lundi 21 avril 2014

La Mère de Juliette

La tête me tourne. Mes yeux voient une image trouble, rouge. La terre s’ouvre sous mes pieds, une faille dentelée strie le sol et s’écarte. Je m’effondre et chute dans ce gouffre. J’ai mal au corps. Il crie mon corps. Vlan, il part en avant. Vlan, il se casse en deux. Vlan, il repart en arrière. Je perds l’équilibre, mes bras se mettent à tournoyer d’avant en arrière. Tous mes muscles sont tendus au point de tirer des larmes de mon corps. Ils sont nerveux. Ils sont immaîtrisables. Ils m’emmènent de haut en bas, j’ai la tête qui explose. Elle s’est partout remplie d’un liquide noir, un sang vengeresque qui la rend lourde. Ma tête ne tient plus droite, la nuque se rompt et laisse ouvert le cran d’arrêt. La tête tombe comme un poids vers mon buste, contre mon buste. Mais cette chevelure est folle et vient fouetter mes jambes. Ma masse de cheveux est élastique et rebondit sur moi pour repartir en arrière. Ma tête suit le mouvement et va se casser contre mon dos. Ma gorge vient de se déchirer sur toute la longueur, les tendons de la nuque tiennent bon. Je reprends de plus belle cette danse involontaire qui m’assomme à coups de bras, de tête, mes mains se crispent, mes jambes se brisent, la chute a lieu, là sur ce sol dur, qui ne cède pas finalement. L’apesanteur vient de me plaquer net à terre. Je ne suis plus rien. Le monde s’est arrêté. Je m’alourdis complètement sur tout mon long, mon corps essayant de s’incruster et de sceller ma peau à cette terre amère.

 

Sensations

Les yeux fermés, je ne vois que les mains que je tiens, à droite une main charnue et chaude, à gauche une main fine et délicate. Les yeux fermés, on n’a plus aucun repère, on devient invisible, si je ne vois pas, les autres ne peuvent pas me voir, pensais-je naïvement. Le corps en balance, les mollets tirent quand le corps penche en arrière, les orteils font bloc quand le corps tend vers l’avant.

Le corps est neutre mais si je lui dis de baisser les épaules, elles se baissent encore plus, comme si une tension inconsciente les maintenait à une hauteur nivelée, précise, par contre quand elles montent, c’est tout l’avant du corps qui monte avec. Le corps est neutre mais si je lui dis de respirer, le ventre se met à gonfler, l’air remplit la poche intérieure en forme de poire, puis va se caler dans la cage thoracique, là où il y a encore de la place.

La musique se met à jouer, la Danse des Chevaliers de Prokofiev, c’est des sons graves, c’est une marche militaire, c’est un escalier de rythme qui monte progressivement avec un entêtement qui rentre dans le corps, qui implique à bouger, à se mouvoir, les bras naturellement vont servir de balancier pour ponctuer la marche, le cœur va s’accélérer, toute la tête oublie le corps, seule la musique le guide et lui donne envie de tourner, de balancer les bras, de sauter, de se recroqueviller et de s’ouvrir d’un coup sec sur les aigües, de tourner, tournoyer, s’envoler, s’extasier. La musique se calme, le cœur palpite, mais le corps insiste pour se refermer et se dresser vers le ciel avec douceur.

La Fée Malice

Il était une fois, dans une forêt humide et chaude, aux arbres immenses, aux feuilles vertes caoutchouteuses, aux lianes tortueuses, rubans pendant du haut des cieux, aux serpents siffleurs, aux paresseux poilus, aux grenouilles pullulantes, aux yeux scintillants des aborigènes, aux… « Eh Oh ! Tu vas me présenter oui ! ». Heu, oui pardon… vivait une fée miniature prénommée la Fée Malice. « Ah merci bien ! ». Elle arpentait les bois toute pimpante, avec sa robe à froufrou, son petit haut à dentelles, ses souliers de cuir vernis, son boléro cachant sa jolie nuque et ses fines épaules, sa frimousse à croquer, ses boucles à rebonds dans les cheveux, son… « Oui, bon, ça va ! ». Du calme, du calme beauté, je ne fais que mon travail de conteur ! « Bon, vas-y ma grenouille adorée mais un peu d’action ! ». Elle arborait sur sa tête une grenouille merveilleuse, somptueusement dotées de six pattes, aux ressorts dévastateurs, capable de sauts les plus gigantesques, les plus périlleux, les plus… « Grrrr ». Bon, bon, ça va j’abrège. Bref, la fée Malice avançait au hasard des rencontres. Un jour, elle rencontra le prince charmant « Bello ». Il était grand, beau, puissant, il avait une carrure de nageur papillon, une crinière au vent, un fessier scandaleux, une dentition parfaite, deux fossettes aux commissures des lèvres et une voix suave à tomber par terre de ta chaise, un souffle chaud et mentholé, que sa bouche aux contours parfaits diffusait doucement à mesure qu’il parlait. Il … « Oui, bon il m’a branchée ! Voilà ! ». C’est ça, il aborda la Fée Malice, il lui tint un discours des plus torrides, il l’encensa de mots équivoques, il l’encercla de ses bras de velours, il approcha son visage de Pygmalion à celui de la Fée Malice. Quand soudain, il s’arrêta net à ma vue. Il fit un bond de deux mètres en arrière et hurla : AHHHHH. La Fée Malice rougit d’un coup, cru avoir un bouton sur le nez, fut humiliée vive, la colère monta net, elle en perdit ses moyens et se mit à grandir, à grandir, ses petits mollets étaient aussi gros que les baobabs. Bello leva à peine les yeux, regarda sous sa jupe et parti en courant à toutes jambes - magnifiques fusées au râle régulier.

