ce qu'il fait ! »,  « Il y a faute là ! ». Il se tourne vers ses amis, échange des regards exaspérés, sursaute au but de son équipe et se lance dans les bras des uns des autres : le parfait supporters. Quand soudain le stade se lève dans un « oh ! » de stupéfaction, un joueur vient de subir un tacle qui fait froid dans le dos, la jambe est tordue, le joueur a perdu connaissance. Un silence pesant recouvre le stade. Sylvain a reconnecté ses neurones, pincement au cœur violent. L'image de son camarade de classe foudroyé par un arrêt cardiaque remonte à la surface subitement. Il est sonné par cette réminiscence qui était enfouie profondément. Sylvain regarde ses poings se serrer comme tout petit, étant enfant alors qu'il se bagarrait avant le drame. Il tomba à son tour. Un visage de femme se penche sur lui elle avance sa bouche pulpeuse de la sienne. Sylvain referme les yeux malgré le bouche-à-bouche. Il se laisse porter par un magma nébuleux, accablé par la chaleur. La peau est douce, d'une douceur de soie, il contemple la poitrine lourde et pleine de la femme qui remue au rythme des coups qu'il lui assène, une belle blonde vient se rajouter et glisse sa chevelure dorée sur son visage, en attendant son tour. Vicky et Christina un souvenir confortable. On le soulève, Sylvain est transporté sur un brancard, qui frôle au passage un coin en bitume, lui éraflant le bras mais c'est Lily la tigresse qu'il voit le griffer avec ses ongles grenat. Sylvain se réveillera à l'infirmerie à côté de son joueur favori à qui le massage cardiaque a redonné vie.

 

mercredi 15 juin 2016

Me voilà réveillé dans ce manoir glauque - Version Vincent


Me voilà réveillé dans ce manoir glauque où la chaleur s'évapore en un clin d’œil. Le chat patibulaire a une fourrure rousse. Il me regarde d'un air de hibou déboussolé. Je me lève doucement dans le silence sourd de ce lieu isolé. L'hôte du coin, un monsieur d'un âge mort semble absent de la maison. Hier soir, il m'avait semblé passablement préoccupé et m'avait accueilli sans effusion et avec une tonalité de corbeau dans sa gorge. Étrangement je sens une présence forte dans ce silence lourd. Le chat est sage malgré sa grotesque façon de me fixer. Je m'habille solennellement comme il sied à un prince de province qui découvre un pays inquiétant à travailler. J'ai dans ma poche ma carte de journaliste venu d'une ville civilisée aux vices précis. Dans cette campagne, je dois chercher un témoin clé d'une affaire tout à fait imbécile. Le dépaysement avec mes activités médiatiques sportives sont éloquentes. Je descends prudemment l'escalier craquant pour me rendre au rez-de-chaussée où je pourrai prendre un petit déjeuner rustique. Ce qui peut sembler impossible dans un pays où des ascenseurs vous cueillent et vous envolent dans une mécanique d'aplomb semble pratiquement certain dans cette maison poussiéreuse où la vieillesse des choses et leur mordant de rester en vie, laissent paraître une âme dans chaque objet. Dans ma descente, je regarde quelques tableaux d’ancêtres locaux qui semblent vifs dans le fond noir de la peinture. Je reconnais à peine le lieu où hier soir dans la nuit d'hiver j'étais parvenu à entrer. Alors que je m'apprête à me rendre au salon, une glace renvoie mon image et je me vois régnant dans ce couloir haut.

