-Quand je regarde la mer, je pense à mon père et chaque
vague est une rencontre avec lui qui un jour s’arrêtera.
-Tu préfères alors que la mer se déchaîne, animée, mouvante
et émouvante. Les lacs sont remplis de défunts oubliés.
-Je ne dis pas non ! Tu sais l’existence d’un poisson
clown dans un univers de raies manta fourbes pourrait très bien me pousser à me
taper le sommet de l’Himalaya en patin à roulettes, si tu vois ce que je veux
dire…
-Tu n’auras pas à monter aussi haut, les fonds marins
regorgent de créatures pleines de tentacules amicales et qui te feront
découvrir leur sombre univers.
-J’ai toujours rêvé d’explorer mes propres profondeurs, j’ai
assez de tentacules pour obscurcir tout l’univers.
-Voyager à l’intérieur de soi ! L’avantage c’est que ça
ne coûte rien en frais de transport, et ça ne pollue pas la nature. Tu as de
bonnes idées, mais je crains que tu te perdes.
- Je me perds où tu voudras, je me pends quand tu voudras,
mais j’apprends à me contrôler et vivre mes expériences sans souffrance, mais
avec l’exaltation du torrent. J’avance, je recule, je mange, je déféque, je
vis.
-Tu vis merveilleusement et je suis heureux de faire partie
des êtres qui ont croisé ton existence et assiste à ta vie ; conte de fée
fulgurant, soleil nocturne.