ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : A P A R T I R D ' U N E I M A G E
Titre : science sans conscience
Titre : science sans conscience
C’était le lundi 3 octobre 1904 que j’avais rendez-vous avec mon confrère, le docteur Charcot. Ce fameux lundi. C’est pourtant un confrère que j’admire par son professionnalisme, son humanisme, sa technicité et sa pertinence dans ses découvertes médicales. Nous voulions réaliser une recherche sur la mort subite du nourrisson.
En entrant dans sa salle d’expérimentation, une forte odeur de putréfaction mélangée à du formol me pénétra les narines. Je me souviens bien de cette première impression.
Son état était inhabituel, il ne semblait plus être l’homme dynamique, enthousiaste et bavard. Je l’avais trouvé changé. Il m’a semblé inquiet, pensif et mystérieux.
Sans même lui demander si il y avait un problème, il m’annonça de façon directe et froide, qu’il ne souhaitait plus poursuivre ses recherches et abandonner ce métier.
C’est bien plus tard que j’ai appris le décès de son dernier fils, suite à une erreur médicale.
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Je suis déçue de n’avoir pu réaliser cette recherche avec ce grand médecin renommé.
J’attendais tellement de cette rencontre, vraiment j’étais fière de pouvoir unir mes connaissances aux siennes pour faire avancer la médecine.
« Déçue » est un faible mot. Quand j’ai appris la vérité par la confrérie internationale des carabins sans frontière, c’est un sentiment de dégoût qui m’habite au plus profond de moi et qui ne me quitte plus. Je me sens manipulée. Je suis surtout vexée de ne m’être doutée de rien.
Je cherche dans mes souvenirs comment j’aurais pu comprendre que ses expérimentations étaient faites sur des sujets sains.
«Le Tubage », 1904 de Georges
Chicotot. Huile sur toile.
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Edgar Degas « Portraits à la
Bourse » 1877. Huile sur toile.