La Fée Malice se calma, se rétrécit et continua sa quête. Elle rencontra un autre aborigène. Beaucoup plus malingre, les yeux de souris noirs et sournois, le nez droit pointant entre deux sourcils fournis et sans démarcation au milieu, il avait une bouche noire à l’intérieur, et quand il parlait un nuage épais et nauséeux faisait taire les serpents siffleurs, tomber les paresseux poilus, faner toutes les fleurs. Mais comme il était gentil, il parla de lui, de sa famille, de ses amis. Il voulait l’emmener voir les chutes, le chant des grenouilles, les falaises, les précipices. La Fée Malice rêvait d’aventures et partit faire son baptême du feu avec lui, mais la peur lui serra le ventre, elle s’échauffa devant la fournaise à tel point qu’elle ne contrôla pas son émotion, s’énerva et se mit à grossir, à grossir, grossir à faire fuir le putois aborigène qui déguerpit face à cette boule gigantesque qui s’apprêtait à l’écraser.
 
Bredouille, la Fée Malice repartit trouver celui qui l’aimera vraiment. Elle retrouva Bello qui se matait dans le miroir du fleuve. La Fée Malice se pencha sur l’étendue d’eau. Elle me fit tomber. Heureusement, j’ai pu attraper un nénuphar avec deux de mes six pattes. Elle me vit pour la première fois, elle savait que je l’aimais telle qu’elle était, elle me prit sur son doigt, me tendit ses douces lèvres et m’embrassa.                     

 

FIN

 

Igor, l'Ogre des Montagnes

Igor, l’Ogre des Montagnes  arpente d’un pas lourd et assourdi les passages de poudreuses qui mènent vers la cime. Ascension mystérieuse de ce chasseur-mangeur de bêtes des bois, suivi de sa meute de chiens de chasse sanguinaires, qui reniflent, détectent, encerclent la moindre proie vivante. Seules les buses le survolent sans frayeur : l’effort marqué des pisteurs pour déclencher l’avalanche qui l’ensevelira, n’a pas de prise sur lui. Il les entend ces détonations à répétition, il sait qu’elles lui sont destinées. Mais plus il avance, plus la sérénité l’envahit. Il s’élève soudain, son poids disparaît sous la lévitation spirituelle, il perd toutes ses dents, ses milles dents tombent une à une, comme des pierres précieuses qui scintillent et brillent sous le soleil levant.

Le chasseur

La chasse traque, passe, abat, aboie, émeute la meute de chiens de chasse. Attaque précise, elle amasse les proies débiles, prises dans le traquenard du chasseur à la moustache jaune, au rire résonnant et odieux, fier névrosé, qui fait décamper comme une avalanche, une dizaine de lapins, deux trois renards, cinq cerfs aux bois joyeux. Passage douloureux vers la mort, ça détale à toutes jambes, quadrupèdes fuyants, déployant tous ses efforts, fonçant tout droit dans la gueule du moustachu ventru, bedonnant, de l’ogre aux milles dents, qui croque, déchire, mastique la chaire animale, si fraiche, si pure. Il s’en délecte, délice de la vie, mystère de la nature qui fait naître des petits êtres dodus, appétissants, aux muscles tendres et à la graisse goûtue, qui passent dans son ventre, engloutis gloutonnement pour atteindre enfin l’ultime sérénité du repu.

Un fauve en fuite

Atterrés, complètement abasourdis par la sirène qui résonne encore dans leurs oreilles, les trois clients du zoo sont collés dos contre les planches de bois du mur à observer les cris et les bruits des pas courant sur le chemin de terre. La poignée de la porte du cabanon tourne, Gaspard, le grand gaillard se jette dessus, referme la porte entrebâillée et bloque la poignée avec une chaise. Il se met à hurler « Dégage ! Sale con ! Il n’y a pas de place pour toi !».  On entend un coup de pied dans la porte et des pas repartir vers un autre abri. Effarées, une des deux femmes, Anaïs, laisse échapper : « Non mais ça va pas la tête ? Ca s’appelle de la non-assistance à personne en danger ! » Gaspard se retourne les yeux en furie. Anaïs intérieurement se dit : « oh, mais tais-toi donc, tu ne le connais pas ce type, il n’a pas l’air commode ».

Gaspard : « Tu voulais que je le laisse entrer, lui et toute sa marmaille ? C’est minuscule ici, je ne prends pas le risque, ni d’étouffer, ni de me faire repérer par le fauve ».

