mercredi 24 octobre 2012

Quelque chose d’irrésistible


#Je lui demande mon chemin. Je suis un peu perdue, pas sûre tout à fait, mais besoin de le vérifier. Il me répond d’une voix suave et douce. Gentillesse, c’est ce qui se lit sur son visage. Etrangement il m’explique en avançant. On passe une boutique, d' où s’échappe une musique languissante. C’est la goutte d’eau : la musique de sa voix, son regard et cette mélodie envoutante qui nous enrobe. C’est irrésistible, j’ai envie.
La boutique passée, le charme a opéré mais notre conversation s’arrête et il traverse la chaussée. Je suis littéralement paralysée. Ce cœur qui bat, cette chaleur qui me prend tout le corps. J’ai envie de le suivre. Il faut que je le suive. Cette carrure, cette assurance dans sa démarche. Il ne me voit pas. Je boue. Je fonds ou du moins je…Non, il a disparu dans un tabac. Je trépigne, fais du surplace, reviens sur mes pas, me retourne, le retrouve. Il ne me voit pas. Je vois son profil dans les vitrines. Comment l’aborder ? Je maintiens la distance. Et s’il me voyait ? Il rencontre quelqu’un qu’il connait, il passe sa main dans les cheveux, rit et a l’air très à l’aise. Moi, je me dérobe derrière un panneau d’affichage. Le dos contre le bois. Je jubile. Ah cette voix. Il faut que je l’entende encore, encore. Quoi ! Pourquoi il me regarde comme ça celui-là ! J’ai complètement oublié que j’étais dans la rue. Les gens me voient mais lui ? Allez, continue, parle encore, rit, oui, je ris aussi, je souris, je rougis, je me liquéfie. Mes guibolles, j’ai les jambes qui flageolent. Tiens, plus de voix ? Que fait-il ? Je me penche furtivement. Où est-il ? La panique. Je sens les larmes qui montent, je sens la détresse m’envahir. Non, ce n’est pas vrai. Reviens. Tu es où ? Réponds, tu es où ?
Je tourne la tête, à gauche, à droite. On dirait une toupie. Je me mets à courir, à courir à toute allure. Vite, le rattraper. Je perds haleine, mes jambes se dérobent, mais je continue à avancer. Je suis sur le point de tomber, je me transforme en pantin désarticulé, les bras dans tous les sens. Une main. Une main me saisit. Je résiste, je me cabre, me redresse. C’est lui. Je rêve.#

Une boule stoppée dans l’aspérité d’une pierre


#« ‘’Avancer’’.Je presse le pas, je manque de me fouler le pied, mes bras vrillent dans tous les sens. Je sens la main d’un passant, il me saisit, m’aide à retrouver l’équilibre. Je le salue et reprend ma course. »

« Il fuit, il s’échappe, chaque obstacle n’est qu’une virgule, une ponctuation à sa course. Courir, s’enfuir, le buste en avant, il avance. C’est une obsession, mais qu’est-ce qui le pousse ? Qui appuie dans son dos ? Ce dos courbé sous une charge invisible, il est presque à l’horizontal, comme un lévrier en chasse. Des enjambées, des sauts. Une puce. Il prend la forme d’une puce et disparait à l’horizon. »

« Un point noir, un essaim de mouches, qui grossit, se déforme en fonction des éléments obstruant la chaussée. Masse allongée, en boule, en triangle, qui suit l’entonnoir du dédale.
C’est une masse d’hommes en fuite. Ils crient, hurlent, se poussent les uns les autres. De profil, on dirait des dominos alignés les uns derrière les autres sur le point de tomber. Sauf que là, c’est des hommes acharnés, qui donnent des coups de pieds, de coudes, de poings pour se frayer un passage, être dans le début de la mêlée. Que craignent-ils ? Où vont-ils se réfugier? »#

Sol brûlant


#Le pont vacille, les quelques planches sont espacées et laissent paraître le gouffre en flamme sous mes pieds. La chaleur monte mais ne calme pas mes sueurs froides#

A la loupe




#Un visage lisse d’une symétrie rare. A un détail près : des taches de rousseurs stigmatent la peau sur tout le côté gauche. Elles entourent l’œil et descendent vers la joue. Sur le côté droit, trois tâches forment un triangle. Les yeux sont petits et surmontés de sourcils épais, qui se dispersent de manière diffuse en partant de la racine jusqu’aux tempes.
Les arêtes du nez sont fines, les narines petites. La bouche, dont la lèvre inférieure est deux fois plus épaisse que la supérieure, est surmontée d’une moustache lisse. Sous la bouche, un petit amas de poils. La base du menton est recouverte de barbe.
En son for intérieur : mâle dominant à la poigne de fer. Tourbillon fougueux, en quête de sexe.#

