Il était temps que le vent souffle, les vagues, le sel et la
mer sont heureux de voir les éléments se déchaîner à nouveau. Tourbillons
chaleureux des grains de sables, poussière dorée, qui t’enveloppe de sa douceur
salée. J’ai faim à présent, je te mangerai. Mange-moi avec beaucoup d’épices,
racle-moi l’os, fais moi bouillir, passe-moi au tamis de ton désir. Os à
moelle, ou os à bouillir, je te ferai rôtir sur mes braises, Pompéi à côté ce
sera un glacier. Elle sent l’ivresse
monter en elle à ces mots et se dandine dans une danse sensuelle. Mais
qu’a-t-elle bu pour se dandiner à ce point ? C’est à cause du faux muscat,
j’en suis sûre. Qu’y avait-il dans les graines des bâtonnets de sésame ? Un
élixir si peu de ma production, un filtre d’amour, si puissant que le moindre
moine en deviendrait pratiquant! Son sexe ainsi durci sera comme un cierge à
jamais converti.
Laissez ce cierge allumé dans sa lumière diaphane, il illumine
les culs des vierges hypocrites. Il s’enfonce loin dans leurs âmes enflammées,
tordues par les plaisirs réprimés.
C’est pourtant le dur lot de ces âmes empêtrées dans le vœu
chaste de rédemption et d’abnégation, aux plaisirs de la chaire. Plaisirs interdits
si savoureux, mais qui déchirent tout abstinent à la recherche de Dieu.