Rebecca, la plus jeune, pleurniche de son côté, sa petite tête va éclater : « Maman, qu’est-ce que je fais là ? Où tu es, toi? Maman…». Gaspard cherche le regard d’Anaïs qu’elle fuit autant que possible. L’air se fait rare, les pleurs sourds de Rebecca en fond sonore.

Gaspard lâche : « Oh et puis merde ! » et marmonne « C’est quoi c’t’affaire ! Je finissais ma journée tranquillement ».

Anaïs pense fortement : « journée de fonctionnaire, pour un plombier municipal, il y en a qu’on la belle vie. » Gaspard lit sur son visage comme dans un livre et remarque alors : « elle est pas mal la demoiselle là », il s’adresse à elle : « vous avez pris votre demi-journée pour visiter le zoo ?».
Anaïs étonnée : « En quoi ça vous regarde ? »
Gaspard : « Faut bien entamer la discussion, non ? »
Anaïs cédant : « Et bien oui, je m’intéresse aux animaux figurez-vous ! », Intérieurement elle se dit : « s’il savait que j’ai donné un rendez-vous à côté de la cage aux lions à un inconnu sur internet ».

Anaïs regarde Gaspard différemment, elle le passe en revue : « Il est grand, fort, cheveux propre, la tenue soignée, son langage laisse à désirer mais il me plairait presque ».
Gaspard, la toise à son tour : « C’est un beau petit bout de femme, je la mettrai bien dans mon lit celle-là ».

La sirène retentit de nouveau, les rugissements du fauve en fuite se font entendre, Anaïs se met à crier, quand une araignée lui passe sur la jambe. Gaspard se précipite sur elle pour la bâillonner de sa main large. Elle ouvre ses yeux en grands, il la serre contre lui, elle veut se débattre, mais il atténue la prise et la garde dans ses bras protecteurs. Leurs yeux se croisent, leurs souffles augmentent. On vient de capturer le fauve.


Le stade Lattre de Tassigny

Les T-shirts des joueurs s’évaporent en des nuages de condensation, la moiteur enrobe les épaules larges des gallois. On aperçoit leurs muscles ronds et chauds à travers le tissu. C’est excitant, j’en trépigne, ça me donne envie de danser, de danser comme à Collonge La Rouge, où petite, je m’amusais à tourner autour de la grande table de la salle à manger.

Le stade est en délire, c’est des explosions de joies qui éclatent à gauche, à droite comme les petits cris de plaisirs que j’entendais dans les vestiaires du stade de Lattre de Tassigny à Aubagne.

Une main s’abat sur mon épaule, c’est Walter qui vient de se changer et me propose de faire la tournée des pubs de son Irlande. Je ne vais pas le lâcher celui-là, j’en suis sûre, il alimentera mon imaginaire quand je penserai à Galway.

Semoy, centre logistique

Les flacons défilent sous son nez à toute vitesse, ses yeux suivent de gauche à droite ce mouvement incessant. Les bouteilles de verre dévalent le tapis roulant comme précipitées vers le gouffre du carton, ça débite à une cadence massive. L’image se brouille, un magma opaque se forme. Une sonnerie le sort de sa léthargie. Romuald se lève et lasse sa place à la relève.

Il se frotte les parties sacrées à la base de la moelle épinière. Son dos le lance. Il grimace légèrement et se dirige vers le vestiaire. Dure journée, il enlève sa blouse, sa charlotte de travail, ses chaussures de sécurité et enferme le tout précieusement dans son casier.

Romuald ferme la porte en tôle avec satisfaction. Cette clé qui tourne dans la serrure est comme une délivrance, c’est une journée qui se termine, ou plutôt qui commence, car il est 13H. Il débauche de ses 8H de travail. Il aime être du matin, ça lui laisse tout l’après-midi pour son activité préférée.

Il quitte Semoy dans son automobile, et parcourt les départementales à travers la Beauce, ces grandes plaines infinies le réconfortent, c’est plat, net, on y voit à des kilomètres et seuls quelques arbres par-ci par-là permettent de juger de la distance. Une odeur acide et forte lui remplit les narines, il ouvre la fenêtre pour mieux sentir encore les effluves de la sucrerie à betteraves qu’il vient de dépasser. Il arrive enfin à Romorantin, il avance doucement dans ce patelin qu’il connait par cœur. Il prend à gauche le sentier terreux qui le mène tout droit vers son endroit à lui, que lui seul connaît : les bords de l’étang.

Il sort de son véhicule, se dégourdit les jambes, se soulage allègrement les intestins au grand air, sort son équipement de pêcheur et s’installe à son habitude. Il met les cannes sur ses supports, enclenche le détecteur de mouvement, se cale dans son fauteuil en toile et regarde l’eau de l’étang, les roseaux et tout l’horizon dégagé, sa voiture dans son dos. Le paradis sur terre. Après avoir enfilé son saucisson beurre et déglingué son litron il somnole à son aise. Un bip aigu le réveille net. Il saute sur ses pattes et se précipite pour tirer sa canne, mais voilà qu’un individu l’a devancé et se bat contre la carpe de 30 cm à sa place à lui, Romuald. Il est fou, il n’en revient pas. Le gars lui arrache sa prise de la journée. Il le regarde avec furie, le gars se retourne hilare, il a la gueule cassée. Romuald perd une seconde sa raison mais déjà il est assommé et envoyé dans l’eau une pierre accrochée à ses pieds.