La Filature


#8H Les volets de la chambre s’ouvrent, la voilà qui sort sur la terrasse en petite tenue. On dirait qu’elle regarde l’horizon, les petites maisons et le ciel. Elle rentre, je la vois passer dans le salon, elle n’a plus sa petite tenue.
8H40 La porte de la maison s’ouvre avec difficulté, le dos tourné, elle essaie de la fermer avec la même résistance. Le voisin la salue, il semble lui demander quelque chose qu’elle ne comprend pas tout de suite, il a l’air nerveux, elle au contraire, très souriante, on sent qu’elle écoute avec beaucoup de patience mais son corps est dans une dynamique de départ.
Elle arrive enfin à quitter le voisin et ferme le portail. Son sac sur le dos, elle monte des escaliers à grandes enjambées. On dirait qu’elle parle toute seule, ou bien elle récite un texte ?
La voilà qui avance d’un bon pas, elle a une feuille à la main. Oui, apparemment elle apprend un texte par cœur. Les passants la regardent avec étonnement.
Elle dévale d’autres escaliers, et se met à accélérer le pas à l’approche de la borne à vélo, comme-ci elle avait peur que quelqu’un ne surgisse de nulle part pour lui prendre le dernier qui reste…
Elle pédale à vive allure, grille les feux rouges, se fait klaxonner et arrive enfin devant un hôtel, où elle remet le vélo.
Dans l’accueil un grand Monsieur, étriqué dans son costume, l’attend avec un cadeau. Elle est très souriante et reçoit le cadeau avec grand plaisir. Elle repart avec lui à pied à travers la ville jusqu’à son bureau. Ils n’arrêtent pas de parler sur le chemin. Il la fait rire. Elle, elle fait les gestes des guides comme-ci elle lui racontait la ville et son histoire. Arrivés dans l’immeuble, ils disparaissent dans l’ascenseur.
12H Elle redescend toujours en compagnie du même homme, ils discutent en marchant et se dirigent vers un restaurant. Ils rentrent et ressortent 2H plus tard avec un troisième individu. Tous les trois se saluent et elle repart seule à son travail.
19H Elle sort de l’ascenseur, le cœur léger, elle sifflote. Elle se met à rougir quand elle croise un passant qui la reconnait. Elle rit toute seule et s’en va prendre son vélo pour faire le chemin à l’envers – toujours l’air joyeux.
Elle descend les escaliers, s’arrête pour saluer un voisin dans la rue et disparait dans sa maison. Je la verrai ressortir un peu plus tard sur la terrasse, en petite tenue.#

Des finitions


La lune = ballon rond étincelant la nuit, qui se dégonfle selon son humeur, luné en croissant, il peut avoir une influence infernale s’il gonfle les joues.

L’œuf= inoffensif sous sa coque, mais au parfum dévastateur quand il est dur et nu.

Le pré= vaste étendue remplie de coquelicots, souvent mise en peinture.

Le soldat = martial et psychorigide, il est intrépide quand il s’agit de sauver la patrie.

La docilité= acte attendrissant de l’enfant ou de l’agneau face à plus méchant que lui.

Le coton= matière ouateuse qui absorbe les petites plaies, le pus et les couleurs artificielles des femmes.

L’hypnose = tension sous laquelle on perd tout contrôle – sorte de lobotomie.

Les dérives du sommeil


#Je m’en contrebalance et je danse dans la ronde de la nuit qui s’avance et je pense que ma robe est en plume !
Oui, je tourne et je sens l’air dans mes cheveux et mes jambes en l’air, sur les pointes de mes pieds qui sont fixés sur ce maudit tourniquet. Je referme cette boite à musique.

Ca grince derrière moi, j’entends encore ces pas sur les cailloux, c’est qui ce rodeur ?

Je vois bien son ombre derrière la fenêtre, il est là debout, je le sais, mais si je regarde… Non! J’ai peur de le voir.

