mardi 3 juin 2014

Creuse ma terre

Je mettrai mes pieds dans un volcan, si tu flirtes avec moi.
Es-tu sûre que je mérite ce sacrifice ? Quoique si ton cœur est aussi ardent que le volcan, j’y mettrai bien les pieds. D’autant que ma chaleur volcanique va faire revivre en toi le sentiment d’éternité.
Vite ! Vite ! Un glaçon ! L’éternité est si fade. Rien de telle que la mort pour renaître ailleurs. Renaître vierge, innocent, plein de candeur dans un temps sans couleur, sans apparat. Naître soi, creuser son sillon en piochant dans son propre sillage. Qui passera mon chemin fera partie de moi. Qui foulera mon verger, sera berger. Qui se nourrira de ma sève sera mon enfant. Je suis la terre ferme, humide et nourricière. Laboure-moi !
Eventre-la cette terre, aux effluves de purin. Morceaux de coquilles d’œufs, d’épluchures de carottes, de vers blancs qui y nagent, comme elle est fertile.
Sans un mot elle regarde ce spectacle divin, comme si la vie devait s’arrêter là. Et la jeune vierge du début est maintenant souillée de pensées impures, le foutre a coulé des esprits embrouillés.
Que reste-t-il de mes amours ? Le souvenir d’une verge frémissante au vent du petit matin. Une bouteille d’envie qui gît sur un sol d’ennui, de bouches pâteuses saoulées de caresses et de baisers durs. Que la vie ressemble à un songe pervers.