jeudi 6 juin 2013

L'écoulement d'une journée



7h08
Il n’y a pas quelqu’un qui tient mon sommeil, pas de respiration à côté, pas des yeux qui m’espionnent. Pas de regret non plus. Mon sommeil m’appartient entièrement, mon esprit de révolte se repose.
11h12
Rien c’est « nada » en espagnol. « La nada » signifie aussi le vide. De nouveau, un mélange de frustration et de beauté dans les incohérences linguistiques. Mes idées n’arrivent pas à être totalement exprimées dans une langue ni dans l’autre. Je n’attendrai jamais l’exactitude.
12h30
Une heure de ma vie perdue. Horloges qui ne sont pas à l’heure, tête qui n’est pas au bon endroit. Ce n’est pas l’imprévu ce que je réclame ? Alors, pourquoi une sensation de frustration face aux buts inachevés ? Il est peut être tôt pour ouvrir la porte de ma vie. Mais les choses n’arrivent pas à l’heure qu’on décide. Tout simplement elles arrivent, où peut être elles n’arrivent jamais.
16h
Dimanche sans règles, dimanche sans consignes, dimanche sans limites, dimanche sans obligations. Comme tout dimanche devrait être. Aller chasser le soleil, qui ne partira pas tôt aujourd’hui, à un des rares espaces de verdure de Marseille.
23h
Mes lèvres n’arrêtent pas de parler. L’avant et l’après de cet instant est un espace continu de sonorité et de fougue. Ce n’est plus le moment de parler des banalités, la journée c’est écoulée, la vraie pensée n’est à peine dévoilée, le feu profonde commence à s’enflammer.
00h02
Nier le tout. Toutes les idées pré-acquises, tous les rêves que je croyais rêves, toute la matière que je croyais me constituer. Morte, explosion, négation… rébellion interne que je nécessite pour aller vers les antagoniques à ces mêmes mots. C’est à partir de la liberté que je construirai mon nouveau monde et pas à partir d’une image que je considérais l’idéal de beauté.              
4h17
L’orage c’est calmé il y a quelques heures. Mon être se repose tranquille, par première fois depuis 24 heures. Le tourbillon n’a laissé qu’une petite barque en bois, où je dors sereine, en fin, après l’explosion. Mon sommeil est cette fois-ci surveillé, par une âme qui respire à côté. Mais il n’y a pas de regret. Nier tout signifie aussi pouvoir nier la négation, et choisir à partir de soi-même, le soi-même authentique.