J’écris. Je le fais depuis beaucoup de temps. La première fois que j’ai eu l’idée de le faire, je n’étais qu’une toute petite fille. Cependant, j’ai du laisser du temps avant de me mettre à cette tache. Je me suis découverte prise par des inspirations au moment de l’adolescence. Ce n’est pas étonnant. Les hormones folles font danser les pensées et les émotions et si on arrive à les canaliser, ils peuvent avoir son sens et sa beauté.
Cependant, je me sens écrivaine depuis très peu de temps, à peine un an. Quelle est la différence entre cette fois ci et toutes les autres ? Je dirai que cette fois c’est l’écriture qui vit à travers moi et pas moi qui essaie de faire vivre l’écriture. D’un coup, tout est facile, toute l’énergie littéraire rentre et sorte, évolue et se transforme. Toutes les portes ouvertes. Toutes les formules possibles.
Et depuis ce moment, curieusement, je me trouve souvent en train d’écrire sans écrire. Ma tete me balance des phrases, l’une après l’autre, d’une finesse magnifique, quand je marche dans la rue, quand je voyage en train ou quand je viens de faire une lecture.
Pour moi, cela est déjà écrire, même s’il y a aucune écriture qui se registre. Toutes les pensées qui se construisent au bout des connexions pétillantes entre neurones et qui s’observent tout au fond de mes noires pupilles. Mais aucune preuve matérielle. Juste portes ouvertes et vent qui les traverse.
Pour l’écriture, le vraie exercice, je le fais tranquille, dans le fauteuil rouge de mon salon et de plus en plus un peu partout : dans le train, dans un parque, dans la rue ou comme aujourd’hui, dans un théâtre.
Mais même là, je n’arrive pas à garder constance de toutes les pensées. Il y en a trop, sans arrêt, et à un rythme trop rapide pour arriver à les capter. Elles sont un peu comme les étoiles filantes. Mais peu importe. Je veux bien laisser de la liberté à ce courant d’inspiration. Je veux bien laisser les portes ouvertes et ouvrir aussi les fenêtres s’il faut.