7h08
Il n’y a pas quelqu’un qui tient
mon sommeil, pas de respiration à côté, pas des yeux qui m’espionnent. Pas de
regret non plus. Mon sommeil m’appartient entièrement, mon esprit de révolte se
repose.
11h12
Rien c’est « nada » en
espagnol. « La nada » signifie aussi le vide. De nouveau, un mélange
de frustration et de beauté dans les incohérences linguistiques. Mes idées
n’arrivent pas à être totalement exprimées dans une langue ni dans l’autre. Je
n’attendrai jamais l’exactitude.
12h30
Une heure de ma vie perdue.
Horloges qui ne sont pas à l’heure, tête qui n’est pas au bon endroit. Ce n’est
pas l’imprévu ce que je réclame ? Alors, pourquoi une sensation de
frustration face aux buts inachevés ? Il est peut être tôt pour ouvrir la
porte de ma vie. Mais les choses n’arrivent pas à l’heure qu’on décide. Tout
simplement elles arrivent, où peut être elles n’arrivent jamais.
16h
Dimanche sans règles, dimanche
sans consignes, dimanche sans limites, dimanche sans obligations. Comme tout
dimanche devrait être. Aller chasser le soleil, qui ne partira pas tôt
aujourd’hui, à un des rares espaces de verdure de Marseille.
23h
Mes lèvres n’arrêtent pas de
parler. L’avant et l’après de cet instant est un espace continu de sonorité et
de fougue. Ce n’est plus le moment de parler des banalités, la journée c’est
écoulée, la vraie pensée n’est à peine dévoilée, le feu profonde commence à
s’enflammer.
00h02
Nier le tout. Toutes les idées
pré-acquises, tous les rêves que je croyais rêves, toute la matière que je
croyais me constituer. Morte, explosion, négation… rébellion interne que je
nécessite pour aller vers les antagoniques à ces mêmes mots. C’est à partir de
la liberté que je construirai mon nouveau monde et pas à partir d’une image que
je considérais l’idéal de beauté.
4h17
L’orage c’est calmé il y a
quelques heures. Mon être se repose tranquille, par première fois depuis 24
heures. Le tourbillon n’a laissé qu’une petite barque en bois, où je dors
sereine, en fin, après l’explosion. Mon sommeil est cette fois-ci surveillé,
par une âme qui respire à côté. Mais il n’y a pas de regret. Nier tout signifie
aussi pouvoir nier la négation, et choisir à partir de soi-même, le soi-même
authentique.