Il ouvre pourtant la porte. J’ai très chaud dans tout le corps. Mon cœur bat à  contretemps.  Une caisse de résonnance, une grosse boule toute molle qui grossit et remplit toute ma carcasse ; ça dépasse de mes côtes, des boursouflures. Arrrh, Beurk, Gloups, Wizzz !

Ca y est, je me décide à regarder la fenêtre, j’ouvre à demi les yeux, il ne faut pas que je me réveille tout à fait, c’est si confortable mon doux nid, je m’enfonce dans la ouate, je me tourne sur le côté et j’enfonce ma hanche plus profond encore dans ce lit.

Tirer le drap, regarder discrètement de côté s’il est là.
Non, après tout je veux prolonger ma torpeur.

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Chanter des chansons douces, c’est ce qui me recentre, sinon je passe ma nuit à avoir peur, à laisser mon esprit vagabonder sur des images d’horreur : « ma petite est comme l’eau, elle est comme l’eau vive…. ». C’est un vrai baume de douceur cette berceuse. Je change de position. Tiens, sur le dos, les bras lâches, les jambes écartées, je prends la forme d’une croix, je prends tout le lit. Je m’alourdis, je suis un poids qu’on ne peut pas bouger.

Ouh, là ! Non juste là, où je n’ai pas lâché. Ce satané coup, ce cou qui craque et se fige, c’est ma veine, qui s’est durcie. J’ai chaud.

Soit je tire et j’augmente la douleur, soit je ne bouge pas et je garde ma peur.

Et si mon sang s’arrête de circuler ? Si ? Si. Je vois déjà la chambre qui tourne, cette nuit qui n’en finit pas, ce torticolis qui me tient captive.

Ca y est, je vois la lampe du plafond qui s’avance, des étincelles et des trous noirs, quelle nuit! Rouge, vert, noir, bleu azur, mauve. La nuit, on est au bord de tout voir.#


Collectif insomniaque


#02:11 21/06/11
Les chiffres rouges du réveil annoncent l’heure fatidique, un temps suspendu, une brèche dans la nuit.
Tous ces yeux, qui ne cillent plus, tous ces corps qui se lèvent et errent dans la nuit. Nous nous retrouvons tous dans cet endroit moite, latent, avec l’odeur iodée de cette mer, qui charrie des poissons le ventre en l’air, dont les entrailles dégoulinent et forment un magma  gluant le long de rive. Nous les  prenons à pleines mains, nos doigts les pressent et leurs chaires se débinent entre les arêtes. Des sons de vomissement résonnent dans la nuit. C’est nos novices qui n’ont pas l’habitude de cette pratique. Nous nous dirigeons déjà vers la dune pour s’encastrer les uns dans les autres, c’est une chaine humaine que nous formons accrochés, liés par un morceau de chaire qui rentre et se retire, un va et vient sur des bruits de dégueulis : une belle danse de macchabés !

Pourtant nous sommes bien vivants, les plus vivants des enfants de la terre.

Il fait chaud, nous nous enfonçons dans le sable qui déroule son tapis rouge à mesure que nous nous avançons. Gloup, Sluhrf, quouach !
Nous voilà avalés dans cette nuit. 

Il est 2:12, nos cils se referment sur nos yeux alourdis par les larmes.#

mardi 9 octobre 2012

La porte qui se prenait pour une tête à claques


 #8H30
L’heure fatidique vient de sonner. Les voilà qui arrivent à vive allure, à se jouer des coudes, pour passer le premier. Bing ! En pleine face, c’est sûr, ça réveille ! Tout endolorie encore du premier passage, c’est toute une pléiade qui s’enchaine. Tac ! Paf ! Boum ! A coups de poings, de classeurs et de coudes. Tout y passe.
Ouf ! Le coup de pied. C’est ceux que je redoute le plus, ces maudits maniaques qui ne veulent pas laisser leur empreinte digitale sur ma belle face de verre. Je jongle.
9H45
Ah ! Ouhloulou, il est tout neuf, tout doux celui-là ! Comme une douce caresse qui me soigne de mes blessures. Merci ma petite femme de ménage adorée.#


L'objet du paradoxe


 #La table qui collectionnait les ronds de verre#
#La carpe qui chantait à tue-tête#
#La porte qui se prenait pour une tête à claques#
#Le volet impudique qui jouait à l’exhibitionniste#
#Le mouchoir qui se remplissait de jaune d’œuf #


