samedi 11 octobre 2014

Ephéméride sur l’air de Prokofiev


Venus est dans votre Maison, fini la morte saison

Bientôt vous ne verrez plus que des courbes exquises et rouges expressions.

Venus est dans votre Maison.

Pauvres petits poissons vous n’en finissez plus de frétiller. Mais attention Venus est dans votre Maison.

Un regard de plus à Carole, et elle te passe à la casserole.

Bouillabaisse à tous les étages. Et dans ton lit, gare aux sushis ; aux sushis, aux sushis.

Vénus est dans votre Maison, il faut bien qu’un jour ou l’autre vous vous preniez par les nageoires ; Plus une écaille, pané, carré, elle vous a transformés.

La douche

Allez vite, une petite douche rapide et je retourne au boulot. Sans rideau de douche, je vais mettre de l’eau partout ! Tant pis, j’ai pas le choix, je suis déjà en retard. Ca fait du bien cette eau chaude. Et il sent bon ce gel douche 'Grenade et Dragon Fruit', ils ne peuvent pas écrire ‘’fruits de dragon’’ ces demeurés ? Allez, je vais me mettre un peu de ça aussi : ‘l’eau du bonheur’. Ca va me rendre la peau douce. Ah !!! Bordel de bordel ! Ca brûle ce truc ! J’avais oublié que je m’étais fait une entaille dans le doigt. Les 78° d’alcool dans ce truc viennent de me le rappeler ! Pourquoi ont-ils appelé ça ‘l’eau du bonheur’ ? Alors qu’il est évident que ce flacon contient un extrait d’alcool des enfers aromatisé au venin de serpent !

La bouillotte


F : Ca va ? Tu n’as pas trop chaud ?

H : Ne m’en parles pas, ta couette est super épaisse, je crève de chaud

F : C’est vrai !? C’est fou car moi, j’ai un peu froid

Elle colle ses pieds glacés sur la jambe poilue à côté d’elle.

H : Effectivement, t’es gelée ma pauvre ! Tu veux que je te fasse une bouillotte ?

F : Non, ça va, je suis bien comme ça, c’est gentil

H : Je vais quand même te faire cette bouillotte, car là, je sens que je vais bientôt perdre l’usage de ma jambe. T’est tellement froide que je ne sens presque plus mes orteils !

F : A ce point ! Tu veux que je change de jambe ?

H : Parce que tu penses que je tiens à perdre aussi l’autre jambe ? ? Non, ce qu’il faut c’est te réchauffer. Te réchauffer vraiment, quand tu auras chaud, tes pieds seront chauds eux aussi.

F : OK, tu propose quoi ?

L’homme se tourne vers la femme et souffle un air chaud au creux de sa nuque, passant sa langue sur le contour de l’oreille, sa main glissant le long de la cuisse de la femme jusqu’à sa culotte.

F : Ah oui, tu veux qu’on baise !

H : hein !

F : Alors j’ai froid donc on baise, j’hallucine ! 

H : Tu fais quoi ?

F : je vais me faire une bouillotte, faut tout faire soi-même ici !

 

 

 

Poisson balance vierge s’agitèrent tôt rot quand serrent

Il était tôt, aux alentours de huit heures du matin et Emma, la jeune servante de Saint Ambroise, serpentait déjà entre les commerçants de ces quartiers marchands des rues de l’île de la cité à Lutèce. Alors que ces messieurs s’agitèrent soudain autour des poissonniers, Emma fut bousculée et manqua de tomber. Elle s’approcha comme elle put pour voir ce qui déclenchait cette hystérie. Elle distinguait à peine la balance du commerçant qui y chargeait ses poids. Quand soudain, alors qu’elle allait pouvoir enfin voir quel poisson pouvait autant déchaîner les passions; un homme pris Emma par le bras : « alors ma jolie, comment une petite pucelle comme toi vient traîner par ici ? » L’homme avait plaqué Emma contre lui et lui parlait à voix basse le visage près du sien. Emma sentait que cet indélicat matinal était soit encore éméché de la veille, soit déjà bien entamé pour la journée. Alors qu’il s’approchait davantage pour lui voler un baiser. Emma lâcha un rot tonitruant. Même le bourdon de Notre Dame était vaincu. L’homme se recula mécaniquement les yeux écarquillés et la moue dégoûtée. Emma, ainsi libérée, était déjà loin, quand elle lança à l’homme hébété : « Et je ne suis pas vierge, espèce de vieille soupière ! Si tes noix ne te servent à rien. Rends-les !».

Un matin pluvieux

#Dans le bocal, les poissons s’agitèrent, le temps avait tourné à l’orage et il commençait à pleuvoir à grandes eaux. Tôt ce matin, j’avais senti l’odeur humide qui précède la pluie. J’avais laissé claquer un rot sonore de ma gorge encore vierge de nourriture. J’enfilais mes bottes en caoutchouc qui me serrent si bien les mollets et je m’apprêtais à partir, quand tonnèrent les premiers éclairs. Je restais là, sur le pallier à peser dans la balance le pour ou le contre d’une sortie arrosée ou d’une journée à jeûner.#

Ephéméride sur l'air de la Danse des Chevaliers de Prokofiev


#Venus vous couvre de son aura bienfaitrice, vous allez faire une rencontre décisive.

Ne la manquez pas, ouvrez-lui les bras. Soyez attentif aux coups de foudre furtif.

Côté santé. Vous risquez d’être fragilisé. Attention aux courants d’air, aux coups de froid pervers

Couvrez-vous la nuque, sortez les mitaines. Sus au rhumes, faites-lui la culbute !

Une nouvelle : vous allez rencontrer un être cher, perdu de vue depuis des années lumières.

Il vous apportera, bonheur et joie.

Pour le reste, la famille, les amis, rien à venir.#

Faits & Gestes


#Je monte l’échelle à tâtons dans le noir. Je connais bien cette échelle, les barreaux qui grincent, ceux qui sont branlants, ceux qui sont solides et sur lesquels je peux faire des petits sauts pour tester la stabilité de mon installation. Une fois en haut, je tire le câble noir, qui s’est enroulé lorsque l’autre imbécile à envoyer un projectile contre l’ampli. Je démêle cette affaire noueuse et réaménage son circuit. Je le fais passer sous la barre, sur la barre, sous la barre, sur la barre, on dirait un serpent qui se dandine le long d’une branche. J’ajuste ma lampe frontale, car décidément, on ne voit rien du tout, plafond noir, câble noir, boîtes noires et tous ces projecteurs encore chauds du spectacle de ce soir.#

Dans le bain d'Alix

#Ça glisse, c’est lisse et dur à la fois. Je préfère la céramique au plastique, mais dans ma salle de bains, je suis déjà aux anges d’avoir un bain plutôt qu’une douche. J’aime faire mousser mon gel douche Grenade Dragon de chez Monoprix. Ça rend l’eau rose et ça sent les îles. Je peux me prélasser des heures, d’autant plus que je dois laisser reposer mon masque Dove pour nourrir mes cheveux. Je les ai plaqués contre mon cuir chevelu, une couche opaque et blanche qui me maintient la tête, c’est chaud. Je regarde de temps en temps à travers les carreaux qui me séparent de la cuisine. Je m’imagine qu’il y a quelqu’un qui pourrait me voir. Je me lève même pour observer à travers le verre déformant. La mousse descend sur la pente de mon dos. Je vois ma cuisine en tout petit. C’est fou comme on voit bien. J’aime bien mon intérieur rouge, avec coussins blancs à pois noirs. Je m’aperçois alors que si c’est si net pour moi, ça pourrait être aussi net de l’autre côté. Il faut absolument que je choisisse bien mon colocataire. Assez rêvassé ! Je prends mon pommeau de douche pour faire fondre la mousse, je demanderai à mon futur coloc de réparer ce fichu tuyau de douche qui s’est cassé.#

Dans la chambre d'Alix


#Allongée sur le ventre, les jambes relevées en arrière que je croise et décroise, je suis en train de lire un livre. Je jette quelques coups d’œil sur ma pendule à paillettes rose fushia. Il est en retard comme d’habitude. J’ai mis ma plus belle lingerie. Un bustier rose et noir à dentelles, qui serre ma poitrine et forme ce petit chemin rectiligne qu’il aime tant respirer. J’ai mis mon tanga noir et mes porte-jarretelles assortis, sans collant cette fois-ci. Il avait râlé la dernière fois car il n’avait pas accès à la douceur de ma peau. J’aime bien ses compliments, ça me donne une confiance en moi fulgurante. Je replonge dans mon livre, quand j’entends le verrou s’actionner. C’est lui ? Je me retourne, m’assied dans une position de pin-up. J’ai le cœur qui s’accélère. J’attends avec impatience qu’il franchisse la porte. Qu’est-ce qu’’il fait ? Je l’entends s’affairer dans la cuisine, prendre un verre et se servir à boire. Il exagère quand même. Je l’appelle timidement : »Bertrand ?». Il ne m’entend pas bien sûr. Le voilà qu’il mange maintenant, je l’entends qu’il coupe quelque chose sur la planche en bois. Je le rappelle un peu plus fort. Sans réponse. Je prends mon livre et le jette de fureur contre la porte. Ça fait un boucan. La porte s’ouvre alors brusquement, il est là avec son couteau à la main ; l’orange en céramique. Je lui ai fait peur et il m’a prise pour un voleur. Ses yeux sont menaçants, ses sourcils froncés, sa bouche tordue. Oups, j’ai réveillé l’homme violent qu’il incube en lui depuis des années. Il saute sur le lit pour me maîtriser complètement. A califourchon sur moi, son visage contre le mien. Sa main levée est prête à asséner le coup de grâce. Il plante son couteau en même temps qu’il m’embrasse à me mordre les lèvres, à m’arracher la langue. Je succombe et me laisse faire.#

jeudi 10 juillet 2014

Norris ou L'Enfant Roi (conte pour enfants)

            Il était une fois dans une chaumière au milieu de la forêt Dodeline, un petit garçon, très sage, très beau. Il s’appelait Norris et il était élevé par un druide. Tous les deux vivaient isolés de tout le monde. Le druide cueillait les fruits et les fleurs de la nature pour nourrir l’enfant. La forêt Dodeline était riche et généreuse. Elle faisait naître des potirons, des asperges, des champignons de toutes parts. Elle se laissait nettoyer par les écureuils, qui la soulageaient de ses pommes de pins, de ses noisettes et de ses glands. Elle se laissait recouvrir l’hiver par la douce mousse qui lui confectionnait un manteau sur mesure. Les lierres l’agrémentaient de colliers de feuilles. Et l’été pouvaient s’y accrocher le jasmin, le lilas, et toutes les fleurs aux milles senteurs. Il y faisait bon vivre dans la forêt Dodeline.