L’usurpateur prend ses papiers, sa bagnole et quitte Romorantin pour la route vers la Belgique ; il passe Thionville et le pic de l’église qui regarde d’un œil noir la route des Belges.

 

Sur un air de marche turque

Voici qui l’emporte, le voici qui arpente, toutes les rues, pavées et encombrées de Paris
Avec sa liasse de papier, et toutes ses notes et toutes ses clés.

Le regard heureux, l’air émerveillé, il sillonne et traverse la chaussée.
Pour atteindre le notaire et tous les clercs renommés

Il allonge les bras vers l’avant, il ramène son buste attenant
Il s’affaire voluptueusement, il signe son contrat avec enchantement.

Le cœur léger, les bras délestés, il repart vers sa maison pour entamer une autre chanson.

Le Musicien


Perché sur son pupitre, une main collée à son front, l’autre parcourant le papier à toute vitesse. Il compose de tête, sa plume lance des tâches d’encre noire à chaque passage, on l’entend accrocher le papier, puis se délier, survoler la feuille pour s’abreuver dans l’encrier et reprendre son élan vers le pupitre.

Le visage du compositeur est ravagé et fulminant. Ses yeux se plissent à mesure qu’il écrit puis s’écarquillent d’un coup, réaction vive à l’idée d’une mélodie inspirée.

Tout son corps est sous tension, il la tient sa symphonie, il est sur le point de l’achever. Il délire complètement face à l’aboutissement de son œuvre. Il ferme de deux barres noires la dernière portée, se lève brusquement sous l’extase, se jette sur le piano et joue, joue à s’enivrer, il chante aussi, il la chante sa musique, il la savoure, il l’habite, c’est son être tout entier qui frissonne. Jubilation exutoire, elle courre sur lui, lui provoque des spasmes, une jouissance extrême la prend au ventre, à la gorge. Il écrase ses dernières notes et vibrent de la pointe des pieds jusqu’au crâne ; C’est le paroxysme orgasmique qui l’envahit et l’aplatit au sol, repu de plaisir.

Morceau de Musique


Papillon, papillotes, papilles. Ces paupières veulent s’ouvrir mais une force les retient, douce lutte sur ces yeux, opercules de chaire qui sautillent, mais restent posées, appuyées autant que possible. Le calme commence à t’envelopper de son voile soyeux, tu vois les doigts du pianiste s’activer sur les touches blanches et noires du piano.

La musique s’empare de toi mais l’effet bénéfique est vite parasité par ton environnement, le filet de musique est trop bas, ton oreille capte à peine le chant du piano, la vie alentour s’anime ; Tu n’es pas seule. Ça renifle à droite, ça déglutit à gauche, un stylo gratte le papier, le tapote, l’écorche presque et y laisse ses longues traces noires.

Tu t’agrippes aux notes pour oublier la vie, tu essaies d’entendre mieux. Mais ce n’est pas possible et pourtant l’appareil est derrière ta tête, mais tu comprends maintenant pourquoi les autres bougent, s’agitent, c’est ça ils n’entendent rien, presque rien et te voilà soulager par la fin du morceau. La prochaine fois, penses à tester le matériel.

Le reflet du Miroir

Je ne cèderai pas ! Tu vois cette bouche ? Je vais la distendre au maximum, voilà un beau sourire ! Plein les dents et si j’avais envie d’avoir l’œil qui pétille, le regard sautillant. L’air niais de l’innocence. Après tout, je ne cacherai pas mon air joyeux. Tiens, je vais te donner de la bouche en cul de poule, qui se resserre et forme un espèce d’entonnoir aux extrémités proéminentes. Oh, il est beau mon morceau de chaire à vif, et regarde donc si je souffle dedans, ça siffle ! Magique ! Mon nez se fronce, une vraie trompette, et si je souffle dedans. Ah non, ça ne siffle pas… Je penche la tête en arrière et regarde donc ce cou qui roucoule, ah ah ah ah ah, ma langue claque contre ma gorge, et ça sonne comme le cri d’une mouette. Tu vois c’est bête mais ça défoule et ça refoule et je me laisse aller et c’est ça l’effet de l’inhibition. Le pied…

Miroir Miroir

Tu vas l’effacer ce sourire ! C’est quoi cet air de satisfaction personnelle de petite bourgeoise ? Allez, mets ton sourire à l’envers. Voilà forme un pont avec tes lèvres, force tes muscles des joues vers le bas. Il faut qu’il s’effondre ce sourire. Ah ça fait mal hein ? Elle a disparu ta fossette droite ; et tes rides se creusent, deux fossés de chaque côté du nez, c’est une vraie gouttière, parfaite pour faire couler tes larmes, tu as besoin de renifler, le canal est bien marqué pour dévier tout liquide.

