Papillon, papillotes, papilles. Ces paupières veulent
s’ouvrir mais une force les retient, douce lutte sur ces yeux, opercules de
chaire qui sautillent, mais restent posées, appuyées autant que possible. Le
calme commence à t’envelopper de son voile soyeux, tu vois les doigts du
pianiste s’activer sur les touches blanches et noires du piano.
La musique s’empare de toi mais l’effet bénéfique est vite
parasité par ton environnement, le filet de musique est trop bas, ton oreille
capte à peine le chant du piano, la vie alentour s’anime ; Tu n’es pas
seule. Ça renifle à droite, ça déglutit à gauche, un stylo gratte le papier, le
tapote, l’écorche presque et y laisse ses longues traces noires.
Tu t’agrippes aux notes pour oublier la vie, tu essaies
d’entendre mieux. Mais ce n’est pas possible et pourtant l’appareil est derrière
ta tête, mais tu comprends maintenant pourquoi les autres bougent, s’agitent,
c’est ça ils n’entendent rien, presque rien et te voilà soulager par la fin du
morceau. La prochaine fois, penses à tester le matériel.