Un jour, le soleil se mit à taper sur la chaumière. Le druide sortit dehors voir ce que lui voulait le soleil. C’était bien la première fois que le soleil passait par là. Que fut sa surprise de voir au-dessus de sa chaumière un trou immense. Les arbres qui la protégeaient n’étaient plus que des branches mortes et nues, sans une seule feuille dessus. Le druide salua le soleil et lui demanda ce qu’il faisait là. Le soleil était désemparé : « Je ne fais que brûler sans cesse, il n’y a plus de nuages pour me faire un lit de coton douillet. Je ne peux plus me reposer ». Le druide constata effectivement que tous les nuages avaient disparu. Il se rendit compte que la forêt s’était desséchée. Il ne restait qu’une pelure de tapis de feuilles mortes au sol. Quelque chose de grave se passait. 

Le druide qui était un très vieil homme retourna dans son logis et alla voir le jeune garçon : «Norris, je suis trop vieux aujourd’hui pour sauver la forêt Dodeline et aider le soleil à refaire la sieste. C’est à toi que je confie cette mission. Il faut que tu quittes la chaumière et que tu trouves l’origine du problème. Tiens, voici une cape d’invisibilité. Attention ! Tu ne pourras l’utiliser qu’une seule fois. Je te donnes aussi une bourse avec un peu d’argent et un miroir, car c’est très important de rester toujours beau et propre ».

 Norris accepta la mission et partit pour la première fois seul dans la forêt. Il laissa son bon druide, il avait le cœur gros mais il fallait faire preuve de courage. Il ne savait pas quelle direction prendre. Il entendit au loin une fanfare et se dirigea vers la musique. Alors qu’il avançait à grands pas de jeune garçon, il entendit un sifflement aigu qui l’arrêta net. Il pivota sur lui-même et chercha d’où venait le sifflement qui recommençait de plus belle ; il s’approcha d’une branche morte par terre, il sursauta quand elle se mit à bouger. C’était un serpent siffleur. Norris lui demanda :
«-     Que se passe-t-il serpent siffleur ? Qu’as-tu à me dire ? 
-          Ce que tu entends c’est la fanfare du Royaume des Emeraudes, elle essaie de faire tomber la pluie, depuis que l’ogre mangeur de nuages est arrivé dans notre contrée. »
-          Un ogre ! répondit Norris avec effroi.
-          Vas à la chapelle à l’orée du bois, tu y trouveras une fiole sous le bénitier, j’y ai mis tout mon venin, ça pourra te servir ».

Norris remercia le serpent et continua sa route. Il passa par la chapelle récupérer la fiole. Il craignait l’ogre mais il avait la vaillance des princes. Il avançait maintenant à découvert, la forêt Dodeline derrière lui et le soleil qui le suivait avec tout l’espoir de pouvoir se reposer enfin.

             Il aperçut le palais du Royaume des Emeraudes au loin et une silhouette noire immense qui attrapait les derniers morceaux de ouate resté dans le ciel. Il s’approcha de l’ogre, qui ne le voyait pas d’abord. Mais arrivé au niveau de ses pieds, l’ogre vit le jeune garçon. Il fut pris de rage en apercevant cet intrus, qui pouvait lui piquer sa bonne barbe à papa, pensa-t-il. Il se pencha pour saisir d’un coup Norris, qui échappa de justesse à la griffe du monstre et mit sa cape d’invisibilité in extremis.

              Invisible, Norris parvint jusqu’à l’orteil de l’ogre, y fit une petite fissure avec son miroir et y versa la fiole de poison. L’ogre hurla de douleur. Le venin fit effet immédiatement et le monstre s’écrasa sur la plaine, sa tête arriva juste au niveau de la forêt. Le soleil se mit à pleurer de bonheur, de voir l’ogre mangeur de nuages anéanti, ce qui revigora la forêt Dodeline, qui reprit un peu de sa vigueur.

Les cavaliers du Royaume des Emeraudes arrivèrent sur les lieux et trouvèrent Norris blessé. La griffe de l’ogre avait entaillé son bras lors de l’attaque. Du sang bleu coulait de son épaule. C’était du sang royal. Une sorcière éconduite lui avait en effet jeté un sort pour qu’il redevienne enfant et l’avait emmené loin pour le faire disparaître à jamais dans la forêt Dodeline.
 
Pour le remercier de sa bravoure, le vieux roi du Royaume des Emeraudes lui remit la main de sa fille : la princesse et Norris put de nouveau régner en roi. Il eut à son tour des enfants qu’il emmena dans la forêt Dodeline ramasser des fruits et des fleurs comme lui avait appris son bon druide.

 

 


vendredi 20 juin 2014

Célébration

Elle foisonne, elle foisonne notre ignorance génétique, et pourtant, dans mon cerveau, je sens bien la galette, la couronne et la fève. Elle est là bien présente, elle est jaune, la pâte est sucrée la couronne me pique la fontanelle, une espèce d’élément étranger se cogne quand je bouge la tête. Je délire et m’effraie mais ça me plaît.
« Arrête le cidre ! C’est la couronne, ma reine, qui te gratouille la fontanelle ! ».
« Je ne bois pas de cidre mais de la Pinacolada rosée, c’est un breuvage délicieux qui transforme mon présent en avenir et mon passé en histoire drôle. »
« Tu en portes d’ailleurs les stigmates. Tes yeux sont vitreux, ta langue est molle et pendante, ta peau est translucide par endroit et rose sur les pommettes. Tes veines bleues sont visibles, on pourrait les suivre du doigt. J’aperçois le trompe-œil de la mort - caractéristique contemporaine. »
Lever les yeux, survivre, courir, respirer, l’alternative judicieuse est un millésime à portée du cœur. Partager, rassembler, imaginer, rend les hommes meilleurs, leur ouvre l’esprit. Seul la vie compte pour survivre dans un monde hostile, bruyant, fracassant, trébuchant et enfin la sérénité et la paix.



Voyage à l'intérieur de soi

-Quand je regarde la mer, je pense à mon père et chaque vague est une rencontre avec lui qui un jour s’arrêtera.
-Tu préfères alors que la mer se déchaîne, animée, mouvante et émouvante. Les lacs sont remplis de défunts oubliés.
-Je ne dis pas non ! Tu sais l’existence d’un poisson clown dans un univers de raies manta fourbes pourrait très bien me pousser à me taper le sommet de l’Himalaya en patin à roulettes, si tu vois ce que je veux dire…
-Tu n’auras pas à monter aussi haut, les fonds marins regorgent de créatures pleines de tentacules amicales et qui te feront découvrir leur sombre univers.
-J’ai toujours rêvé d’explorer mes propres profondeurs, j’ai assez de tentacules pour obscurcir tout l’univers.
-Voyager à l’intérieur de soi ! L’avantage c’est que ça ne coûte rien en frais de transport, et ça ne pollue pas la nature. Tu as de bonnes idées, mais je crains que tu te perdes.
- Je me perds où tu voudras, je me pends quand tu voudras, mais j’apprends à me contrôler et vivre mes expériences sans souffrance, mais avec l’exaltation du torrent. J’avance, je recule, je mange, je déféque, je vis.

-Tu vis merveilleusement et je suis heureux de faire partie des êtres qui ont croisé ton existence et assiste à ta vie ; conte de fée fulgurant, soleil nocturne.

Dithyrambe

-J’ai la ferme intention de t’emmener dans un champ de potirons bleues et là on verra de quel rêve tu te chauffes.
-Tu iras dans ton champ de potirons bleus et tu ne m’y trouveras pas, nous rêverons ensemble à un lieu commun où tous les légumes seront bleus.
-Je flirte avec l’insouciance d’une récolte primaire et attends ton signal pour évacuer ma gêne.
-Tu m’attends donc gentiment que je vienne délivrer ton esprit. Mais n’as-tu jamais deviné à quel point je t’observe et te glorifie ?
-Je ne suis pas un être béni des Dieux, je demande juste à être aimé sans conditions, avec simplicité et sincérité.
-Tu te noies dans ta perdition, à trop vouloir engendrer l’ignorance des gens qui t’ont précédé.
-Mais je les aime moi tous ces êtres imparfaits, cons et futiles, qui m’ont engendré. Je me noie par solidarité. Ma perdition est un hommage à mes ancêtres. Continuons le naufrage !