Regarde, tes yeux ne pétillent déjà plus. Tu en as un air renfrogné. On dirait que ton menton tremble, mais oui le voilà qui ondule méchamment. Il y a plein de petits trous et de ridules qui s’y forment, ce que c’est plaisant à observer cette transformation faciale. Il est bas le moral, tu l’as bien enfoncé. Tu peux y aller, pleures, pleures, ton visage vient de vêtir le voile du désespoir.

Brouhaha


Ouiiiiiii ! Tchaka Boum Boum. Ouiiiiii ! Tchaka boum boum. Ce sont des cuivres. C’est pour toi exprès pour te célébrer. Elisa a dégraffé son corsage, elle a pris sa plus belle voix, chaude et suave. Un filet mélodieux teste son chemin entre ceux des musiciens à vent. C’est complètement dépareillé. Ouiii tcha tcha pouh. Ouiii tcha tcha « you said nobody, you said none of you, you said no hurt, no pain ».  Dans un laps de temps, je suis prise dans ce délire faramineux. Ca chante même, ça rit même. Ils sont tous là à s’exhorter, à s’évertuer d’oublier, ne plus être un, former un tout. Exorciser la peur de l’absence, du manque de toi.

L’affolement complet du vide se traduit par la foule, se superposer, s’obstruer l’esprit par des notes, des airs, remplir le vide. C’est étrange, culpabilisant. J’ai des moments de lucidité puis la proximité de ces gens m’enivre, corps amis qui se pressent les uns contre les autres pour se donner l’impression de la chaleur alors que la tête est froide. Je ne veux pas que ça s’arrête, il faut continuer à bouger, combler l’absent en le fêtant. Tu es là, je le sens, je te sens près de moi, ce souffle chaud dans le cou, si seulement c’était toi. Je me retourne et dans une fraction de seconde, c’est toi.

Poème de l'Angelot

Ton âme est celle d’un angelot, ton âme esta bellissimo
Ton corps s’élève, immortalité de ta grâce, tu es si calme

Je vois dans tes yeux, cette candeur, cette pudeur,
Religieuse beauté enfouie dans un corps banal, étanche
Ne baisse pas tes paupières, n’éteins pas l’abreuvoir
Dans lequel je succombe, j’ai besoin de le voir, lui
Celui que tu caches. Donnes-moi encore de son image subliminale


Attends un peu, ton regard se tourne vers le ciel
Ton profil se penche vers le haut, je ne capte plus tes yeux
Tu es aimanté par l’appel du divin

Tes épaules s’apaisent, elles se détendent gentiment
Et derrière toi, se produit le merveilleux
Et derrière toi se déploie léger et puissant
L’agrément qu’on donne aux anges
 
J’ai une drôle de douleur dans le ventre, une sorte de nœud
Qui tire à l’intérieur, qui tire sur mes yeux
Qui fait jaillir mes larmes
Mon cœur s’accélère à mesure que tu pars

Je n’ai plus d’emprise sur ton âme,
La mort ne m’a laissé que ton corps vide,
Vide de toi, j’ai mal

lundi 7 avril 2014

Juliette est devenue femme (7)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : U N  B A L L E T   A   L ' O P E R A,    ROMEO ET JULIETTE
Titre : Juliette est devenue femme. 



A la proposition je me suis dit : « quelle est cette secte étrange », puis j’ai ressenti le bien être d’être ensemble, en petit comité, à l’extérieur,  boostée par la volonté collective de participer. J’étais enthousiaste de faire un exercice délirant. Nous étions cachés derrière les buissons, surveillés par les arbres et protégés par les ondes positives des poissons rouges. Cette atmosphère naturelle en début de printemps était ni trop chaude, ni trop froide. Aussi, je me sentais étriquée dans mon pantalon, trop couverte en cette saison de transition vers l’été. La chorégraphie m’a provoqué une joie, une sorte d’ouverture corporelle aussi. Complices avec ce que l’on a vécu de commun la veille, je me suis transportée par la mémoire à l’opéra, et je revoyais ce ballet dépoussiérant avec Juliette qui ne savait pas mourir avec grâce.  C’est un coup de barre qui me gagna au final, une fatigue. J’eu envie d’un Monchéri.
----------------------

CHOUETTE ! ON M’A DONNÉ LE PREMIER RÔLE. JE NE SAIS PAS POURQUOI, MAIS SAMEDI 5 AVRIL 2014, JE SERAI JULIETTE SUR LA SOMPTUEUSE SCENE DE L’OPERA DE MARSEILLE. PEUT ÊTRE PARCE QUE JE SUIS BLONDE, JEUNE, FRÊLE, ET SURTOUT DOUÉE POUR LA DANSE DU TUTU.