Extrait de ceux qui marquent ma vie


#En v’là une femme de caractère ! Un bloc d’acier.
Dans un corps tout mou. Visage carré, géométrie accentuée par ses cheveux noirs tirés en arrière qui encadrent le tout.
Elle déplace une sacré masse de chair. Ses bras sont aussi élastiques que la pâte que le pizzaïolo malaxe. Ceci-dit, il paraît que ses pizzas sont délicieuses.
Elle a un côté maternelle de femme qui réconforte et surtout qui nous remet les pieds sur terre.
Vlan ! A coups de mains plaquées sur les épaules.
Parfois elle se met à râler fort. Pas commode, celle-là.
Je la vois en général le matin, c’est celle qui s’occupe du voisin deux fois par semaine.#


Ceux qui marquent ma vie


#Celle qui attend de mes nouvelles tous les jours
Celui qui s’entoure de jeunes adolescentes
Celui qui vit dans un monde virtuel
Celle qui s’occupe du voisin deux fois par semaine
Celle qui s’est fait lyncher au bureau
Celui qui est tout mou
Celle qui mène sa vie de mère célibataire avec brio
Celui qui travaillait sur les lignes de chemin de fer
Celle qui donne à manger aux chats du quartier
Celui qui vit sa vie de beau ténébreux
Celui qui ne se donne pas la peine d’improviser
Celle qui détient le savoir
Celui qui jure le soir après le souper#


A la façon de Christian Prigent


#Moi, petite fleur dans la prairie, Alias cherchant décidément à vivre au temps des Bisounours, Alias se plie en quatre et plus pour le bonheur d’autrui, Alias pense quand même beaucoup à elle, Alias plaisir égoïste mais qui se partagent… Alias Je veux qu'on m’aime, Alias Vie Exemplaire, Vie de Bonne Sœur, Alias jouant à la chef et testant son leadership, Alias toujours peur pour les autres, et malgré tout toujours peur des autres ? Alias Sacrifices invisibles, Alias visant toujours plus haut ; Alias Sourire, Alias Joueuse, Alias Sérieuse#


Autoportrait en couleur


#Un ciel bleu d’une lumière crue, sur des murs blanchis à la chaux. Des portes turquoise à clous, éparpillées dans un méandre de ruelles étroites. Des touches de plastiques de toutes les couleurs, rose, jaune, verte et bleue. Un chaton fixe l’objectif de ses yeux intrépides. Plein d’hommes en robes longues ou en jean. Sourires sadiques. Regards lubriques. Qui convergent sur moi.
Je suis au centre de la photo, visage hâlé, j’ai mon sourire « spécial cliché » et mon regard naïf de religieuse, le visage entouré de beige, d’un foulard couleur chair.
Je veux être tunisienne.#



Echapper au noir


#Je ferais Matelas et Bol ; Et l’eau coton ; Quand nos pas dans le téléphone seront comptés.
Je ferais sourire la nuit ; Et naître un nuage du ciel azur ; Quand tout espoir n’existera plus. Du moins, c’est une tentative. Pourquoi s’enfoncer et se nuire ? Pourquoi se laisser submerger ? Une mémoire de poisson rouge, voilà ma philosophie.
Ressasser ? Ravaler ? Je l’évite ; Je préfère occuper mes pensées, remplir mon front de chansons gaies, de textes légers ou de chiffres : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9 ! Je compte. Cela s’appelle déconnecter, couper les fils des pensées avec une grosse cisaille de chiffres, de son, de mots.
Ou prendre un bain. Tiens ! Je flotte, quelle légèreté ! Le corps en suspension, les muscles lâches, les sensations se réveillent. Cette eau qui glisse sur la peau, ces monts qui émergent, des bouts de corps posés sur un matelas en mousse. Désarticuler, c’est aussi ne plus être un seul être de chair mais plein de petits morceaux.#



Association flash


Le voyage = L’inconnu, les coutumes et costumes, les sons de la langue
La neige = Beige, rêche, elle craque, tu glisses
Le feu = Je fonds !
Une cave = Moiteur obscure. Rongeurs, j’ai peur
Un arbre mort = Grouillement d’insectes, mousses et moisissures font leur nid. Adieu Oiseaux
Le déménagement = Des cartons qui s’empilent ; Et si je réinventais ma maison ?
Un pont ou une digue =  Il faut savoir, le choix est difficile, je passe ou je décide d’aller voir ce qui s’y passe.
Le deuil = Horreur ! J’ai la gorge qui se noue, les yeux rouges, j’ai peur
La nuit = Je m’enfonce dans mon sommeil pour vivre mes rêves
Le sang = Rouge vif
La mer = L’iode et l’apesanteur
Les maisons étrangères = J’aime les regarder. Que s’y cache-t-il ?
La fièvre et le sommeil  = C’est la même chose non ?