-Ah ! La loyauté familiale ! L’imperfection est beauté, la perfection si lisse. Sans naufrage, il n’y a pas de sauveur, ni de rescapé ; Alors aime sans conditions, et jette toi avec ton libre arbitre.

Déclaration d'amour vache

-Je voudrais découvrir la lune en plein hiver, les yeux rêveurs, la bouche boudeuse.
-Avec moi tu découvriras la source chaude des grands lacs, et tu déambuleras dans les songes bleus des astres divins.
-Je te suivrai partout où tu iras, des banquises de l’Himalaya aux oasis du Pôle Nord.
-Nous serons tout l’un pour l’autre, l’infini ne nous séparera jamais.
-Enfin, si tu daignes arrêter de tremper ton biscuit ou plutôt ta madeleine molle dans le breuvage infecte de ces mondanités faussement audacieuses que tu nommes atelier de dadaïste où chacun fait tourner son joint vide en en sautant un ou deux au passage…
-Je trouve tes propos très déplacés, je te prie de te ressaisir afin que nous passions une bonne soirée.
-La vérité blesse mais elle permet de comprendre. Ce que je viens de te dire, prends le comme un cadeau.

-Tu ne me blesses pas, tu me lacères les structures psychologiques mais je t’avouerai que mon masochisme potentiel s’en délecte quelque peu et pour cela je me dois de t’en remercier et comme disait Lao Tseu : « Je m’en fous parce que j’ai couché avec ta mère, et c’est pour ça qu’elle me bouda… ». Au contraire… mais on tape, je vais te présenter ton petit frère, … il arrive… Chut !....

Envie d'ailleurs

  -Je rêve de finir mes vacances entre ciel et mer.
-Tu as déjà envisagé de t’éloigner dans une terre aride et caillouteuse ?
-Oui, le désert m’attire, j’y vais dès que possible pour écouter le silence des pierres et ressentir le feu du soleil.
- Car tu sais l’intérêt que je porte au grain de sable depuis que j’ai épousé la cousine germaine d’André Rieu et toute cette compile de merdeux que j’ai enterré dans le bac à sable du voisin qui a préféré aller vivre à Beverly Hills.
-J’aimerais tant vivre ici ou ailleurs, faire mon tour de poitrine, histoire de voir les X se foutre en l’air.
-Tu vivras ici et ailleurs, comme autant de pipe-show scintillant déchirant la nuit par les étoiles de ton désir.
-Je crèverai le ciel jusqu’à ensevelir mon âme et plongerai mon regard bleu turquoise dans un fugace instant.
-Tu as enfin compris que la vie se résume à un regard, un clin d’œil. Ton âme vive ira rejoindre l’onde claire de l’océan des vaincus. Meurs en paix car ton dernier regard est précieux comme un diamant ivre au doigt d’une princesse nubile

Apprivoisement

Toutes les chinoiseries ne sont pas bonnes à une poursuite judiciaire. La loi est au dessus de tout et ne perd jamais son sang froid. Le vampire, lui au contraire garde son sang chaud au contact froid des cous blancs de peur.
Souffle, souffle, la vie s’éteint par manque d’horizon funeste.
Rêve, projette, espère, agis, c’est le secret de la longévité.
Construis, fige, bâtis, c’est le secret de l’immortalité.
Je me projette dans mes rêves, j’agis toujours en dépit du bon sens, je construis sur le sable de mes passions, je ne vis que dans le secret de mes alcôves, je suis temporairement immortel car sans demain n’existe pas dans la tête d’un ivrogne lucide.
Tu sais qu’en ce moment même des milliers de fourmis crèvent de chaleur dans mon jardin secret : ça fait trois mois que j’attends que tu me roules une pelle, j’aimerais tant plus de salives dans tes délires romantico tico par ci, flippo flippo par là….
Je vais te montrer où se cache mon ardeur, tu veux goûter ma salive, tu veux de la bave, du liquide, du visqueux, viens, viens te dis-je, je sais cracher loin et profond. Tu recules ? Tu t’effraies ? Et bien alors mon mignon, approche que je t’étrenne, que nos substances s’en mêlent. Voilà ! Te voilà moins farouche. Oh ! Comme tu roucoules, comme tu chantes, comme je te découvre et t’apprends. Ah, ça y est, c’est à moi de gémir !


Echauffourée

-Je vous demande d’écrire lisiblement et sans faute d’orthographe.
-Tu suffoques tes mots au lieu de les vivre.
-Je réfléchis toujours avant de parler cela m’évite de dire n’importe quoi.
-Penses-tu cher ami, échapper au hasard, aux passions, et à la mort en pressant ton temps ?
-Je crois purement qu’en gagnant du temps, qu’en sautant les étapes, j’arriverai à mes fins salopes, je défie les chronologies, les additions d’heures et la faux.
-Tu m’as traité de salope ou je rêve en rotant ? J’ai refusé de donner mon cul au petit fils de Jean-Paul Sartre, espèce de tête de Moule… et encore je pèse mes mots et ma palourde : l’enfer c’est les huîtres !
-Calmes-toi, je ne voulais pas déchaîner la plume, ici bas les huîtres et les moules sont bonnes copines.

-Tu m’offres ces fleurs de sel en guise de réconciliation, prends soin de tes sentiments conjointement liés aux miens.

La tasse

Le clapotis de l’eau chlorée frétille à mon oreille, j’arrive même à entendre à travers mon bonnet de bains quelques bribes de discussion des nageuses de brasse. Quelques fois ça rend de drôles de conversations : « Il faut avouer que quand on y goûte une fois, on y retourne ». Je me retourne brusquement, les deux femmes sont de dos et continuent leurs longueurs.
Je vais tenter le crawl, j’aime bien les petits battements des pieds, mais c’est la respiration qui me donne le plus de mal. Un, deux, trois, je respire, un, deux, trois, je respire, un, deux, trois, gloups, j’avale la tasse, je me reprends et recommence. Un, deux, trois, je respire, un, deux, gloups, j’avale un bol entier, ça m’étouffe, ça me surprend. L’eau est coincée dans ma gorge, je gesticule pour remonter à la surface, mais ça m’entraîne au fond. J’ai des images curieuses qui viennent à moi. J’imagine la saillie d’une souris trop craquante. Ca me fait rigoler et ça me relaxe, mais je coule plus au fond encore. Et là, j’imagine le mulot trop veinard et goguenard qui voudrait se taper la souris craquante. Ca me donne des envies relapses. Je sens des membres d’hommes autour de moi. Un bras, une main, une jambe, je délire. Mais non ! Je sens bien un homme ! Je m’accroche à ses bras en sueur, dans un ultime geste d’espoir pour ne faire qu’un. Juste un ? Oui, le sauveur plus le sauvé. Ca fait un tout. Ses bras sont doux et rassurants, je me sens soutenue et délivrée. Il me pose délicatement sur une serviette, met sa main sur le haut de ma poitrine pour sentir le pouls. Il doit sentir mon cœur battre, il y a de quoi, je tombe folle de mon sauveur, mon hercule, mon héro. Il retire sa main. Mais non, ce n’est pas suffisant ! Moi je veux plus, plus grand, plus admirable, plus émouvant. J’essaie les relents hoquetant pour qu’il m’assied et me prenne contre son torse. Moi, je m’imagine dans l’autre sens et je ressens déjà ses secousses contre ma croupe. N’ayez pas honte, c’est bien ce que je pense. Si l’humanité n’avait pas l’esprit tordu, notre race se serait éteinte depuis longtemps.
Finis les petits soins, les marques d’affection, je n’arrive plus à simuler la naufragée. Il m’a laissée maintenant au vestiaire. Je me rhabille et j’attends la fermeture de la piscine.

Je le vois sortir, je lui dis : « C’est moi, que tu as sauvée ». Lui, se sauve à toutes jambes à ma vue, harcelé par toutes les femmes rescapées, il coure, je coure à mon tour après lui. J’arrête là ma course, continuer, avancer, courir, jusqu’à plus soif dans la clarté sombre d’un soupir.

mardi 17 juin 2014

Sensation d'attractions

Je rentre dans un autre monde, un monde féerique, un monde où mon imaginaire prend le dessus. Tellement d’attractions autour de moi par où commencer ?  Allez, Space Montain ! Erreur fatale, j’eu l’impression d’être prise dans un bateau en pleine tempête, le vent souffle, le sel, la mer sont heureux de voir les éléments se déchainer à nouveau.  Rassurée d’être sortie de là vivante, mais légèrement aléatoire, je ne contrôle plus mes jambes je sens l’ivresse monter en moi, tout en me dandinant sensuellement. Aller quelque chose de plus calme. Le monde des poupées chantantes, c’est un tourbillon chaleureux de grains de sables qui m’enveloppe de sa douceur sablée. Ca y est mon ventre gargouille, ronronne, « mange moi, mange moi  avec beaucoup d’épices » semble murmurer une crêpe exotique du stand mexicain  devant lequel je passe. Voila toute cette folie, toute cette magie, cette effervescence s’enfonce loin dans leurs âmes enflammées.    

mardi 3 juin 2014

Creuse ma terre

Je mettrai mes pieds dans un volcan, si tu flirtes avec moi.
Es-tu sûre que je mérite ce sacrifice ? Quoique si ton cœur est aussi ardent que le volcan, j’y mettrai bien les pieds. D’autant que ma chaleur volcanique va faire revivre en toi le sentiment d’éternité.
Vite ! Vite ! Un glaçon ! L’éternité est si fade. Rien de telle que la mort pour renaître ailleurs. Renaître vierge, innocent, plein de candeur dans un temps sans couleur, sans apparat. Naître soi, creuser son sillon en piochant dans son propre sillage. Qui passera mon chemin fera partie de moi. Qui foulera mon verger, sera berger. Qui se nourrira de ma sève sera mon enfant. Je suis la terre ferme, humide et nourricière. Laboure-moi !
Eventre-la cette terre, aux effluves de purin. Morceaux de coquilles d’œufs, d’épluchures de carottes, de vers blancs qui y nagent, comme elle est fertile.
Sans un mot elle regarde ce spectacle divin, comme si la vie devait s’arrêter là. Et la jeune vierge du début est maintenant souillée de pensées impures, le foutre a coulé des esprits embrouillés.
Que reste-t-il de mes amours ? Le souvenir d’une verge frémissante au vent du petit matin. Une bouteille d’envie qui gît sur un sol d’ennui, de bouches pâteuses saoulées de caresses et de baisers durs. Que la vie ressemble à un songe pervers.