CA Y EST, ON Y EST, IL EST 19H55. JE REGARDE EN CACHETTE PAR LA RAIE DU RIDEAU L’ÉTAT DE LA SALLE. PRESQUES TOUS LES SIEGES SONT COMPLETS, IL RESTE QUELQUES PLACES LA HAUT DANS LE POULAILLER. UN GROUPE DE 5 PERSONNES TENTENT DE S’INSTALLER AU PREMIER RANG, ALORS QU’IL Y A DES MAMIES DEJA ASSISES. ILS NE VONT PAS SE BAGARRER TOUT DE MÊME. AH TROP TARD, ILS ONT ÉTEINT LES LUMIÈRES, JE NE VERRAI PAS LA SUITE DES EVÊNEMENTS.

CA Y EST, LA DANSE DES CHEVALIERS RETENTIT, C’EST À MOI. COMME JE SUIS FIERE DE SAUTILLER SUR LES ORTEILS AVEC MON TUTU ROSE DRAGÉE DANS CE DÉCOR MAJESTUEUX.  L’O-PE-RA DE MARSEILLE, J’AI ENCORE DU MAL À Y CROIRE.

VOILA LE MOMENT QUE JE PRÉFÈRE DANS CETTE CHORÉGRAPHIE. HUMM, LE BAISE MAIN D’EMMANUEL. IL ME RENIFLE LE BRAS, ME SERRE LA TAILLE, ME SOUFFLE DANS LE COU. IL EST TRÈS TACTILE EMMANUEL. VU SON PARCOURS ARTISTIQUE, CELA NE M’ÉTONNE PAS. IL PARAÎT QUE DANS LES ANNÉES 70-80, IL ÉTAIT COMÉDIEN DANS DES FILMS ÉROTIQUES. EMMANUEL NE DANSE PAS, IL A 60 ANS, IL A LE CRANE RASÉ. IL A ÉTÉ SÉLECTIONNÉ AU CASTING EN RAISON DE SA FORTE PRÉSENCE SUR SCÈNE, POUR SES MIMIQUES THÉATRALES TRÈS EXPRESSIVES. MOI, J’AIME BIEN QUAND IL EST PRÉSENT.  TIENS, D’AILLEURS, A QUAND UN BALLET INTERPRETANT LES LIAISONS DANGEREUSES. IL FAUDRAIT QUE JE FASSE LA PROPOSITION.

ET PUIS, J’EN AI MARRE DU TULLE ROSE LAYETTE. JE SUIS UNE FEMME MAINTENANT, LE ROUGE ET LE NOIR EST PLUS SEXY, LA SOIE ET LE SATIN PLUS SENSUELS.


Roméo et Juliette à l’Opéra de Marseille







La fée Caducine et Froufrou la fourmi.(6) A FINIR



ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : L E   C O N T E
Titre : La fée Caducine et Froufrou la fourmi.


 A FINIR DE RECOPIER



Quand deux îliens se rencontrent. (4)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : D E S   L I E U X
Titre : Quand deux îliens se rencontrent.



Sully a 20 ans, c’est un dyonisien de pure souche. Il n’a jamais quitté son île, sauf pour les vacances vers l’île Maurice. Il est étudiant. Grâce à la politique du conseil général de la Réunion, il a obtenu une bourse pour poursuivre ses études en métropole. C’est à la fac de Lille qu’il commencera en octobre prochain sa licence de sociologie.

Il est très heureux de s’ouvrir vers d’autres horizons, pour lui la France, c’est comme les States, c’est grand et plein d’opportunités.
C’était le 4 octobre à 16H30, qu’il a atterri à l’aéroport de Lille-Lesquin. Le ciel était gris et bas, les rayons du soleil ne perçaient pas le manteau nuageux. Il faisait déjà sombre à cette heure. Au bout d’une semaine, il s’était déjà fait beaucoup d’amis, pourtant sa famille lui manquait, ainsi que la lumière, la chaleur, et l’odeur des fruits aussi. « Et dire que c’est l’époque des litchis et des mangues chez moi, sur mon caillou en plein milieu de l’océan indien. ». Ici, sa chambre universitaire sentait  autrement, car son colocataire Grégory le chtimi, étudiant en biologie élevait des souris blanches dans la piaule.

Le programme scolaire prévoyait un stage pour novembre.  C’est sans hésitation qu’il choisit de le faire dans une institution insulaire. Il atterrit a l’aéroport Compo Dell’oro d’Ajaccio. Une destination qui valut le détour, car labas il rencontra Vanina qui travaillait sur le site aéroportuaire. Son stage insulaire fut agrémenté de nombreuses visites touristiques entre montagnes et mer en charmante compagnie. De la plage d’argent jusqu’au monté d’oro, en passant par les calanques de Piana, la rivière Restonica et les pics de Bavella, il a bien profité de ce qu’offrait l’île de beauté. 

Son étude sociologique portait sur la relation fille/garçon Corses à l’âge de l’adolescence. Vanina tenu à l’accompagner pour le soutenir pour sa première conférence qui eu lieu à l’hôtel Balladins, rue d’Athenes à Marseille. Il eu beaucoup de monde pour sa conférence, car Carole, de son pseudo Volcanzen avait organisé une sortie OVS à l’occasion de cet événement.

