lundi 24 juin 2013

Les forces à l'oeuvre


#Tendu à la verticale, comme un piquet, il s’étire vers le haut. Il grandit. D’abord tordu, puis démantelé, articulé, il se forme en un tout et se dresse. Fier, droit, sévère, figé, insonore. Une pause – statue de cire sans vie dans les yeux.

Quelqu’un se pose sur toi, il se laisse accueillir, balancier confortable, tu le reçois, le supporte ; il t’envahit et cherche à rentrer en toi, tu t’ouvres et le laisse passer.

Un gros bouillon, lourd et opaque, qui se gonfle - magma en fusion, vient d’exploser en éclats collants. Laissant des flaques sur le sol qui s’étalent, petites mares moelleuses où tu t’allonges. Tu te loves dans ce doux duvet fourni.

Tes oreilles se ferment, ne plus entendre le bruit alentour, ta gorge se remplit d’un liquide chaud, qui s’engouffre de partout, accapare tes boyaux jusqu’au cou. Tes yeux sont partout, j’ai encore soif, il reste de la place à remplir.

Te voilà pleine, plus aucune place n’est libre. Toutes ouvertures bouchées, coincées. Prisonnier, plus moyen de bouger. Accepte-mon corps ; emboite-moi.

Le voilà qu’il tire sur ma langue, longue corde humide. Elle glisse et tente de se dérober mais la prise est ferme et cette allonge s’étire, se dénoue comme une pelote qui se déroule, sans accroc, fluide, ça débite à l’infini. Ca devient un amoncellement de chaire visqueuse, qui augmente au rythme machinal de celui qui tire. A côté ; un corps qui se vide et se libère. Un corps qui pleure, heureux de sa délivrance.#