Détour dans un imaginaire lubrique

J’imagine la saillie d’une souris commune mais trop craquante. Ca me fait rigoler et ça me relaxe. J’imagine aussi le mulot trop veinard et goguenard qui voudrait se taper la souris craquante. Ca me donne des envies relapses. Relents hoquetant à chaque secousse contre sa croupe. Elle s’accroche à ses bras en sueur dans un ultime geste d’espoir pour ne faire qu’un.
Juste un ? Non, ce n’est pas suffisant. Moi je veux plus, plus grand, plus admirable, plus émouvant. J’arrête là ma course, continuer, avancer, courir jusqu’à plus soif dans la clarté sombre d’un soupir.
Encore « jusqu’à plus soif » ? Eh bien, quelle équipe de pochtron ? Il faut avouer, que quand on y goûte une fois à la « clarté sombre du soupir », on y retourne !
Le sujet est une question dont vous seul avez la réponse, n’ayez pas honte, si l’humanité n’avait pas l’esprit aussi tordu, notre race se serait éteinte depuis longtemps !


Effleurement

La fleur s’éveille au petit matin toute fraîche et frêle. Elle brille sous l’humidité du soleil qui se pose délicatement sur elle. Peu  à peu elle se réchauffe et prend les  rayons du soleil qui la caresse et l’embrasse avec ferveur. Dans un élan de désir, elle se blottit contre lui dans une éternité dense et sublime. Ton élan me fait glisser de la balançoire, mes reins se cabrent sur ton manège enchanté. Je jouis de ton paysage.
De mon paysage, je t’observe. Rien n’est plus beau que ton corps quand il se cabre et exulte. Lâche prise, desserre les poings, voilà un amour généreux qui verse son liquide dans ma bouche. J’avale et me remplis de toi.
Lâche les vannes, laisse couler les paroles et les râles de l’esprit. Tends ce corps vers moi, que toutes les verges du quartier s’éveillent au son de mes pas.
Oui j’ouvre les vannes mais il n’y a rien qui coule, si mon corps se tend, méfie-toi ! Tu risque gros ! Je ne suis pas le roseau que tu crois !

Ton cher chêne.

Dispersion

- Je chevaucherai des litiges et caracolerai des sangsues jusqu’à ce que mes envies de coït s’éteignent mais l’ombre de la nuit va finir par m’arracher à son cœur désiré.
- Laisse ton cœur s’arracher, la nuit nous protège, demain il fera jour, et ce sera un autre jour, et ton cœur sera tout autre. Ton cœur sera de sang, il coulera de temps en temps, jusqu’à devenir sec et dur. Tu n’auras plus de sentiments, plus de compassion, rien que du RIEN.
Ta verge sera de sable, je coulerai sur la dune trempée par la rosée de ton amour. Je n’aurais plus de corps, tu m’auras fait déborder de partout.

- Je sais bien, je te tiens entre mes mains et je vois ton émoi. Je m’échappe, oui peut-être, j’hésite, je saute, j’hurle, c’est moi, je suis comme ça. J’aime la liberté, l’espace, le non-conventionnel. Je prends à pleines mains les essaims des abeilles et j’en gobe une de temps en temps. C’est moi, je suis comme ça. On ne me changera pas. Aucune concession ne sera accordée dans ce monde où tout part de travers, s’envole, se détruit dans un bruit fracassant, où la lourdeur s’imprègne dans les entrailles de la terre.

Festin divin

Il était temps que le vent souffle, les vagues, le sel et la mer sont heureux de voir les éléments se déchaîner à nouveau. Tourbillons chaleureux des grains de sables, poussière dorée, qui t’enveloppe de sa douceur salée. J’ai faim à présent, je te mangerai. Mange-moi avec beaucoup d’épices, racle-moi l’os, fais moi bouillir, passe-moi au tamis de ton désir. Os à moelle, ou os à bouillir, je te ferai rôtir sur mes braises, Pompéi à côté ce sera un glacier.  Elle sent l’ivresse monter en elle à ces mots et se dandine dans une danse sensuelle. Mais qu’a-t-elle bu pour se dandiner à ce point ? C’est à cause du faux muscat, j’en suis sûre. Qu’y avait-il dans les graines des bâtonnets de sésame ? Un élixir si peu de ma production, un filtre d’amour, si puissant que le moindre moine en deviendrait pratiquant! Son sexe ainsi durci sera comme un cierge à jamais converti.
Laissez ce cierge allumé dans sa lumière diaphane, il illumine les culs des vierges hypocrites. Il s’enfonce loin dans leurs âmes enflammées, tordues par les plaisirs réprimés.

C’est pourtant le dur lot de ces âmes empêtrées dans le vœu chaste de rédemption et d’abnégation, aux plaisirs de la chaire. Plaisirs interdits si savoureux, mais qui déchirent tout abstinent à la recherche de Dieu.

mardi 13 mai 2014

La Fée au cœur d’or

La Fée Cloche et son petit singe Zigui parcouraient déjà l’épaisse forêt amazonienne depuis des mois et toujours pas de traces du Marsupilami. Elle s’était lancée à corps perdu dans cette quête, laissant sa vie et sa maison de la Nouvelle Orléans pour retrouver son vieil ami. Elle s’en souvient, leur rencontre avait changé sa vie. C’était lors d’une expédition d’exploration de la jungle entreprise par son père ; elle avait fait la connaissance de Zigui le même jour. Elle ne devait pas avoir plus de 8 ans. Cette rencontre magique l’avait changé en fée et Zigui était resté avec elle pour l’aider à maîtriser ses pouvoirs.

Mais ces dernières années furent terribles pour nos deux amis. Constamment pris pour cible par les attaques incessantes de l’effroyable Mendoza. Obsédé par l’or, il traquait la fée Cloche où qu’elle aille, pour lui dérober son cœur d’or. Depuis que Cloche a ses pouvoirs, elle a aussi hérité d’un cœur  enchanté entièrement en or. Les pires crapules du monde entier sont à ses trousses pour le lui arracher de la poitrine. Merdoza, est le pire d’entre eux et il est sur la piste de Cloche depuis longtemps.
Un jour, Zigui le petit singe bleu de Cloche, vit le Marsupilami sauter de branches en branches à quelques dizaines de mètres d’eux.  Mais ils étaient séparés par une immense chute d’eau dont le bruit assourdissant masquait leurs appels. Le précipice vertigineux rendant toute course poursuite impossible et aucune liane ne permettaient à Zigui de traverser.  Non loin de là Mendoza entendit les cris d’appel de Cloche et Zigui et se rua vers eux. Soudain un coup de feu retenti, la balle frôla la joue de Cloche. Une goutte de sang perla aussitôt. Mendoza était sur eux.

Zigui : « Le labyrinthe Cloche ! Le labyrinthe !! Sers-toi du labyrinthe pour le perdre ! »
Sonnée, Cloche se retourna, presque au ralenti et dans un ultime effort, dirigea sa baguette magique en direction de Mendoza en balbutiant une formule avant de s’évanouir. Quand elle reprit ses esprits, tout était flou, un instant elle vit une tache bleue et une tache jaune au-dessus d’elle. C’était Zigui et le Marsupilami, ce dernier avait entendu le coup de feu et était venu voir. Réunis comme au tout début, Cloche allait pouvoir choisir de rester une Fée ou de repartir de cette forêt sans pouvoirs magique ni cœur d’or. Nul ne sait quel fut son choix.

Quand Mendoza sorti enfin du labyrinthe magique de Cloche, il se trouvait face à un magnifique temple Inca, entièrement recouvert d’or. La tribu cannibale des Oua Koi Keski Ya (prononcer « oua quoi qu’est-ce qu’il y a ?! » était venu l’accueillir avec des colliers de fleurs et de petits légumes. Ce fut instantanément la fête. Il faut dire qu’ils sont très amateurs de viande blanche et n’en ont que trop rarement.

dimanche 4 mai 2014

Amitié lointaine

 Je me souviens de lui comme si c’était hier, un beau dimanche d’été, je m’en allais sur mon vélo je m’apprêtais à traverser la rue quand je me suis sentie retenue par quelqu’un qui me tirait en arrière, un camion arrivait je ne l’avais pas vu. Il m’a sauvé la vie. Il avait les cheveux décoiffés, les yeux marrons un look de jeunes artistes rebelles, il était tout à fait différent de moi et c’est ça qui me plaisait chez lui. Certes ce lien si particulier nous unissait, mais pas que. Nous étions inséparables. Nous faisions les pires bêtises qui nous passaient par la tête ce qui provoquait chez nous des fous rires interminables. Quelques années plus tard il n’était plus le même. J’ai essayé de savoir à maintes reprises de comprendre ce qui se passait mais il n’a jamais rien voulu me dire. Je le croisais il faisait comme si je n’existais pas. Nous étions devenus des étrangers l’un pour l’autre. La vie s’en est mêlée et nous sommes partis vivre notre vie, nos expériences. Mais je donnerais cher aujourd’hui pour le retrouver et qu’il m’avoue le lourd secret qui le hantait.

conte de la fée Josephine

Il y a très longtemps vivait une fée qui s’appelait Joséphine, elle vivait dans une contrée lointaine de l’Amazonie. Elle était heureuse entourée d’arbres et de ses amies les animaux. Depuis quelques jours elle était inquiète car elle n’avait pas de nouvelle de son amie la libellule rose. Elle voulait entreprendre des recherches mais ne savait pas par où commencer.

