#Tendu à la verticale, comme un piquet, il s’étire vers le
haut. Il grandit. D’abord tordu, puis démantelé, articulé, il se forme en un
tout et se dresse. Fier, droit, sévère, figé, insonore. Une pause – statue de
cire sans vie dans les yeux.
Quelqu’un se pose sur toi, il se laisse accueillir, balancier
confortable, tu le reçois, le supporte ; il t’envahit et cherche à rentrer
en toi, tu t’ouvres et le laisse passer.
Un gros bouillon, lourd et opaque, qui se gonfle - magma en
fusion, vient d’exploser en éclats collants. Laissant des flaques sur le sol
qui s’étalent, petites mares moelleuses où tu t’allonges. Tu te loves dans ce
doux duvet fourni.
Tes oreilles se ferment, ne plus entendre le bruit alentour,
ta gorge se remplit d’un liquide chaud, qui s’engouffre de partout, accapare
tes boyaux jusqu’au cou. Tes yeux sont partout, j’ai encore soif, il reste de
la place à remplir.
Te voilà pleine, plus aucune place n’est libre. Toutes ouvertures bouchées, coincées. Prisonnier, plus moyen de bouger. Accepte-mon corps ; emboite-moi.
Te voilà pleine, plus aucune place n’est libre. Toutes ouvertures bouchées, coincées. Prisonnier, plus moyen de bouger. Accepte-mon corps ; emboite-moi.
Le voilà qu’il tire sur ma langue, longue corde humide. Elle
glisse et tente de se dérober mais la prise est ferme et cette allonge s’étire,
se dénoue comme une pelote qui se déroule, sans accroc, fluide, ça débite à
l’infini. Ca devient un amoncellement de chaire visqueuse, qui augmente au rythme
machinal de celui qui tire. A côté ; un corps qui se vide et se libère. Un
corps qui pleure, heureux de sa délivrance.#