Marseille, ville multiculturelle, bordée par la mer a bien des points communs avec la Réunion. Pourtant, Sully, loin de son île passion, se sent comme un immigré, tout comme Vanina d’ailleurs. C’est sur ce sentiment commun d’îliens échoués sur un continent qu’ils nouèrent des liens et battirent leur union.

---------

Tous les matins, j’attends le facteur. Vu le nombre de demande d’emploi que j’ai envoyées, il y a bien une entreprise qui va me répondre.
Enfin, ce matin un courrier. Quoi ? Sénas, ou est-ce ? un centre logistique d’entreprise où le travail à la chaine s’enchaine ?! Né-ga-tif ! je n’irai pas à Sénas pour m’abrutir M. Taylor ! m’enchainer et m’aliéner , jamais. Moi, je vis à Marseille, j’y suis né et J’y reste. Na !
Tiens ? qui m’a écrit en MP sur mon facebook ? Ah Alix. Génial, elle me propose une randonnée sur les montagnes enneigées apaisantes, Yes ! à moi les descentes de ski à toute allure.
Sa vie est celle que l’on se choisit. 

Dans la chambre d'une petite fille (3)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème :  L A   M A R C H E   T U R Q U E    D E   M O Z A R D
Titre : Dans la chambre d'une petite fille.


Cette musique pure m’a tout d’abord donné une émotion forte, et ma reliée à mon enfance. Puis un sentiment de sérénité et d’apaisement m’a envahie. Dans mon imagination, je me suis propulsée dans ma chambre de petite fille, à une époque où j’avais 12 ans environ. Je revis ma grande chambre, dans ces maisons minières du Nord de la France. Elle était carrelée avec de grandes fenêtres, je savais que j’avais de la chance d’avoir ma chambre à moi toute seule.
Au centre il y avait cette table ronde où je posais tous mes sujets d’observation que j’avais kidnappés dans leur milieu naturel, tous ces insectes que je tenais captifs dans des bocaux ou des cages. Dans la grande cage blanche construite par mon père, il y avait les araignées à croix qui me donnaient des frissons avec leurs horribles pattes, elles me fascinaient. Elles n’étaient pas seules, elles avaient pour colocataires des bourdons bruyants qui parfois me réveillaient la nuit. Sur l’appui de fenêtre, une âme encore chrysalide avait le privilège de pouvoir rester libre, c’était le cocon du papillon. Celui là, il ne pouvait pas s’enfuir de mes griffes. Mais il faut se méfier de ceux qui paraissent inertes et tranquilles.  J’ai reçu une leçon de la nature quand j’ai aperçu un matin le cocon vide. J’ai cherché la bête partout, mais elle n’était pas très loin, juste au dessus dans les ondulations du voilage. Elle était si à l’étroit que ses ailes n’ont pas pu se déployer dans toute leur envergure. Elles ont séché et sont restées rabougries. Pauvre petit papillon chiffonné. L’enfant est cruel dans ses expériences, curieux, aux milles et unes idées. Est-il nécessaire d’expérimenter son environnement pour grandir ?

--------------
La petite fille était concentrée. Avec ses petits doigts méticuleux, elle étirait les ailes du papillon pour les remettre en place. Sa dextérité  était impressionnante. Les yeux fixes, plongée dans sa manipulation délicate, elle restait concentrée, en apnée afin que son souffle ne gène pas l’opération.
Elle sursauta quand sa mère apparue derrière elle. « Poupoune, ça fait une heure que je t’appelle, ton plat va refroidir ». C’est avec arrachement que l’enfant s’extirpa de sa tâche pour rejoindre le monde bruyant de sa fratrie afin de partager le repas familial.
Sans même prendre son dessert, elle accourra hâtivement vers sa chambre pour continuer sa mission de la plus haute importance.
Inquiète, elle ne vit pas son petit protégé. Son personnage en convalescence n’était plus là. Seul Minouche se trouvait sur le lit avec deux pattes "insectoïdes" dépassant de son museau.

----------------------

Mon gros poilu de chat, gros matou gourmand,
Je vais te tirer les moustaches,
Qu’as-tu fait à mon papillon ?
Viens vers moi de suite, attends que je t’attrape,
Je vais te prendre par la queue, te souffler dans les oreilles
Pourquoi as-tu fait çà ? c’était mon protégé.
Maintenant il n’est plus là, Je ne pourrai plus le soigner
Mon gros matou de chat , Mon chat chéri tout doux
Tu resteras mon chouchou, Personne ne te remplacera.

Science sans conscience. (2)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : A   P A R T I R   D ' U N E   I M A G E
Titre : science sans conscience



C’était le lundi 3 octobre 1904 que j’avais rendez-vous avec mon confrère, le docteur Charcot. Ce fameux lundi. C’est pourtant un confrère que j’admire par son professionnalisme, son humanisme, sa technicité et sa pertinence dans ses découvertes médicales. Nous voulions réaliser une recherche sur la mort subite du nourrisson.
En entrant dans sa salle d’expérimentation, une forte odeur de putréfaction mélangée à du formol me pénétra les narines. Je me souviens bien de cette première impression.
Son état était inhabituel, il ne semblait plus être l’homme dynamique, enthousiaste et bavard. Je l’avais trouvé changé. Il m’a semblé inquiet, pensif et mystérieux.
Sans même lui demander si il y avait un problème, il m’annonça de façon directe et froide, qu’il  ne souhaitait plus poursuivre ses recherches et abandonner ce métier.
C’est bien plus tard que j’ai appris le décès de son dernier fils, suite à une erreur médicale.