Quand elle reçut par pigeon voyageur  un message du méchant ogre Satanas qui disait " fée Joséphine ton amie la libellule rose est entre mes mains si tu veux la retrouver tu devras me donner la couronne enchantée sinon elle mourra".

Pétrifiée par ses mots Joséphine appela son ami Spartacus le tigre. Nous n’avons pas le choix dit le tigre nous devons sauver libellule rose nous devons partir au plus vite. Nous emporterons la couronne enchantée avec nous elle nous protégera contre les pouvoirs maléfiques de Satanas et des pièges éventuels qu’il nous tendra.

Le périple a été semé d’embuches tout d’abord Joséphine faillit tomber dans un précipice et fut rattrapée de justesse par son ami.
Puis un serpent faillit la dévorer.
Ils arrivèrent enfin  devant la maison de l’ogre. La fée pris sa couronne la lança sur la tête de l’ogre qui tomba comme un vieux sac de pomme de terre. Spartacus alla sauver la libellule rose et la forêt retrouva sa  sérénité à tout jamais.

entrée en scène

Je ne peux plus reculer, je dois le faire, comment ai-je pu me retrouver dans cette  situation, qu’est ce que je fais là, je veux m’enfuir, allez prend ton courage à deux mains et saute le pas. Je suis là tapie dans l’ombre de ce paravent, j’ai le cœur qui bat, les jambes qui tremblent. Bientôt ce sera moi sous la lumière des projecteurs. Seul face à tous ces gens qui me regardent, m’examinent, me jugent, peut être aussi, qu’importe, je vais aller au bout, je rentre sur scène j’ai la lumière des projecteurs dans les yeux qui m’éblouit, je devine des regards familiers dans la salle qui me porte au-delà de ce que je pouvais imaginer. Une émotion si forte, j’en aurai presque les larmes aux yeux. Voila c’est fini j’ai sauté le pas, j’y suis arrivée, j’ai enfin lâché prise.

Grand-père

Je me souviens que mon grand père nous racontait ses histoires, nous étions assis autour de lui dans l’herbe froide du soir. Un silence presque divin se faisait sentir et l’histoire commençait. On aurait raté ça pour rien au monde. Et le périple commençait. A l’époque des litchis et des mangues sur son caillou dans l'océan indien. Puis tout d’un coup il basculait dans ses années à la fac saint Jérôme où il avait fait ses 1e cours de yoga avec madame Zena complètement piquée du ciboulot comme il disait. Puis il finissait par son endroit préféré la plage de la Ciotat son havre de paix.    

samedi 3 mai 2014

panique au zoo


Mesdames et messieurs nous vous informons qu’un tigre du Bengale s’est échappé de sa cage. Veuillez vous réfugier au plus vite dans tous les bâtiments aux alentours. Nous mettons tout en œuvre pour capturer l’animal au plus vite, nous vous tiendrons informer dès que la situation sera sous contrôle et que l’animal aura été capturé.

Sur ces mots une panique générale emporta la foule tout le monde se mit à hurler, à partir tous les sens et chercha un endroit ou s’abriter.

Pauline, Florence et Benjamin trois amis d’enfance  inséparable trouvèrent refuge tant bien que mal  dans les toilettes du zoo.
Ils tremblaient de peur à l’idée de se trouver nez à nez avec le fauve.

Mais qu’est ce qui nous a pris d’aller au zoo rétorqua Pauline  encore une idée à la con.

Une idée à la con, non mais dis donc pour une fois qu’on prend l’air plutôt que d’aller dans un de tes musées voir une expo sur dieu ou les rois de France.  Au moins c’est plus original ca met un peu de piment dit florence.

Eh les filles on se calme, on est enfermé, on risque rien et puis je vous protégerai.

Nous protéger, il en a de bonne dit Pauline.


Mais arrête de râler Pauline tu nous gonfles ! dit Florence

Puis le temps passa, chacun resta dans son coin à ruminer.

Pauline pensait à son cours de demain qu’elle devait donner à ses élèves qui s’inquiéteraient de ne pas la voir arriver et la nouvelle tomberait : Pauline a été dévorée par  un tigre, leur aurai annoncé le proviseur.

Quant à Florence, elle s’imaginait  affronter  l’animal, le tuer et s'en.faire une fourrure. Cette idée la séduisait beaucoup. Mais elle s’inquiétait pour son boulot.

Benjamin quant à lui pensait à ses légumes qu’il n’avait pas arrosés ce matin et au client qu’il allait convaincre d’acheter son super aspirateur sans sac.

Quand tout d’un coup une voix résonna dans le haut parleur.

Mesdames et messieurs l’animal a été aperçu prés des toilettes de l’entrée. Et là, tout à coup, les 3 amis entendirent un grattement contre la porte, la peur monta en chacun d’eux. Heureusement, les professionnel du zoo sont arrivés à temps et ont capturé l’animal.

Les trois amis se trouvèrent soulagés d’être  sortis indemne de cette aventure. Ils se promirent de ne plus jamais mettre les pieds dans un zoo.

Voyage Gustatif

Martin était cuisinier à Marseille, chacun de ses plats lui rappelait un lieu particulier de son enfance ou de sa vie d’adulte. La daube par exemple lui parlait de son village natal, Collonges la rouge oú petit il se promenait de boutique en boutique dans ses ruelles étroites,  ou régnaient une certaine joie de vivre et une insouciance. Il se souvenait du vieux Manevy le charcutier qui lui donna très vite le goût de la cuisine. Il y a aussi la fondue savoyarde qui lui rappelait son père  et les pistes rouges et noires qu’il déferlait à toute vitesse. Mais ce qu’il aimait par-dessus tout c’était l’anchoïade qui lui rappelait son midi qu’il avait adopté au départ par amour pour sa femme.

les retrouvailles

J’étais anxieuse, mais très excitée à l’idée de le revoir, cela faisait 10 ans que je ne l’avais pas revu. Tellement de questions se bousculaient dans ma tête : avait il changé ?, est ce que je le reconnaitrai ?, comment vais-je réagir une fois face à lui ? Mon cœur battait si fort que j’eus l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. Je me rapproche, de l’endroit timidement, nous nous étions donnés rendez vous sur une petite place ensoleillée où une magnifique fontaine faisait couler son eau jusqu'à l’infini. Ca y est j’y suis, j’arrive, je devine sa silhouette mince et élancée, je m’approche doucement tout doucement et d’une voix fébrile je dis « papa c’est moi  » et les yeux tout humides il me répond « tu m as manqué ma fille depuis toutes ces années ». Et nous parlâmes pendant des heures durant. Et d’un coup le temps s’arrêta autour de nous, nous étions seuls au monde. Nous nous retrouvions enfin et pour toujours.

lundi 21 avril 2014

La Mère de Juliette

La tête me tourne. Mes yeux voient une image trouble, rouge. La terre s’ouvre sous mes pieds, une faille dentelée strie le sol et s’écarte. Je m’effondre et chute dans ce gouffre. J’ai mal au corps. Il crie mon corps. Vlan, il part en avant. Vlan, il se casse en deux. Vlan, il repart en arrière. Je perds l’équilibre, mes bras se mettent à tournoyer d’avant en arrière. Tous mes muscles sont tendus au point de tirer des larmes de mon corps. Ils sont nerveux. Ils sont immaîtrisables. Ils m’emmènent de haut en bas, j’ai la tête qui explose. Elle s’est partout remplie d’un liquide noir, un sang vengeresque qui la rend lourde. Ma tête ne tient plus droite, la nuque se rompt et laisse ouvert le cran d’arrêt. La tête tombe comme un poids vers mon buste, contre mon buste. Mais cette chevelure est folle et vient fouetter mes jambes. Ma masse de cheveux est élastique et rebondit sur moi pour repartir en arrière. Ma tête suit le mouvement et va se casser contre mon dos. Ma gorge vient de se déchirer sur toute la longueur, les tendons de la nuque tiennent bon. Je reprends de plus belle cette danse involontaire qui m’assomme à coups de bras, de tête, mes mains se crispent, mes jambes se brisent, la chute a lieu, là sur ce sol dur, qui ne cède pas finalement. L’apesanteur vient de me plaquer net à terre. Je ne suis plus rien. Le monde s’est arrêté. Je m’alourdis complètement sur tout mon long, mon corps essayant de s’incruster et de sceller ma peau à cette terre amère.

 

Sensations

Les yeux fermés, je ne vois que les mains que je tiens, à droite une main charnue et chaude, à gauche une main fine et délicate. Les yeux fermés, on n’a plus aucun repère, on devient invisible, si je ne vois pas, les autres ne peuvent pas me voir, pensais-je naïvement. Le corps en balance, les mollets tirent quand le corps penche en arrière, les orteils font bloc quand le corps tend vers l’avant.

