mercredi 24 octobre 2012

Collectif insomniaque


#02:11 21/06/11
Les chiffres rouges du réveil annoncent l’heure fatidique, un temps suspendu, une brèche dans la nuit.
Tous ces yeux, qui ne cillent plus, tous ces corps qui se lèvent et errent dans la nuit. Nous nous retrouvons tous dans cet endroit moite, latent, avec l’odeur iodée de cette mer, qui charrie des poissons le ventre en l’air, dont les entrailles dégoulinent et forment un magma  gluant le long de rive. Nous les  prenons à pleines mains, nos doigts les pressent et leurs chaires se débinent entre les arêtes. Des sons de vomissement résonnent dans la nuit. C’est nos novices qui n’ont pas l’habitude de cette pratique. Nous nous dirigeons déjà vers la dune pour s’encastrer les uns dans les autres, c’est une chaine humaine que nous formons accrochés, liés par un morceau de chaire qui rentre et se retire, un va et vient sur des bruits de dégueulis : une belle danse de macchabés !

Pourtant nous sommes bien vivants, les plus vivants des enfants de la terre.

Il fait chaud, nous nous enfonçons dans le sable qui déroule son tapis rouge à mesure que nous nous avançons. Gloup, Sluhrf, quouach !
Nous voilà avalés dans cette nuit. 

Il est 2:12, nos cils se referment sur nos yeux alourdis par les larmes.#