Je ferai tasse brosse à dents et bailler le café quand nos pas dans chauffer seront sentis.
Le matin, scène des actes mécaniques, des objets inanimés et des réflexions vagues. Espèce de mélange entre ici el la bas ; entre monde vivante, avec ces actes quotidiens et répétitives et ces objets sans âme, et monde mort, bizarrement, beaucoup plus profonde : sentiments, nostalgie, peur, amour et force.
Et puis, dans cette pièce de théâtre si réelle comme la propre vie, le noir qui apparait pour jouer son rôle. Il est là mais il est invisible. Les spectateurs ne le voient pas mais ils captent sa présence. Le noir c’est le trou, un grand trou noir, qui t’absorbe et empreigne absolument tout d’une substance sale et collante. On dirait du pétrole ou une marée noire qui s’étale dans l’eau. Il provient d’un endroit très connecté avec notre coté spirituel, qui cherche ailleurs quand le quotidien semble si absurde. Il nous apprissions dans son essence et flotte sur nos têtes, vigilant, attentif. Il nous embrasse avec son parfum étouffant et se nourrit de toutes nos forces vitales.
Il est fort et puissant, mais on peut le combattre à force de se lever chaque matin, encore vivantes. A force des actes mécaniques et réflexions profondes. C’est bien ça être vivants. C’est une tasse, une brosse à dents et un café. Et nos pas chauds qui se sentent ailleurs.