Le corps est neutre mais si je lui dis de baisser les épaules, elles se baissent encore plus, comme si une tension inconsciente les maintenait à une hauteur nivelée, précise, par contre quand elles montent, c’est tout l’avant du corps qui monte avec. Le corps est neutre mais si je lui dis de respirer, le ventre se met à gonfler, l’air remplit la poche intérieure en forme de poire, puis va se caler dans la cage thoracique, là où il y a encore de la place.

La musique se met à jouer, la Danse des Chevaliers de Prokofiev, c’est des sons graves, c’est une marche militaire, c’est un escalier de rythme qui monte progressivement avec un entêtement qui rentre dans le corps, qui implique à bouger, à se mouvoir, les bras naturellement vont servir de balancier pour ponctuer la marche, le cœur va s’accélérer, toute la tête oublie le corps, seule la musique le guide et lui donne envie de tourner, de balancer les bras, de sauter, de se recroqueviller et de s’ouvrir d’un coup sec sur les aigües, de tourner, tournoyer, s’envoler, s’extasier. La musique se calme, le cœur palpite, mais le corps insiste pour se refermer et se dresser vers le ciel avec douceur.

La Fée Malice

Il était une fois, dans une forêt humide et chaude, aux arbres immenses, aux feuilles vertes caoutchouteuses, aux lianes tortueuses, rubans pendant du haut des cieux, aux serpents siffleurs, aux paresseux poilus, aux grenouilles pullulantes, aux yeux scintillants des aborigènes, aux… « Eh Oh ! Tu vas me présenter oui ! ». Heu, oui pardon… vivait une fée miniature prénommée la Fée Malice. « Ah merci bien ! ». Elle arpentait les bois toute pimpante, avec sa robe à froufrou, son petit haut à dentelles, ses souliers de cuir vernis, son boléro cachant sa jolie nuque et ses fines épaules, sa frimousse à croquer, ses boucles à rebonds dans les cheveux, son… « Oui, bon, ça va ! ». Du calme, du calme beauté, je ne fais que mon travail de conteur ! « Bon, vas-y ma grenouille adorée mais un peu d’action ! ». Elle arborait sur sa tête une grenouille merveilleuse, somptueusement dotées de six pattes, aux ressorts dévastateurs, capable de sauts les plus gigantesques, les plus périlleux, les plus… « Grrrr ». Bon, bon, ça va j’abrège. Bref, la fée Malice avançait au hasard des rencontres. Un jour, elle rencontra le prince charmant « Bello ». Il était grand, beau, puissant, il avait une carrure de nageur papillon, une crinière au vent, un fessier scandaleux, une dentition parfaite, deux fossettes aux commissures des lèvres et une voix suave à tomber par terre de ta chaise, un souffle chaud et mentholé, que sa bouche aux contours parfaits diffusait doucement à mesure qu’il parlait. Il … « Oui, bon il m’a branchée ! Voilà ! ». C’est ça, il aborda la Fée Malice, il lui tint un discours des plus torrides, il l’encensa de mots équivoques, il l’encercla de ses bras de velours, il approcha son visage de Pygmalion à celui de la Fée Malice. Quand soudain, il s’arrêta net à ma vue. Il fit un bond de deux mètres en arrière et hurla : AHHHHH. La Fée Malice rougit d’un coup, cru avoir un bouton sur le nez, fut humiliée vive, la colère monta net, elle en perdit ses moyens et se mit à grandir, à grandir, ses petits mollets étaient aussi gros que les baobabs. Bello leva à peine les yeux, regarda sous sa jupe et parti en courant à toutes jambes - magnifiques fusées au râle régulier.

La Fée Malice se calma, se rétrécit et continua sa quête. Elle rencontra un autre aborigène. Beaucoup plus malingre, les yeux de souris noirs et sournois, le nez droit pointant entre deux sourcils fournis et sans démarcation au milieu, il avait une bouche noire à l’intérieur, et quand il parlait un nuage épais et nauséeux faisait taire les serpents siffleurs, tomber les paresseux poilus, faner toutes les fleurs. Mais comme il était gentil, il parla de lui, de sa famille, de ses amis. Il voulait l’emmener voir les chutes, le chant des grenouilles, les falaises, les précipices. La Fée Malice rêvait d’aventures et partit faire son baptême du feu avec lui, mais la peur lui serra le ventre, elle s’échauffa devant la fournaise à tel point qu’elle ne contrôla pas son émotion, s’énerva et se mit à grossir, à grossir, grossir à faire fuir le putois aborigène qui déguerpit face à cette boule gigantesque qui s’apprêtait à l’écraser.
 
Bredouille, la Fée Malice repartit trouver celui qui l’aimera vraiment. Elle retrouva Bello qui se matait dans le miroir du fleuve. La Fée Malice se pencha sur l’étendue d’eau. Elle me fit tomber. Heureusement, j’ai pu attraper un nénuphar avec deux de mes six pattes. Elle me vit pour la première fois, elle savait que je l’aimais telle qu’elle était, elle me prit sur son doigt, me tendit ses douces lèvres et m’embrassa.                     

 

FIN

 

Igor, l'Ogre des Montagnes

Igor, l’Ogre des Montagnes  arpente d’un pas lourd et assourdi les passages de poudreuses qui mènent vers la cime. Ascension mystérieuse de ce chasseur-mangeur de bêtes des bois, suivi de sa meute de chiens de chasse sanguinaires, qui reniflent, détectent, encerclent la moindre proie vivante. Seules les buses le survolent sans frayeur : l’effort marqué des pisteurs pour déclencher l’avalanche qui l’ensevelira, n’a pas de prise sur lui. Il les entend ces détonations à répétition, il sait qu’elles lui sont destinées. Mais plus il avance, plus la sérénité l’envahit. Il s’élève soudain, son poids disparaît sous la lévitation spirituelle, il perd toutes ses dents, ses milles dents tombent une à une, comme des pierres précieuses qui scintillent et brillent sous le soleil levant.

Le chasseur

La chasse traque, passe, abat, aboie, émeute la meute de chiens de chasse. Attaque précise, elle amasse les proies débiles, prises dans le traquenard du chasseur à la moustache jaune, au rire résonnant et odieux, fier névrosé, qui fait décamper comme une avalanche, une dizaine de lapins, deux trois renards, cinq cerfs aux bois joyeux. Passage douloureux vers la mort, ça détale à toutes jambes, quadrupèdes fuyants, déployant tous ses efforts, fonçant tout droit dans la gueule du moustachu ventru, bedonnant, de l’ogre aux milles dents, qui croque, déchire, mastique la chaire animale, si fraiche, si pure. Il s’en délecte, délice de la vie, mystère de la nature qui fait naître des petits êtres dodus, appétissants, aux muscles tendres et à la graisse goûtue, qui passent dans son ventre, engloutis gloutonnement pour atteindre enfin l’ultime sérénité du repu.

Un fauve en fuite

Atterrés, complètement abasourdis par la sirène qui résonne encore dans leurs oreilles, les trois clients du zoo sont collés dos contre les planches de bois du mur à observer les cris et les bruits des pas courant sur le chemin de terre. La poignée de la porte du cabanon tourne, Gaspard, le grand gaillard se jette dessus, referme la porte entrebâillée et bloque la poignée avec une chaise. Il se met à hurler « Dégage ! Sale con ! Il n’y a pas de place pour toi !».  On entend un coup de pied dans la porte et des pas repartir vers un autre abri. Effarées, une des deux femmes, Anaïs, laisse échapper : « Non mais ça va pas la tête ? Ca s’appelle de la non-assistance à personne en danger ! » Gaspard se retourne les yeux en furie. Anaïs intérieurement se dit : « oh, mais tais-toi donc, tu ne le connais pas ce type, il n’a pas l’air commode ».

Gaspard : « Tu voulais que je le laisse entrer, lui et toute sa marmaille ? C’est minuscule ici, je ne prends pas le risque, ni d’étouffer, ni de me faire repérer par le fauve ».

Rebecca, la plus jeune, pleurniche de son côté, sa petite tête va éclater : « Maman, qu’est-ce que je fais là ? Où tu es, toi? Maman…». Gaspard cherche le regard d’Anaïs qu’elle fuit autant que possible. L’air se fait rare, les pleurs sourds de Rebecca en fond sonore.

Gaspard lâche : « Oh et puis merde ! » et marmonne « C’est quoi c’t’affaire ! Je finissais ma journée tranquillement ».

Anaïs pense fortement : « journée de fonctionnaire, pour un plombier municipal, il y en a qu’on la belle vie. » Gaspard lit sur son visage comme dans un livre et remarque alors : « elle est pas mal la demoiselle là », il s’adresse à elle : « vous avez pris votre demi-journée pour visiter le zoo ?».
Anaïs étonnée : « En quoi ça vous regarde ? »
Gaspard : « Faut bien entamer la discussion, non ? »
Anaïs cédant : « Et bien oui, je m’intéresse aux animaux figurez-vous ! », Intérieurement elle se dit : « s’il savait que j’ai donné un rendez-vous à côté de la cage aux lions à un inconnu sur internet ».

Anaïs regarde Gaspard différemment, elle le passe en revue : « Il est grand, fort, cheveux propre, la tenue soignée, son langage laisse à désirer mais il me plairait presque ».
Gaspard, la toise à son tour : « C’est un beau petit bout de femme, je la mettrai bien dans mon lit celle-là ».

La sirène retentit de nouveau, les rugissements du fauve en fuite se font entendre, Anaïs se met à crier, quand une araignée lui passe sur la jambe. Gaspard se précipite sur elle pour la bâillonner de sa main large. Elle ouvre ses yeux en grands, il la serre contre lui, elle veut se débattre, mais il atténue la prise et la garde dans ses bras protecteurs. Leurs yeux se croisent, leurs souffles augmentent. On vient de capturer le fauve.


