mercredi 24 octobre 2012
Quelque chose d’irrésistible
#Je lui demande mon chemin. Je suis un peu perdue, pas sûre tout à fait, mais besoin de le vérifier. Il me répond d’une voix suave et douce. Gentillesse, c’est ce qui se lit sur son visage. Etrangement il m’explique en avançant. On passe une boutique, d' où s’échappe une musique languissante. C’est la goutte d’eau : la musique de sa voix, son regard et cette mélodie envoutante qui nous enrobe. C’est irrésistible, j’ai envie.
La boutique passée, le charme a opéré mais notre conversation s’arrête et il traverse la chaussée. Je suis littéralement paralysée. Ce cœur qui bat, cette chaleur qui me prend tout le corps. J’ai envie de le suivre. Il faut que je le suive. Cette carrure, cette assurance dans sa démarche. Il ne me voit pas. Je boue. Je fonds ou du moins je…Non, il a disparu dans un tabac. Je trépigne, fais du surplace, reviens sur mes pas, me retourne, le retrouve. Il ne me voit pas. Je vois son profil dans les vitrines. Comment l’aborder ? Je maintiens la distance. Et s’il me voyait ? Il rencontre quelqu’un qu’il connait, il passe sa main dans les cheveux, rit et a l’air très à l’aise. Moi, je me dérobe derrière un panneau d’affichage. Le dos contre le bois. Je jubile. Ah cette voix. Il faut que je l’entende encore, encore. Quoi ! Pourquoi il me regarde comme ça celui-là ! J’ai complètement oublié que j’étais dans la rue. Les gens me voient mais lui ? Allez, continue, parle encore, rit, oui, je ris aussi, je souris, je rougis, je me liquéfie. Mes guibolles, j’ai les jambes qui flageolent. Tiens, plus de voix ? Que fait-il ? Je me penche furtivement. Où est-il ? La panique. Je sens les larmes qui montent, je sens la détresse m’envahir. Non, ce n’est pas vrai. Reviens. Tu es où ? Réponds, tu es où ?
Je tourne la tête, à gauche, à droite. On dirait une toupie. Je me mets à courir, à courir à toute allure. Vite, le rattraper. Je perds haleine, mes jambes se dérobent, mais je continue à avancer. Je suis sur le point de tomber, je me transforme en pantin désarticulé, les bras dans tous les sens. Une main. Une main me saisit. Je résiste, je me cabre, me redresse. C’est lui. Je rêve.#