#Le dos rond et le corps tout disloqué.
Une main sur le front pour soutenir ma tête, qui veut plonger et se mélanger dans le gribouillis de la feuille.
Un os craque, je suis en apnée et je sens le sang qui monte et se cogne à la tranche de ma main.
Je suis sur le point de tomber de ma chaise, mais je résiste.
Tout ce corps en tension et ce cœur qui tapote. Faire abstraction des autres, du bruit des respirations et des crayons qui dévalent le papier. J’ai mal à la tête.
Je relis, encore je relis, superposer les mots, en rajouter par coup de flèche. Mon cœur accélère, mon bras se crispe. Je crache les mots à toute vitesse. Je m’arrête. Je relis.
Une pause.
Je suis épuisée. Est-ce que je me replonge dans ce moi intérieur ? Prolixe. Le temps s’écoule et je peux remplir ma page d’un trait, d’une courbe, de formes qui forment des mots. Plus rien à dire. J’arrête. #