Le stade Lattre de Tassigny

Les T-shirts des joueurs s’évaporent en des nuages de condensation, la moiteur enrobe les épaules larges des gallois. On aperçoit leurs muscles ronds et chauds à travers le tissu. C’est excitant, j’en trépigne, ça me donne envie de danser, de danser comme à Collonge La Rouge, où petite, je m’amusais à tourner autour de la grande table de la salle à manger.

Le stade est en délire, c’est des explosions de joies qui éclatent à gauche, à droite comme les petits cris de plaisirs que j’entendais dans les vestiaires du stade de Lattre de Tassigny à Aubagne.

Une main s’abat sur mon épaule, c’est Walter qui vient de se changer et me propose de faire la tournée des pubs de son Irlande. Je ne vais pas le lâcher celui-là, j’en suis sûre, il alimentera mon imaginaire quand je penserai à Galway.

Semoy, centre logistique

Les flacons défilent sous son nez à toute vitesse, ses yeux suivent de gauche à droite ce mouvement incessant. Les bouteilles de verre dévalent le tapis roulant comme précipitées vers le gouffre du carton, ça débite à une cadence massive. L’image se brouille, un magma opaque se forme. Une sonnerie le sort de sa léthargie. Romuald se lève et lasse sa place à la relève.

Il se frotte les parties sacrées à la base de la moelle épinière. Son dos le lance. Il grimace légèrement et se dirige vers le vestiaire. Dure journée, il enlève sa blouse, sa charlotte de travail, ses chaussures de sécurité et enferme le tout précieusement dans son casier.

Romuald ferme la porte en tôle avec satisfaction. Cette clé qui tourne dans la serrure est comme une délivrance, c’est une journée qui se termine, ou plutôt qui commence, car il est 13H. Il débauche de ses 8H de travail. Il aime être du matin, ça lui laisse tout l’après-midi pour son activité préférée.

Il quitte Semoy dans son automobile, et parcourt les départementales à travers la Beauce, ces grandes plaines infinies le réconfortent, c’est plat, net, on y voit à des kilomètres et seuls quelques arbres par-ci par-là permettent de juger de la distance. Une odeur acide et forte lui remplit les narines, il ouvre la fenêtre pour mieux sentir encore les effluves de la sucrerie à betteraves qu’il vient de dépasser. Il arrive enfin à Romorantin, il avance doucement dans ce patelin qu’il connait par cœur. Il prend à gauche le sentier terreux qui le mène tout droit vers son endroit à lui, que lui seul connaît : les bords de l’étang.

Il sort de son véhicule, se dégourdit les jambes, se soulage allègrement les intestins au grand air, sort son équipement de pêcheur et s’installe à son habitude. Il met les cannes sur ses supports, enclenche le détecteur de mouvement, se cale dans son fauteuil en toile et regarde l’eau de l’étang, les roseaux et tout l’horizon dégagé, sa voiture dans son dos. Le paradis sur terre. Après avoir enfilé son saucisson beurre et déglingué son litron il somnole à son aise. Un bip aigu le réveille net. Il saute sur ses pattes et se précipite pour tirer sa canne, mais voilà qu’un individu l’a devancé et se bat contre la carpe de 30 cm à sa place à lui, Romuald. Il est fou, il n’en revient pas. Le gars lui arrache sa prise de la journée. Il le regarde avec furie, le gars se retourne hilare, il a la gueule cassée. Romuald perd une seconde sa raison mais déjà il est assommé et envoyé dans l’eau une pierre accrochée à ses pieds.

L’usurpateur prend ses papiers, sa bagnole et quitte Romorantin pour la route vers la Belgique ; il passe Thionville et le pic de l’église qui regarde d’un œil noir la route des Belges.

 

Sur un air de marche turque

Voici qui l’emporte, le voici qui arpente, toutes les rues, pavées et encombrées de Paris
Avec sa liasse de papier, et toutes ses notes et toutes ses clés.

Le regard heureux, l’air émerveillé, il sillonne et traverse la chaussée.
Pour atteindre le notaire et tous les clercs renommés

Il allonge les bras vers l’avant, il ramène son buste attenant
Il s’affaire voluptueusement, il signe son contrat avec enchantement.

Le cœur léger, les bras délestés, il repart vers sa maison pour entamer une autre chanson.

Le Musicien


Perché sur son pupitre, une main collée à son front, l’autre parcourant le papier à toute vitesse. Il compose de tête, sa plume lance des tâches d’encre noire à chaque passage, on l’entend accrocher le papier, puis se délier, survoler la feuille pour s’abreuver dans l’encrier et reprendre son élan vers le pupitre.

Le visage du compositeur est ravagé et fulminant. Ses yeux se plissent à mesure qu’il écrit puis s’écarquillent d’un coup, réaction vive à l’idée d’une mélodie inspirée.

Tout son corps est sous tension, il la tient sa symphonie, il est sur le point de l’achever. Il délire complètement face à l’aboutissement de son œuvre. Il ferme de deux barres noires la dernière portée, se lève brusquement sous l’extase, se jette sur le piano et joue, joue à s’enivrer, il chante aussi, il la chante sa musique, il la savoure, il l’habite, c’est son être tout entier qui frissonne. Jubilation exutoire, elle courre sur lui, lui provoque des spasmes, une jouissance extrême la prend au ventre, à la gorge. Il écrase ses dernières notes et vibrent de la pointe des pieds jusqu’au crâne ; C’est le paroxysme orgasmique qui l’envahit et l’aplatit au sol, repu de plaisir.

Morceau de Musique


Papillon, papillotes, papilles. Ces paupières veulent s’ouvrir mais une force les retient, douce lutte sur ces yeux, opercules de chaire qui sautillent, mais restent posées, appuyées autant que possible. Le calme commence à t’envelopper de son voile soyeux, tu vois les doigts du pianiste s’activer sur les touches blanches et noires du piano.

La musique s’empare de toi mais l’effet bénéfique est vite parasité par ton environnement, le filet de musique est trop bas, ton oreille capte à peine le chant du piano, la vie alentour s’anime ; Tu n’es pas seule. Ça renifle à droite, ça déglutit à gauche, un stylo gratte le papier, le tapote, l’écorche presque et y laisse ses longues traces noires.

Tu t’agrippes aux notes pour oublier la vie, tu essaies d’entendre mieux. Mais ce n’est pas possible et pourtant l’appareil est derrière ta tête, mais tu comprends maintenant pourquoi les autres bougent, s’agitent, c’est ça ils n’entendent rien, presque rien et te voilà soulager par la fin du morceau. La prochaine fois, penses à tester le matériel.

Le reflet du Miroir

Je ne cèderai pas ! Tu vois cette bouche ? Je vais la distendre au maximum, voilà un beau sourire ! Plein les dents et si j’avais envie d’avoir l’œil qui pétille, le regard sautillant. L’air niais de l’innocence. Après tout, je ne cacherai pas mon air joyeux. Tiens, je vais te donner de la bouche en cul de poule, qui se resserre et forme un espèce d’entonnoir aux extrémités proéminentes. Oh, il est beau mon morceau de chaire à vif, et regarde donc si je souffle dedans, ça siffle ! Magique ! Mon nez se fronce, une vraie trompette, et si je souffle dedans. Ah non, ça ne siffle pas… Je penche la tête en arrière et regarde donc ce cou qui roucoule, ah ah ah ah ah, ma langue claque contre ma gorge, et ça sonne comme le cri d’une mouette. Tu vois c’est bête mais ça défoule et ça refoule et je me laisse aller et c’est ça l’effet de l’inhibition. Le pied…

Miroir Miroir

Tu vas l’effacer ce sourire ! C’est quoi cet air de satisfaction personnelle de petite bourgeoise ? Allez, mets ton sourire à l’envers. Voilà forme un pont avec tes lèvres, force tes muscles des joues vers le bas. Il faut qu’il s’effondre ce sourire. Ah ça fait mal hein ? Elle a disparu ta fossette droite ; et tes rides se creusent, deux fossés de chaque côté du nez, c’est une vraie gouttière, parfaite pour faire couler tes larmes, tu as besoin de renifler, le canal est bien marqué pour dévier tout liquide.

Regarde, tes yeux ne pétillent déjà plus. Tu en as un air renfrogné. On dirait que ton menton tremble, mais oui le voilà qui ondule méchamment. Il y a plein de petits trous et de ridules qui s’y forment, ce que c’est plaisant à observer cette transformation faciale. Il est bas le moral, tu l’as bien enfoncé. Tu peux y aller, pleures, pleures, ton visage vient de vêtir le voile du désespoir.

Brouhaha


Ouiiiiiii ! Tchaka Boum Boum. Ouiiiiii ! Tchaka boum boum. Ce sont des cuivres. C’est pour toi exprès pour te célébrer. Elisa a dégraffé son corsage, elle a pris sa plus belle voix, chaude et suave. Un filet mélodieux teste son chemin entre ceux des musiciens à vent. C’est complètement dépareillé. Ouiii tcha tcha pouh. Ouiii tcha tcha « you said nobody, you said none of you, you said no hurt, no pain ».  Dans un laps de temps, je suis prise dans ce délire faramineux. Ca chante même, ça rit même. Ils sont tous là à s’exhorter, à s’évertuer d’oublier, ne plus être un, former un tout. Exorciser la peur de l’absence, du manque de toi.