Me voilà réveillée dans ce manoir glauque Version Laurence


Me voilà réveillée dans ce manoir glauque, l’élixir a fait effet et je plante mes pieds nus sur un sol gluant et râpeux. Il fait noir, froid et l’humidité s’accroche à mes cils, je m’aventure à tâtons cherchant un moyen d’éclairer les lieux. Mes pas lourds et patauds résonnent dans la pièce. L’odeur acide du vieux propriétaire me guide. Je m’approche de lui, il émet un son – sorte de salive qui passe dans son gosier. Je ne suis pas rassurée et tous mes sens sont aux aguets dans ce quasi silence pesant. Le vieux se met alors à hurler un chant de noël hideux. C’est inattendu, ça m’a pris à la gorge, j’ai senti mes tripes se resserrer mais c’est le fond de mon pantalon que j’ai senti saisi par une chaleur mouillée. Le vieux chante de plus belle et moi je lutte mais mon corps se meut et danse, danse. Me voir là, rebelle et dansant dans ma noire culotte. J’aperçois deux ailes se plier et se déplier dans le dos du propriétaire, un halo lumineux derrière lui : « Mais vieillard ailé, danse et moque toi de ma culotte ! » Les mots sortent de ma bouche, sans que je ne le maîtrise. Et voilà le vieillard qui déploie ses ailes et s’envole au-dessus de moi. Une pluie amère et lourde tombe sur moi. Je danse, je m’élance, je suis enivrée par ce liquide chaud qui dégouline sur moi. Le halo de lumière a disparu, le vieillard a disparu et je suis seule, légère, soulagée, me défoulant dans ma danse endiablée. Je suis bien, détachée. Ma vie est là, rêvée, dans ce noir gras et rauque.

Réponse à Carole

« Je garderai mon nom », elle me l’a redit encore une fois aujourd’hui. « Je garderai mon nom » d’un air détaché, avec ce sourire impénétrable. « Je garderai mon nom » d’une manière légère mais ferme à la fois. Comment peut-elle maintenir cet aplomb, ce constat inébranlable qui résonne en moi comme un refus, une porte hermétique, une porte de prison, j’ai l’impression de ne pouvoir jamais la posséder vraiment. Une indépendance à toute épreuve, elle ne se pliera jamais à mon emprise. Comme deux êtres qui vivent côte à côte, épaule à épaule, qui regardent dans la même direction, qui empruntent le même chemin, qui partagent un quotidien mais sans jamais ne former qu’un. Deux vies parallèles où plutôt sa vie et moi son ombre. Et si je la renversais d’un geste assuré et lui crierais : « Tu m’aimes, avoues-le ! », « tu m’appartiens », « tu es mienne ». Mais je suis lâche, dominé par sa beauté froide et cruelle. Je l’aime.

Sur ce sentiment exaltant


Sur ce sentiment exaltant que j’éprouve pour l’inconnu, la nouveauté, le jamais défriché, je m’immobilise  malgré moi et ne peux faire un pas supplémentaire. Il est là pourtant, si proche de moi, celui dont le désir de possession m’a toujours obnubilée, il me regarde de sa façon qu’il a bien à lui de pénétrer dans l’âme de l’autre, au point de se sentir démasquée, à nue. Son regard a le don de me désarçonner.  Il est si puissant, qu’il serait capable de me libérer de cet état si fréquent chez moi : l’ennui. La douceur et la bienveillance qu’il me renvoie me subjuguent. Je suis comme dans un songe, incapable d’y croire. C’est bien à moi qu’il s’adresse, c’est bien vers moi qu’il s’approche. Ses mains, son odeur, son sourire m’obsèdent. J’hésite à me mouvoir, comme une statue de cire, je ne veux surtout pas faire le geste qui fera capoter mon rêve, si réel pourtant. L’immobilité m’est pénible, mes paupières n’osent se fermer, j’ai les yeux qui me tirent, les larmes qui montent sensiblement. Je ne veux pas qu’il les voit.  D’ailleurs c’est moi qui ne le vois pas venir et apposer sur mes lèvres le fin cachet du sacrement de l’amour. Ce baiser si tendre, qui s’ouvre pour se répandre en profusion liquide, en coups de langues et inspection profonde. Ma bouche est pleine de lui. Je l’avalerai tout entier, mais sitôt pensé, le voilà qui délaisse ma bouche avide pour la peau fine de mon cou. Je suis sans contrôle, il me malmène, m’emmène dans des horizons sans frontières. Je scande son nom, le beau nom de roi, le nom grave et vengeur de Dieu. Je m’affole, stupeur, béatitude, je reste indemne et bien là, debout face à lui. Je le vois s’éloigner, ne me laisser pour seul sceau seigneurial que ma tristesse.

