Abasourdie, je ne vois pas clair, mais petit à petit, ça se
débrouille et ça fuse, limpide.
« Obrigado Laurence » articulent ces lèvres mates
entourées d’une barbe dense grisâtre.« Je t’aime » lancent ces yeux noirs, dont les pupilles dégoulinent de tendresse.
C’est maintenant trois autres visages qui apparaissent. Celle d’un grand homme âgé à la peau tâchée. Celle d’un petit homme au visage déformé et au regard scrutateur. Celle d’un homme énervé qui soupire lourdement.
Je me remplis maintenant de cette odeur de fauves, qui
accompagne tous ces animaux entassés. C’est vite remplacé par les fleurs de lys
et le bois de la salle de réunion. Un hélicoptère, puis plusieurs. C’est très
bruyant.
Tiens, plus rien ne défile, les images disparaissent, la
scène ne tourne plus. C’est mon tour maintenant de faire mon numéro à tout ce
public assis les yeux rivés sur la scène.#