Gaspard : « Tu voulais que je le laisse
entrer, lui et toute sa marmaille ? C’est minuscule ici, je ne prends pas
le risque, ni d’étouffer, ni de me faire repérer par le fauve ».
Rebecca, la plus jeune, pleurniche de son côté, sa petite
tête va éclater : « Maman, qu’est-ce que je fais
là ? Où tu es, toi? Maman…». Gaspard cherche le regard d’Anaïs
qu’elle fuit autant que possible. L’air se fait rare, les pleurs sourds de
Rebecca en fond sonore.
Gaspard lâche : « Oh et puis merde ! »
et marmonne « C’est quoi c’t’affaire ! Je finissais ma journée
tranquillement ».
Anaïs pense fortement : « journée de
fonctionnaire, pour un plombier municipal, il y en a qu’on la belle vie. »
Gaspard lit sur son visage comme dans un livre et remarque alors
: « elle est pas mal la demoiselle là », il s’adresse à
elle : « vous avez pris votre demi-journée pour visiter le
zoo ?».
Anaïs étonnée : « En quoi ça vous regarde ? »
Gaspard : « Faut bien entamer la discussion,
non ? »Anaïs cédant : « Et bien oui, je m’intéresse aux animaux figurez-vous ! », Intérieurement elle se dit : « s’il savait que j’ai donné un rendez-vous à côté de la cage aux lions à un inconnu sur internet ».
Anaïs regarde Gaspard différemment, elle le passe en
revue : « Il est grand, fort, cheveux propre, la tenue soignée, son
langage laisse à désirer mais il me plairait presque ».
Gaspard, la toise à son tour : « C’est un
beau petit bout de femme, je la mettrai bien dans mon lit celle-là ». La sirène retentit de nouveau, les rugissements du fauve en fuite se font entendre, Anaïs se met à crier, quand une araignée lui passe sur la jambe. Gaspard se précipite sur elle pour la bâillonner de sa main large. Elle ouvre ses yeux en grands, il la serre contre lui, elle veut se débattre, mais il atténue la prise et la garde dans ses bras protecteurs. Leurs yeux se croisent, leurs souffles augmentent. On vient de capturer le fauve.