L'accouchement


#Le dos rond et le corps tout disloqué.
Une main sur le front pour soutenir ma tête, qui veut plonger et se mélanger dans le gribouillis de la feuille.
Un os craque, je suis en apnée et je sens le sang qui monte et se cogne à la tranche de ma main.
Je suis sur le point de tomber de ma chaise, mais je résiste.
Tout ce corps en tension et ce cœur qui tapote. Faire abstraction des autres, du bruit des respirations et des crayons qui dévalent le papier. J’ai mal à la tête.
Je relis, encore je relis, superposer les mots, en rajouter par coup de flèche. Mon cœur accélère, mon bras se crispe. Je crache les mots à toute vitesse. Je m’arrête. Je relis.
Une pause.
Je suis épuisée. Est-ce que je me replonge dans ce moi intérieur ? Prolixe. Le temps s’écoule et je peux remplir ma page d’un trait, d’une courbe, de formes qui forment des mots. Plus rien à dire. J’arrête. #




Phobies inavouées


#Je n’ai jamais sauté l’élastique#
#Je n’ai jamais cassé mes os#
#Je n’ai jamais bu de coca-cola#
#Je n’ai jamais suivi d’inconnu#
#Je n’ai jamais appris la nage du papillon#
#Je n’ai jamais été forte en sport acrobaltique#
#Je n’ai jamais mélangé mon yaourt#




samedi 6 octobre 2012

Celui qui



Celui qui dors à côté de moi, celui qui m’a apporté de la légèreté, celui qui devient personnage dans une histoire fantastique, celui qui ne me comprenne pas et pourtant, qui respecte le plus qui je suis, celui qui a les cheveux blonds et longues et une barbe mal rasée, celui dont sa mère est une sorcière, celui que des fois e crois aimer, celui avec lequel j’ai partagé mon enfance, celui qui me mènera jusqu’aux loups, celui qui est réel et à la fois fictif, celui qui est trop beau quand il rie, celui qui aime l’hauteur et la vitesse, celui qui est arrivé dans le bon moment, celui qui a une sensibilité cachée, celui qui s’oppose à mon homme rêvé, celui qui me fais re-questionner mes idées, celui qui est là pour de vraie, celui qui est vivant au même temps que moi.

Moi, femme étrangère



Moi, femme étrangère, alias cheveux longs et ondulés, alias rigolade stridente, alias petit accent espagnol, alias partante pour des aventures, alias amie de ses amis, alias ennemie des connards, alias vol d’une jupe, alias terre, alias rêves, alias femme mature, alias petite taille, alias hypocondriaque, alias courage émotionnel, alias logique scientifique, alias subjectivité littéraire, alias balance, alias optimisme, alias réflexive, alias doutes, alias pas firmes, alias y être, alias y aller.

mercredi 3 octobre 2012

Niña triste con un helado


C’est une photo de cet été. Elle a été prise, je l’ai observé et de suite elle a produit une sensation en moi. J’ai même mis un titre dessus au moment de la voir : « niña triste con un helado » qu’en français veut dire « fille triste avec une glace ». La photo était composée en trois quarts par la mer, une mer qui restait tranquille face à mon regard. D’un côté, une espèce de roche montagneuse avec des arbres. Et tout le long de la photo, un petit mur d’où observer les vagues salées. Et moi, à côté du mur, avec une glace à la main. Je me trouve à Biarritz. Je réfléchi, ou je fais semblance de réfléchir quand en vrai je pose de manière consciente pour la photo. J’ai été prise dans cette photo et ensuite prise par cette photo, qui m’a séduit.

Autoportrait matinal



Négation.

La tasse n’est pas le café.

La tartine n’est pas le miroir.

Les draps n’est pas l’eau.

La brosse à dents n’est pas les lunettes.

Bailler n’est pas réfléchir.

Manger n’est pas observer.

Sentir n’est pas chauffer.

Affirmation.

Une brosse à dents c’est une tasse.

Le café c’est bailler.

Observer c’est chauffer.

Manger c’est sentir.

Les draps c’est la tartine, c’est l’eau.