L’affolement complet du vide se traduit par la foule, se superposer, s’obstruer l’esprit par des notes, des airs, remplir le vide. C’est étrange, culpabilisant. J’ai des moments de lucidité puis la proximité de ces gens m’enivre, corps amis qui se pressent les uns contre les autres pour se donner l’impression de la chaleur alors que la tête est froide. Je ne veux pas que ça s’arrête, il faut continuer à bouger, combler l’absent en le fêtant. Tu es là, je le sens, je te sens près de moi, ce souffle chaud dans le cou, si seulement c’était toi. Je me retourne et dans une fraction de seconde, c’est toi.

Poème de l'Angelot

Ton âme est celle d’un angelot, ton âme esta bellissimo
Ton corps s’élève, immortalité de ta grâce, tu es si calme

Je vois dans tes yeux, cette candeur, cette pudeur,
Religieuse beauté enfouie dans un corps banal, étanche
Ne baisse pas tes paupières, n’éteins pas l’abreuvoir
Dans lequel je succombe, j’ai besoin de le voir, lui
Celui que tu caches. Donnes-moi encore de son image subliminale


Attends un peu, ton regard se tourne vers le ciel
Ton profil se penche vers le haut, je ne capte plus tes yeux
Tu es aimanté par l’appel du divin

Tes épaules s’apaisent, elles se détendent gentiment
Et derrière toi, se produit le merveilleux
Et derrière toi se déploie léger et puissant
L’agrément qu’on donne aux anges
 
J’ai une drôle de douleur dans le ventre, une sorte de nœud
Qui tire à l’intérieur, qui tire sur mes yeux
Qui fait jaillir mes larmes
Mon cœur s’accélère à mesure que tu pars

Je n’ai plus d’emprise sur ton âme,
La mort ne m’a laissé que ton corps vide,
Vide de toi, j’ai mal

lundi 7 avril 2014

Juliette est devenue femme (7)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : U N  B A L L E T   A   L ' O P E R A,    ROMEO ET JULIETTE
Titre : Juliette est devenue femme. 



A la proposition je me suis dit : « quelle est cette secte étrange », puis j’ai ressenti le bien être d’être ensemble, en petit comité, à l’extérieur,  boostée par la volonté collective de participer. J’étais enthousiaste de faire un exercice délirant. Nous étions cachés derrière les buissons, surveillés par les arbres et protégés par les ondes positives des poissons rouges. Cette atmosphère naturelle en début de printemps était ni trop chaude, ni trop froide. Aussi, je me sentais étriquée dans mon pantalon, trop couverte en cette saison de transition vers l’été. La chorégraphie m’a provoqué une joie, une sorte d’ouverture corporelle aussi. Complices avec ce que l’on a vécu de commun la veille, je me suis transportée par la mémoire à l’opéra, et je revoyais ce ballet dépoussiérant avec Juliette qui ne savait pas mourir avec grâce.  C’est un coup de barre qui me gagna au final, une fatigue. J’eu envie d’un Monchéri.
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CHOUETTE ! ON M’A DONNÉ LE PREMIER RÔLE. JE NE SAIS PAS POURQUOI, MAIS SAMEDI 5 AVRIL 2014, JE SERAI JULIETTE SUR LA SOMPTUEUSE SCENE DE L’OPERA DE MARSEILLE. PEUT ÊTRE PARCE QUE JE SUIS BLONDE, JEUNE, FRÊLE, ET SURTOUT DOUÉE POUR LA DANSE DU TUTU.

CA Y EST, ON Y EST, IL EST 19H55. JE REGARDE EN CACHETTE PAR LA RAIE DU RIDEAU L’ÉTAT DE LA SALLE. PRESQUES TOUS LES SIEGES SONT COMPLETS, IL RESTE QUELQUES PLACES LA HAUT DANS LE POULAILLER. UN GROUPE DE 5 PERSONNES TENTENT DE S’INSTALLER AU PREMIER RANG, ALORS QU’IL Y A DES MAMIES DEJA ASSISES. ILS NE VONT PAS SE BAGARRER TOUT DE MÊME. AH TROP TARD, ILS ONT ÉTEINT LES LUMIÈRES, JE NE VERRAI PAS LA SUITE DES EVÊNEMENTS.

CA Y EST, LA DANSE DES CHEVALIERS RETENTIT, C’EST À MOI. COMME JE SUIS FIERE DE SAUTILLER SUR LES ORTEILS AVEC MON TUTU ROSE DRAGÉE DANS CE DÉCOR MAJESTUEUX.  L’O-PE-RA DE MARSEILLE, J’AI ENCORE DU MAL À Y CROIRE.

VOILA LE MOMENT QUE JE PRÉFÈRE DANS CETTE CHORÉGRAPHIE. HUMM, LE BAISE MAIN D’EMMANUEL. IL ME RENIFLE LE BRAS, ME SERRE LA TAILLE, ME SOUFFLE DANS LE COU. IL EST TRÈS TACTILE EMMANUEL. VU SON PARCOURS ARTISTIQUE, CELA NE M’ÉTONNE PAS. IL PARAÎT QUE DANS LES ANNÉES 70-80, IL ÉTAIT COMÉDIEN DANS DES FILMS ÉROTIQUES. EMMANUEL NE DANSE PAS, IL A 60 ANS, IL A LE CRANE RASÉ. IL A ÉTÉ SÉLECTIONNÉ AU CASTING EN RAISON DE SA FORTE PRÉSENCE SUR SCÈNE, POUR SES MIMIQUES THÉATRALES TRÈS EXPRESSIVES. MOI, J’AIME BIEN QUAND IL EST PRÉSENT.  TIENS, D’AILLEURS, A QUAND UN BALLET INTERPRETANT LES LIAISONS DANGEREUSES. IL FAUDRAIT QUE JE FASSE LA PROPOSITION.

ET PUIS, J’EN AI MARRE DU TULLE ROSE LAYETTE. JE SUIS UNE FEMME MAINTENANT, LE ROUGE ET LE NOIR EST PLUS SEXY, LA SOIE ET LE SATIN PLUS SENSUELS.


Roméo et Juliette à l’Opéra de Marseille







La fée Caducine et Froufrou la fourmi.(6) A FINIR



ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : L E   C O N T E
Titre : La fée Caducine et Froufrou la fourmi.


 A FINIR DE RECOPIER



Quand deux îliens se rencontrent. (4)


ATELIER D’ÉCRITURE
Thème : D E S   L I E U X
Titre : Quand deux îliens se rencontrent.



Sully a 20 ans, c’est un dyonisien de pure souche. Il n’a jamais quitté son île, sauf pour les vacances vers l’île Maurice. Il est étudiant. Grâce à la politique du conseil général de la Réunion, il a obtenu une bourse pour poursuivre ses études en métropole. C’est à la fac de Lille qu’il commencera en octobre prochain sa licence de sociologie.

Il est très heureux de s’ouvrir vers d’autres horizons, pour lui la France, c’est comme les States, c’est grand et plein d’opportunités.
C’était le 4 octobre à 16H30, qu’il a atterri à l’aéroport de Lille-Lesquin. Le ciel était gris et bas, les rayons du soleil ne perçaient pas le manteau nuageux. Il faisait déjà sombre à cette heure. Au bout d’une semaine, il s’était déjà fait beaucoup d’amis, pourtant sa famille lui manquait, ainsi que la lumière, la chaleur, et l’odeur des fruits aussi. « Et dire que c’est l’époque des litchis et des mangues chez moi, sur mon caillou en plein milieu de l’océan indien. ». Ici, sa chambre universitaire sentait  autrement, car son colocataire Grégory le chtimi, étudiant en biologie élevait des souris blanches dans la piaule.

Le programme scolaire prévoyait un stage pour novembre.  C’est sans hésitation qu’il choisit de le faire dans une institution insulaire. Il atterrit a l’aéroport Compo Dell’oro d’Ajaccio. Une destination qui valut le détour, car labas il rencontra Vanina qui travaillait sur le site aéroportuaire. Son stage insulaire fut agrémenté de nombreuses visites touristiques entre montagnes et mer en charmante compagnie. De la plage d’argent jusqu’au monté d’oro, en passant par les calanques de Piana, la rivière Restonica et les pics de Bavella, il a bien profité de ce qu’offrait l’île de beauté. 

Son étude sociologique portait sur la relation fille/garçon Corses à l’âge de l’adolescence. Vanina tenu à l’accompagner pour le soutenir pour sa première conférence qui eu lieu à l’hôtel Balladins, rue d’Athenes à Marseille. Il eu beaucoup de monde pour sa conférence, car Carole, de son pseudo Volcanzen avait organisé une sortie OVS à l’occasion de cet événement.

Marseille, ville multiculturelle, bordée par la mer a bien des points communs avec la Réunion. Pourtant, Sully, loin de son île passion, se sent comme un immigré, tout comme Vanina d’ailleurs. C’est sur ce sentiment commun d’îliens échoués sur un continent qu’ils nouèrent des liens et battirent leur union.

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Tous les matins, j’attends le facteur. Vu le nombre de demande d’emploi que j’ai envoyées, il y a bien une entreprise qui va me répondre.
Enfin, ce matin un courrier. Quoi ? Sénas, ou est-ce ? un centre logistique d’entreprise où le travail à la chaine s’enchaine ?! Né-ga-tif ! je n’irai pas à Sénas pour m’abrutir M. Taylor ! m’enchainer et m’aliéner , jamais. Moi, je vis à Marseille, j’y suis né et J’y reste. Na !
Tiens ? qui m’a écrit en MP sur mon facebook ? Ah Alix. Génial, elle me propose une randonnée sur les montagnes enneigées apaisantes, Yes ! à moi les descentes de ski à toute allure.
Sa vie est celle que l’on se choisit.