#« ‘’Avancer’’.Je presse le pas, je manque de me fouler le pied, mes bras vrillent dans tous les sens. Je sens la main d’un passant, il me saisit, m’aide à retrouver l’équilibre. Je le salue et reprend ma course. »
« Il fuit, il s’échappe, chaque obstacle n’est qu’une virgule, une ponctuation à sa course. Courir, s’enfuir, le buste en avant, il avance. C’est une obsession, mais qu’est-ce qui le pousse ? Qui appuie dans son dos ? Ce dos courbé sous une charge invisible, il est presque à l’horizontal, comme un lévrier en chasse. Des enjambées, des sauts. Une puce. Il prend la forme d’une puce et disparait à l’horizon. »
« Un point noir, un essaim de mouches, qui grossit, se déforme en fonction des éléments obstruant la chaussée. Masse allongée, en boule, en triangle, qui suit l’entonnoir du dédale.
C’est une masse d’hommes en fuite. Ils crient, hurlent, se poussent les uns les autres. De profil, on dirait des dominos alignés les uns derrière les autres sur le point de tomber. Sauf que là, c’est des hommes acharnés, qui donnent des coups de pieds, de coudes, de poings pour se frayer un passage, être dans le début de la mêlée. Que craignent-ils ? Où vont-ils se réfugier? »#