Réponse à Yacine

Tiens, voilà la nouvelle motrice TGV de la ligne Franco-allemande. Et ben si on m’avait dit que je verrais ça de mon vivant ! Ah c’est sûr c’est pas une vieille drésine comme vous les filles !
T’as entendu Micheline, comment il nous parle l’autre face de TER toute taguée !
Oui on a les boules de voir ce nouveau TGV flambant neuf et qui tape le 320 alors que nous, on pue le gasoil depuis la naissance ! Oui, on voudrait bien aussi avoir des suspensions pendulaires pour pouvoir tordre du cul dans les virages. Et oui, on aimerait bien tracter autre chose que des wagons miteux avec la clim en panne et les toilettes bouchées.
Et toi le TER, quand tu auras fini de pisser de l’huile à chaque fois que tu voies une rame de tram onduler devant la gare, tu pourras venir causer châssis avec nous !
 
 

Sur ce sentiment nouveau

Sur ce sentiment nouveau et qui pour moi était complètement inconnu, je m’essayais soudain à une rapide introspection dont l’effet était de comprendre avec précision ce que je ressentais alors, car à dix-sept ans seul l’ennui remplissait d’habitude mes moments perdus. Or aujourd’hui, la solitude et la grisaille avaient laissé place à la douceur et à un regard lumineux qui reste encore gravé dans ma mémoire aujourd’hui. Elle était alors tout pour moi, le centre de ma galaxie. Je gravitais autour d’elle comme une lune et je me souviens que son parfum et son visage m’obsédaient encore parfois. J’hésite souvent à me replonger dans ce souvenir tant il est beau et intense. C’est comme une toile de maître, il ne reste plus qu’à apposer sa signature pour qu’il soit à tout jamais parfait. Seulement le nom de la belle me terrifie et il m’est difficile d’évoquer ici le beau nom de ma douce. Disparue peu après dans un grave accident de la route, je suis resté des années habité par une infinie tristesse.

lundi 22 février 2016

MAGNES-TOI LIMACE, LES PAPILLONS S'ENVOLENT

AU BOUT DU BOUT
Interminable, pas après pas, j'étouffe, je m'empourpre. Plus un mot ne m'échappe, j'ai le
souffle coupé. Je me sens de plus en plus lourde, mes pieds s'enfoncent dans les marches
collantes. Comme un mirage, j'aperçois le bout. J'hallucine d'espoir, j'avance, je vis.
 
MAGNES-TOI LIMACE, LES PAPILLONS S'ENVOLENT
C'est lorsque la pluie tombe que les limaces sortent se doucher. La pluie, c'est gratuit, et c'est
pour cela qu'elles prennent leur temps. Et pendant, cachées sous les grandes feuilles des
bananiers, les cocons éclosent. Dès les premiers rayons du soleil, les papillons s'envolent,
laissant ici-bas ces gluantes bestioles.
 
UN CAPITAINE POUR LES BOURRéS
Je suis vert, je pensais repartir comme je suis venu. Je suis bleu, tellement il m'est impossible
de résister à la tentation. Je suis rouge, je suis au point de non retour. Garde à vous, cria le
capitaine.
 
LA COURSE CONTRE LE TEMPS
A crescendo, les aiguilles tournent comme les hélices d'une éolienne selon le vent, au grès du
temps. Quoiqu'il en soit, et malgré soi, elles te feront monter les marches de la sagesse.
 
ECLOSION RETARDEE
Le lac est desséché, la pluie se fait désirer. Les toits des serres sont ouverts, béants, attendant
la pénétration des rayons du soleil capricieux. Les roses de la Saint-Valentin ne seront pas
prêtes pour le jour prévu. Mais l'amour n'attend pas les saisons. Il n'attend pas. Il est.

dimanche 3 janvier 2016

Nos textes sans E : celui de Carole



Ma nana, ça fait ni chaud ni froid
Toi moi plus nous, vingt ans pour toi et moi
Fais-moi des guilis et moult gratouilles
Sans aucun soucis
Dans ma toison d’or et d’amour
Grattons nos scorpions ma Nana
Oui nous, gamins, mais pourquoi ça craint ?
Bondis-moi au cou ma Nana
Ca n’ira qu’à nous mon chou