-------------

Je suis déçue de n’avoir pu réaliser cette recherche avec ce grand médecin renommé.
J’attendais tellement de cette rencontre, vraiment j’étais fière de pouvoir unir mes connaissances aux siennes pour faire avancer la médecine.
« Déçue » est un faible mot. Quand j’ai appris la vérité par la confrérie internationale des carabins sans frontière, c’est un sentiment de dégoût qui m’habite au plus profond de moi et qui ne me quitte plus. Je me sens manipulée. Je suis surtout vexée de ne m’être doutée de rien.
Je cherche dans mes souvenirs comment j’aurais pu comprendre que ses expérimentations étaient faites sur des sujets sains.

«Le Tubage », 1904 de Georges Chicotot. Huile sur toile.



-----------
Edgar Degas « Portraits à la Bourse » 1877. Huile sur toile.


Dame nature n'épargne personne.(1)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème :  D E S   T R A C E S   D A N S   L A   N E I G E
Titre : Dame Nature n'épargne personne


Il est mort, oui, il est mort. En fait, c’est durant une sortie de chasse, qu’il s’est fait piéger par une avalanche. Nous avons tout fait pour le retrouver. Nous avons observé les traces de son passage, mais au niveau du refuge ensevelit, plus rien, plus de marque de pas. Malgré nos efforts, nous ne l’avons pas vu. Oui, justement, il reste une part de mystère, nous n’avons pas découvert son corps. Comment faire le deuil et gagner la sérénité sans la vision du défunt ? On attend avec impatience la fonte des neiges.
----------------
La vie est un mystère. Je me demande pourquoi faire tant d’effort pour comprendre ? Quand l’homme de chasse à l’affut de sa proie déjà sanguinolente croise sur son passage l’homme bouddhiste sur le chemin de la sérénité……Oui mais….. quand dame nature déclenche l’avalanche, elle n’épargne personne quelque soit l’homme.
-----------------
Délions nos neurones. Faisons sauter les barrières. Cessons d’être exigeants. Laissons nous pénétrer par le thème. Ecrivons librement ce que nous rêvons, pensons, ressentons. Laissons place à la créativité.

Un hasard si peu hasardeux.(5)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : A U   Z O O
Titre : Un hasard si peu hasardeux.



Carole : Ah Docteur Mehdi, bonjour ! Quelle coïncidence, quel pure hasard de se retrouver enfermés ensemble dans ce petit espace tout étroit.

Mehdi : On se connaît ?

Carole : Oui, je suis une patiente à vous, vous m’avez opérée d’une résection apicale.

Laurence : Ah, c’est ton fameux dentiste dont tu m’as parlé ? Je pensais que tu l’avais oublié celui là LOL. Tu connais tout sur lui, je suis sûre que tu savais qu’il venait au zoo aujourd’hui.

Carole : rougissante et bagayante. Ah nonnnn pas du tout.

Carole à Mehdi : Bon alors, comment allez-vous depuis. Vous n’êtes pas venu avec votre compagne et vos enfants ?

Mehdi : Non, je n’étais pas en « mode papa » aujourd’hui. C’est mon ex qui les garde.

Carole a du mal à cacher son contentement.

Laurence : Mais le félin qui s’est sauvé de sa cage, ça ne serait pas Chouchou, ton tigre adoptif que tu as fait venir d’Irlande ?

Carole : Ah non non, il lui ressemble, mais ce n’est pas lui.

Le tigre s’approche de la cage à proximité de Carole, et ronronne au son de sa voix. Il s’allonge tranquillement et la regarde.

Mehdi : Vous ne semblez pas très effrayée par cet animal sauvage. Peut-être, pouvez-vous le ramener dans son enclos ?

Carole : je connais bien les fauves, et là, il est encore très nerveux. Je vous conseille de patienter encore dans la cage. Alors Mehdi, je vous sens stressé. Je vous propose un petit massage thérapeutique pour vous détendre. Je vous dois bien cela.

Mehdi ouvre grand les yeux, étincelants et questionneurs.

Carole : Ils sont biens vos cheveux. Vous ne voulez pas que je vous masse le cuir chevelu ?

Mehdi : heuu euuu…

Carole : sans attendre sa réponse, elle s’approprie sa tête. Sous l’emprise de ses doigts, l’esprit de Mehdi s’est épris.
Depuis l’extérieur, Chouchou le tigre regarde la scène, avec envie et jalousie.

Laurence : c’est fini ton cinéma là ! parce que il y a la police et les journalistes qui débarquent.

Un photographe professionnel a bien su fixer la situation peu ordinaire. Son cliché est très réussi. Il fera le buzz sur internet.