Je ferai tasse brosse à dents

et bailler le café

quand nos pas dans chauffer

seront sentis.

Quelque chose noire



Je ferai tasse brosse à dents et bailler le café quand nos pas dans chauffer seront sentis.

Le matin, scène des actes mécaniques, des objets inanimés et des réflexions vagues. Espèce de mélange entre ici el la bas ; entre monde vivante, avec ces actes quotidiens et répétitives et ces objets sans âme, et monde mort, bizarrement, beaucoup plus profonde : sentiments, nostalgie, peur, amour et force.

Et puis, dans cette pièce de théâtre si réelle comme la propre vie, le noir qui apparait pour jouer son rôle. Il est là mais il est invisible. Les spectateurs ne le voient pas mais ils captent sa présence. Le noir c’est le trou, un grand trou noir, qui t’absorbe et empreigne absolument tout d’une substance sale et collante. On dirait du pétrole ou une marée noire qui s’étale dans l’eau. Il provient d’un endroit très connecté avec notre coté spirituel, qui cherche ailleurs quand le quotidien semble si absurde. Il nous apprissions dans son essence et flotte sur nos têtes, vigilant, attentif. Il nous embrasse avec son parfum étouffant et se nourrit de toutes nos forces vitales.

Il est fort et puissant, mais on peut le combattre à force de se lever chaque matin, encore vivantes. A force des actes mécaniques et réflexions profondes. C’est bien ça être vivants. C’est une tasse, une brosse à dents et un café. Et nos pas chauds qui se sentent ailleurs.

Le deuil, un petit grand caillou


Ils m’ont dit de te prendre et de te balancer comme un caillou dans mon eau intérieur et ramasser l’inspiration des petites ondes générées. Mais tu es un mot trop forte, trop absolute, et les perturbations que tu produises, des vagues furieuses. J’aurais besoin de beaucoup plus de temps pour les décrire.

J’écris


J’écris. Je le fais depuis beaucoup de temps. La première fois que j’ai eu l’idée de le faire, je n’étais qu’une toute petite fille. Cependant, j’ai du laisser du temps avant de me mettre à cette tache. Je me suis découverte prise par des inspirations au moment de l’adolescence. Ce n’est pas étonnant. Les hormones folles font danser les pensées et les émotions et si on arrive à les canaliser, ils peuvent avoir son sens et sa beauté.

Cependant, je me sens écrivaine depuis très peu de temps, à peine un an. Quelle est la différence entre cette fois ci et toutes les autres ? Je dirai que cette fois c’est l’écriture qui vit à travers moi et pas moi qui essaie de faire vivre l’écriture. D’un coup, tout est facile, toute l’énergie littéraire rentre et sorte, évolue et se transforme. Toutes les portes ouvertes. Toutes les formules possibles.

Et depuis ce moment, curieusement, je me trouve souvent en train d’écrire sans écrire. Ma tete me balance des phrases, l’une après l’autre, d’une finesse magnifique, quand je marche dans la rue, quand je voyage en train ou quand je viens de faire une lecture.

Pour moi, cela est déjà écrire, même s’il y a aucune écriture qui se registre. Toutes les pensées qui se construisent au bout des connexions pétillantes entre neurones et qui s’observent tout au fond de mes noires pupilles. Mais aucune preuve matérielle. Juste portes ouvertes et vent qui les traverse.

Pour l’écriture, le vraie exercice, je le fais tranquille, dans le fauteuil rouge de mon salon et de plus en plus un peu partout : dans le train, dans un parque, dans la rue ou comme aujourd’hui, dans un théâtre.

Mais même là, je n’arrive pas à garder constance de toutes les pensées. Il y en a trop, sans arrêt, et à un rythme trop rapide pour arriver à les capter. Elles sont un peu comme les étoiles filantes. Mais peu importe. Je veux bien laisser de la liberté à ce courant d’inspiration. Je veux bien laisser les portes ouvertes et ouvrir aussi les fenêtres s’il faut.

Ce que j’ai jamais fait


Je n’ai jamais marché pieds nus dans la rue.

Je n’ai jamais couru un marathon.

Je n’ai jamais traversé l’Atlantique.

Je n’ai jamais eu des frères.

Je n’ai jamais fait un atelier d’écriture dans un théâtre.

Je n’ai jamais vu l’aurore boréale.

Je n’ai jamais eu le temps de désirer quelque chose en voyant passer une étoile filante.