mercredi 24 octobre 2012
La Filature
#8H Les volets de la chambre s’ouvrent, la voilà qui sort sur la terrasse en petite tenue. On dirait qu’elle regarde l’horizon, les petites maisons et le ciel. Elle rentre, je la vois passer dans le salon, elle n’a plus sa petite tenue.
8H40 La porte de la maison s’ouvre avec difficulté, le dos tourné, elle essaie de la fermer avec la même résistance. Le voisin la salue, il semble lui demander quelque chose qu’elle ne comprend pas tout de suite, il a l’air nerveux, elle au contraire, très souriante, on sent qu’elle écoute avec beaucoup de patience mais son corps est dans une dynamique de départ.
Elle arrive enfin à quitter le voisin et ferme le portail. Son sac sur le dos, elle monte des escaliers à grandes enjambées. On dirait qu’elle parle toute seule, ou bien elle récite un texte ?
La voilà qui avance d’un bon pas, elle a une feuille à la main. Oui, apparemment elle apprend un texte par cœur. Les passants la regardent avec étonnement.
Elle dévale d’autres escaliers, et se met à accélérer le pas à l’approche de la borne à vélo, comme-ci elle avait peur que quelqu’un ne surgisse de nulle part pour lui prendre le dernier qui reste…
Elle pédale à vive allure, grille les feux rouges, se fait klaxonner et arrive enfin devant un hôtel, où elle remet le vélo.
Dans l’accueil un grand Monsieur, étriqué dans son costume, l’attend avec un cadeau. Elle est très souriante et reçoit le cadeau avec grand plaisir. Elle repart avec lui à pied à travers la ville jusqu’à son bureau. Ils n’arrêtent pas de parler sur le chemin. Il la fait rire. Elle, elle fait les gestes des guides comme-ci elle lui racontait la ville et son histoire. Arrivés dans l’immeuble, ils disparaissent dans l’ascenseur.
12H Elle redescend toujours en compagnie du même homme, ils discutent en marchant et se dirigent vers un restaurant. Ils rentrent et ressortent 2H plus tard avec un troisième individu. Tous les trois se saluent et elle repart seule à son travail.
19H Elle sort de l’ascenseur, le cœur léger, elle sifflote. Elle se met à rougir quand elle croise un passant qui la reconnait. Elle rit toute seule et s’en va prendre son vélo pour faire le chemin à l’envers – toujours l’air joyeux.
Elle descend les escaliers, s’arrête pour saluer un voisin dans la rue et disparait dans sa maison. Je la verrai ressortir un peu plus tard sur la terrasse, en petite tenue.#